Marie-Louise Debierre, née le à Paris et morte le à GaillonArchives en ligne de Paris, arrondissement, année 1910, acte de naissance , cote 14N 442, vue 14/31, avec mentions marginales de décès, est une cantatrice française, mezzo-soprano et contralto.
Active principalement entre les années 1940 et 1950, elle mène une carrière à l'Opéra national de Paris, à l'Opéra-Comique ainsi que sur de nombreuses scènes lyriques françaises et étrangères. Elle se distingue particulièrement dans les rôles dramatiques du répertoire français, italien et wagnérien et se produit notamment à Bordeaux, Lille, Lyon, Nancy, Nice, Alger, Tunis et Barcelone.
Biographie
Issue d'un milieu modeste, après avoir été employée dès l'âge de 14 ans dans la Maison Pouyanne de haute teinturerie, Marie-Louise Debierre étudie le chant auprès d'Eugène Marcel Picheran, ancien chef des chœurs de l'Opéra-Comique, salle Favart.
Elle se marie le à la mairie du avec Alexandre Pradat, tapissier, dont elle divorcera dix ans plus tardArchives en ligne de Paris, arrondissement, année 1928, acte de mariage , cote 14M 296_A, vue 7/31, avec mention marginale de divorce.
Avant ses débuts professionnels, elle participe à plusieurs manifestations artistiques sous le nom de scène « Mme Pradat ». En novembre 1932, elle interprète notamment des œuvres de Léo Delibes et d'Alexandre Georges lors d'une manifestation de bienfaisance organisée dans le arrondissement de Paris. En juin 1933, elle interprète le rôle de « Mme Duponceau » dans Premier prix de piano, comédie en un acte d'Eugène Labiche et Alfred Delacour.
Le , elle est admise dans les chœurs de l'Opéra national de Paris.
En 1946, elle quitte les chœurs de l'Opéra de Paris après avoir été engagée au Grand Théâtre de Bordeaux comme soliste.
En 1951, elle est engagée pour des rôles solistes à l'Opéra national de Paris sous la direction de Georges Hirsch. Elle figure dans l'Encyclopédie des Cantatrices de l'Opéra Garnier de Paris.
Elle perfectionne sa formation auprès du ténor et professeur de chant Georges Jouatte.
Après 1960, elle met un terme à sa carrière lyrique et se reconvertit dans les métiers de l'assistance et des soins aux personnes.
Carrière
Débuts à l'Opéra-Comique de Paris
Le , à Villiers-sur-Marne, Marie-Louise Debierre interprète son premier rôle principal, Toinette dans Le Chemineau de Jean Richepin pour le texte et Xavier Leroux pour la musique. Le rôle du Chemineau est tenu par son professeur de chant Eugène Marcel Picheran, ancien chef des chœurs de l'Opéra-Comique. La distribution réunit également d'autres membres de l'Opéra-Comique : MM. Raphaël Magnico (François), Roch Palerme (Maître Pierre), Raymond Poujols (Thomas), Léon Guillot de Saix (Martin) (collection personnelle de programmes).
Le , Marie-Louise Debierre débute à l'Opéra-Comique avec le rôle de la Mère dans Louise, roman musical en 4 actes et 5 tableaux de Gustave Charpentier, sous la direction du chef d'orchestre André Cluytens et avec Louis Musy dans le rôle du Père. Elle reprend ensuite ce rôle à plusieurs reprises et notamment avec le baryton André Pernet dans le rôle du Père.
Marie-Louise figure dans l'Encyclopédie des Cantatrices de l'Opéra-Comique .
Débuts dans les chœurs à l'Opéra Garnier de Paris
Le , elle débute à l'Opéra national de Paris dans une représentation de Pénélope de Gabriel Fauré.
À la Libération de Paris, en août 1945, sur une estrade devant l’Hôtel de Ville, elle interprète « La Marseillaise » et des chants patriotiques en duo avec Charles Cambon, accompagnés de l'orchestre de l'Opéra et de ses chœurs.
Grand Théâtre de Bordeaux
À partir de 1945, Marie-Louise Debierre est engagée au Grand Théâtre de Bordeaux, où elle interprète plusieurs rôles de premier plan du répertoire français et wagnérien.
Elle chante notamment Fricka dans La Walkyrie, rôle dans lequel la critique souligne que (collection personnelle de coupures de presse).
Le , elle interprète Dulcinée dans Don Quichotte.
Le , elle tient le rôle de Gertrude, Reine du Danemark et mère d'Hamlet, dans Hamlet.
Le 20, 21 et , elle interprète le rôle-titre d'Hérodiade.
Le , elle interprète Margared dans Le Roi d'Ys au Grand Théâtre de Saint-Quentin (collection personnelle de programmes).
La presse locale note que (collection personnelle de coupures de presse).
L'hebdomadaire OPERA rapporte que (collection personnelle de coupures de presse).
Opéra de Paris
À l'Opéra national de Paris, elle participe à de nombreuses productions du répertoire français, italien et allemand. Elle y interprète notamment Dame Marthe dans Faust, Gertrude (la nourrice de Juliette) dans Roméo et Juliette, Giovanna (parfois orthographié Johanna) dans Rigoletto ou Schwertleite dans La Walkyrie.
Ainsi, durant la saison 1951-1952 à l’Opéra national de Paris, elle tient le rôle de Schwertleite dans La Walkyrie avec Suzanne Juyol dans le rôle Brunehilde et sous la direction du chef d'orchestre André Cluytens. Dans l'ouvrage André Cluytens : itinéraire d'un chef d'orchestre, elle apparaît dans les représentations de La Walkyrie de Wagner des 17 août, 3 septembre et 3 novembre 1951.
Nancy, Lyon et Tunis
Le , elle interprète Ortrude dans Lohengrin au Grand Théâtre de Nancy aux côtés de Régine Crespin dans le rôle d’Elsa de Brabant. Dans L'Est républicain, le critique Pierre Didry souligne que (collection personnelle de coupures de presse).
Le 25 et , au Grand Théâtre de Tourcoing, elle interprète le rôle de la Mère dans Louise en compagnie de Mlle Georgette Camart (Louise) et Adrien Legros (le Père). Dans Nord Matin, la critique rapporte : (collection personnelle de coupures de presse).
Le , elle chante Amnéris dans Aida à l'Opéra de Lyon en compagnie de Jeanne Rinella (Aïda) et Giuseppe Vertechi (Radamès). La presse lyonnaise salue la réussite de cette reprise due aux talents de toutes les chanteuses et chanteurs : (collection personnelle de coupures de presse). (collection personnelle de coupures de presse). (collection personnelle de coupures de presse). (collection personnelle de coupures de presse).
Le , elle interprète Mallika dans Lakmé au Théâtre municipal de Calais, puis théâtre municipal Monsigny de Boulogne-sur-Mer et Théâtre municipal de Lille. Les critiques de deux journaux de Lille écrivent : (collection personnelle de coupures de presse). (collection personnelle de coupures de presse).
Le 16 et , elle interprète Dame Marthe dans Faust à l’Opéra municipal d’Alger en compagnie de Geneviève Moizan (Marguerite), André Laroze (Faust), Huc Santana (Méphisto), et Ernest Blanc (Valentin). Les critiques de la presse locale s'accordent pour saluer la réussite de cette représentation : (collection personnelle de coupures de presse). (collection personnelle de coupures de presse). (collection personnelle de coupures de presse). (collection personnelle de coupures de presse). (collection personnelle de coupures de presse).
Le , elle interprète la Nourrice dans Boris Godounov à l'Opéra municipal de Marseille, dans une distribution réunissant notamment André Huc-Santana dans le rôle-titre de Boris et Régine Crespin dans celui de Marina. Dans sa critique publiée dans Le Soir (Marseille), Henry Dumoulin souligne que .
Le , elle interprète Toinette dans Le Chemineau au Théâtre municipal de Tourcoing. Selon un article du journal Nord Matin, (collection personnelle de coupures de presse). Tandis que le quotidien Nord Eclair souligne que (collection personnelle de coupures de presse).
Le , elle interprète Ortrude dans Lohengrin à l'Opéra de Lyon en compagnie de Germaine Hoerner (Elsa) et Raoul Jobin (Lohengrin) (collection personnelle de programmes). La presse souligne alors la qualité de son interprétation : Le journal Progrès note que (collection personnelle de coupures de presse). De son côté, L'Écho - Liberté relève (collection personnelle de coupures de presse). Dans Le Soir, le critique Maurice Reinhard écrit (collection personnelle de coupures de presse). Et son confrère Emile Carcagne rapporte dans La République (collection personnelle de coupures de presse).
Le , elle interprète à nouveau Amnéris dans Aida au Grand Théâtre de Nancy en compagnie de Jeanne Rinella (Aïda), René Verdière (Radamès), Henri Médus (Ramphis), Louis Noguéra (Amonasro) et Pierre Froumenty(Pharaon).
À la fin du mois de novembre 1951, les 28 et 30, elle reprend ce rôle au Théâtre municipal de Tunis, où la presse salue la puissance dramatique de son interprétation : Dans le Petit Matin du 29 novembre 1051, le critique Silray souligne que (collection personnelle de coupures de presse). Tunisie-France relève que
Lille Elle est inscrite à l'Opéra de Lille sur le programme de la saison 1951-1952.
Le , elle interprète Dalila dans Samson et Dalila à l'Opéra de Lille. Les critiques retiennent à l'unanimité la performance des chanteuses et chanteurs : La Voix du Nord écrit (collection personnelle de coupures de presse). Nord Matin précise (collection personnelle de coupures de presse). Nord Eclair apprécie (collection personnelle de coupures de presse).
Le , elle interprète le rôle-titre d'Hérodiade à l’Opéra de Lille. La presse régionale écrit : (collection personnelle de coupures de presse). (collection personnelle de coupures de presse). (collection personnelle de coupures de presse).
Le , elle interprète le rôle d'Ortrude dans Lohengrin au Théâtre Eden de Saint-Étienne en compagnie de Georgette Camart (Elsa de Brabant) et Raoul Jobin (Lohengrin). La presse locale souligne : (collection personnelle de coupures de presse). (collection personnelle de coupures de presse).
Le , elle chante Margared dans Le Roi d'Ys à l’Opéra de Lille. Dans la presse locale, plusieurs critiques saluent sa performance : (collection personnelle de coupures de presse). (collection personnelle de coupures de presse). (collection personnelle de coupures de presse).
Nice
À l'Opéra de Nice, les 6 et , elle chante Ortrude dans Lohengrin aux côtés de Berthe Monmart (Elsa de Brabant), Raoul Jobin (Lohengrin), Pierre Nougaro (Frédéric de Telramund) et Ernest Blanc (le héraut).
En 1952, Marie-Louise Debierre interprète le rôle-titre de Samson et Dalila au Théâtre municipal d'Orléans, sous la direction et la mise en scène de Léon Niel. Elle s'y produit les 15 et (collection personnelle de programmes), puis de nouveau, avec la même troupe, pour trois galas marquant la fin de la saison lyrique les 14 et . À l'occasion des représentations de juin 1952, la presse locale souligne les qualités vocales de Marie-Louise Debierre dans le rôle de Dalila, mettant en avant la puissance et l'étendue de son timbre de contralto ainsi que sa maîtrise technique de la partition de Saint-Saëns (collection personnelle de coupures de presse) (collection personnelle de coupures de presse).
Le au Théâtre antique de Vienne, Marie-Louise Debierre interprète le rôle d'Amnéris dans Aida de Verdi, sous la direction artistique de Paul Camerlo. Elle partage l'affiche avec le ténor José Luccioni (Radamès), la soprano Jane Rinella (Aïda) et le baryton Pierre Nougaro (Amonasro), la direction musicale étant confiée à A. Lebot et la mise en scène à José Ancelin (collection personnelle de programmes).
Les 4 et , elle interprète de nouveau le rôle d'Amnéris dans Aida à l'Opéra d'Avignon, sous la direction orchestrale de Georges Vernet et dans une mise en scène de Jean Dalex. Elle y donne la réplique à la soprano Nina Caranda (Aïda), au ténor André Valto (Rhadamès) et à Fernand Lagarde (Amonasro) (collection personnelle de programmes). Avant les représentations, la presse locale la qualifie de « spécialiste de son rôle ». À la suite des spectacles, le critique Norbert Naurey souligne sa présence scénique, notamment dans sa prière pour sauver la vie de Rhadamès, écrivant qu'elle « fut une Amnéris qui ne manquait pas de majesté » et qu'elle « sut être pathétique » (collection personnelle de coupures de presse).