Eau douce est un roman autobiographique de fiction, paru sous le titre Freshwater en 2018, de l'écrivain nigérian Akwaeke Emezi. Premier roman d'Emezi, il raconte l'histoire d'Ada, une fille avec de multiples ogbanje vivant en elle.
Freshwater a remporté le prix Nommo du meilleur roman et le prix Otherwise en 2019. Il a également été nommé pour plusieurs autres prix et distinctions.
L'intrigue Eau douce raconte l'histoire semi-autobiographique de la protagoniste, connu du lecteur sous le nom d'« Ada ». La voix narrative principale du roman est celle des , esprits de la religion igbo, qui habitent Ada et se manifestent sous de multiples formes distinctes et caractérisées, à la fois bienveillantes et antagonistes.
L'intrigue suit un récit fragmenté de la vie d'Ada. La première partie du roman aborde sa naissance et la nature de l'ogbanje. Suit un récit général de son enfance au Nigéria, évoquant notamment le christianisme et la distance avec ses parents. Cette section est narrée à la première personne du pluriel par l'ogbanje qui sommeille en elle.
Adolescente, Ada part étudier la biologie aux États-Unis. Là-bas, son petit ami, Soren, la viole à plusieurs reprises. Le traumatisme de cet événement provoque une transformation chez l'ogbanje qui sommeillait en elle, donnant naissance à une personnalité ogbanje unique nommée Asughara. Asughara inflige des souffrances physiques à Ada pour apaiser les esprits ogbanje qui l'habitent. Parallèlement, une autre personnalité, St Vincent, émerge : masculine, plus calme et d'abord silencieuse. Suite à l'apparition de ces personnalités ogbanje uniques, une lutte constante s'engage pour le contrôle de la vie d'Ada. Lorsque les ogbanje prennent le dessus, ils adoptent des comportements autodestructeurs, tels que l'automutilation, la mastectomie, l'hypersexualité et l'abus d'alcool.
L'intrigue atteint son point culminant lorsque Asughara tente de tuer Ada. Cet acte est perçu à la fois comme un meurtre commis par une personnalité envers une autre et comme un suicide. La tentative échoue et, après son hospitalisation, Ada retourne au Nigéria pour le dénouement de l'histoire, où elle entre en contact avec un chaman.
Dans la dernière partie du roman, Ada se livre à une introspection sur ses différentes personnalités et la nature de l'ogbanje, et parvient à une affirmation de soi plus complète. Elle y révèle également les sévices qu'elle a subis durant son enfance.
Thèmes Le récit de Eau douce est morcelé et fragmenté, tant dans le temps que par la voix narrative. Le narrateur change souvent d'un chapitre à l'autre, passant de la première personne du pluriel de l'ogbanje, à Asughara, à St Vincent, puis à Ada elle-même, qui ne prend la parole que bien plus tard dans le roman. L'organisation du récit est conçue de telle sorte que l'action se concentre davantage sur le parcours et le conflit de l'ogbanje que sur ceux d'Ada.
Emezi explore les conceptions de la spiritualité et des rôles de genre de leur héritage Igbo, en les comparant à celles de la construction occidentale, et invite les lecteurs à réfléchir de manière critique à la dichotomie esprit/corps.
Accueil Le New Yorker a qualifié Freshwater de « premier roman saisissant »; le Guardian l’a décrit comme « un premier roman remarquable »; et le Los Angeles Times comme « éblouissant ». Freshwater a figuré sur la liste des ouvrages présélectionnés pour de nombreux prix prestigieux. Freshwater a été désigné comme un livre remarquable par le New York Times, et a été nommé meilleur livre de l’année par le New Yorker et la National Public Radio. Emezi a également été reconnue comme lauréate du prix « 5 Under 35 » de la en 2018.
En 2019, Freshwater a été nommé pour le Women's Prize for Fiction – une première pour un auteur transgenre non binaire. La professeure Kate Williams, membre du jury, a indiqué que le jury ignorait qu'Emezi était non binaire au moment de la sélection du livre, mais qu'Emezi était ravi(e) de cette nomination. Suite à cette nomination, le Women's Prize Trust a élaboré de nouvelles directives pour les auteurs transgenres et, depuis 2020, exige que les auteurs soient « légalement des femmes », indépendamment de leur sexe ou de leur identité de genre.
Controverse Les premières éditions de Freshwater mentionnaient la collaboration d’Emezi avec l’auteure et féministe nigériane Chimamanda Ngozi Adichie. Après la publication par Emezi de tweets dénonçant les propos transphobes qu'Adichie a tenu en 2021, celle-ci a demandé que toute référence à son nom soit retirée de la quatrième de couverture de tous les exemplaires futurs de Freshwater.
Adaptation En , il a été annoncé que FX avait acquis les droits d'adaptation du roman en série télévisée. Emezi devait écrire le scénario et produire la série avec Tamara P. Carter. prévoyait de la produire en collaboration avec Kevin Wandell et Lindsey Donahue. En 2025, Emezi a déclaré dans une interview accordée à Zikoko Magazine que le projet n'avait pas été retenu et leur avait été retourné en 2021, au motif que le marché n'était pas encore prêt pour un récit spirituel ouest-africain.
Le roman a été traduit en au moins six langues.
Prix Année Prix Catégorie Résultat Réf. 2018 La Bibliothèque publique de Brooklyn Prix littéraire Nommé — Sélectionné (short list) 2019 Fiction Présélectionné (Long list) Il y eut 3 finalistes — Présélectionné (Long list) Sur seize ouvrages présélectionnés, il y eut 5 finalistes Prix Nommo Roman Il y eut 6 finalistes Prix Otherwise — — Finaliste Il y eut 3 finalistes Women's Prize for Fiction — Présélectionné (Long list) — Finaliste Il y eut 5 finalistes.
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Catégorie:Roman américain à thème LGBT Catégorie:Roman autobiographique américain Catégorie:Roman de fantasy américain Catégorie:Roman américain paru en 2018