2001 : L'Odyssée de l'espace (titre original : ) est un roman de science-fiction publié en 1968 par Arthur C. Clarke, écrit parallèlement à l'élaboration du film de Stanley Kubrick, 2001, l'Odyssée de l'espace, également sorti en 1968 (leur projet commun remontant à la rencontre entre les deux hommes en 1964).
L'histoire est basée sur plusieurs nouvelles d'Arthur C. Clarke, dont La Sentinelle (1951), et À l'aube de l'histoire (1953) pour le début du romanIris Mazzacurati, « Il était une fois 2001, L'Odyssée de l'espace », L'Express, 25 mars 2011. Lire en ligne.
Le roman et ses trois suites forment le cycle des Odyssées de l'espace.
Avant-propos Dans son avant-propos, l'auteur prévient le lecteur : Arthur C. Clarke, 2001, l'Odyssée de l'espace, éditions Robert Laffont, page 10
Résumé À la fin du second millénaire, les hommes se sont lancés à la conquête du système solaire. Un jour ils partiront à la conquête des étoiles. Qu'y trouveront-ils ? Leurs égaux ou leurs maîtres ? Ce roman essaye d'apporter une réponse à cette question.
La nuit ancestrale Sur un territoire semi désertique que les hommes appelleront bien plus tard Afrique, une tribu d’hommes-singes conduite par Guetteur de Lune survit tant bien que mal. La tribu se dispute le peu de nourriture avec d’autres animaux et le peu d’eau avec la tribu d’Une Oreille. Tous sont les proies du léopard qui vient régulièrement jusque dans leurs cavernes prélever son tribut. Une nuit, Guetteur de Lune entend un bruit aussi mystérieux que terrifiant, et le matin suivant, un nouveau rocher est apparu sur le chemin qui les conduit à leur lieu de nourrissage. Ce nouveau rocher, totalement transparent et parallélépipédique, est inoffensif ; et comme il n’est pas non plus comestible les hommes-singes l’ignorent. Mais l’inverse n’est pas vrai. Le nouveau rocher s’intéresse beaucoup à eux, du moins aux plus doués d’entre eux, et à Guetteur de Lune en particulier. Il lui fait entendre des sons mystérieux et entrevoir des images sans signification apparente. En fait, le rocher le teste. Il lui fait ainsi miroiter des scènes banales d’hommes-singes aussi bien nourris qu'insouciants ; le rocher introduit l’envie et la frustration dans l’esprit de Guetteur de Lune.
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Une nuit, le léopard entre dans la caverne de Guetteur de Lune. Avec le courage du désespoir, lui et ses compagnons parviennent à le repousser. Le léopard bondit hors de la caverne et s’écrase au bas de la falaise. Le lendemain, Guetteur de Lune empale la tête du léopard la gueule grande ouverte et s’en sert pour terrifier ses adversaires. Lorsque, au bord du ruisseau, la tribu d’Une Oreille le défie comme tous les jours, Guetteur de Lune traverse le ruisseau en silence et exhibe la tête du léopard. Puis s’en sert comme d’un marteau avec lequel il tue Une Oreille.
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AMT-1 Le Heywood Floyd doit par trois fois répondre aux questions qu’on lui pose au sujet de son voyage. Une première fois sur Terre, aux journalistes, car c’est son devoir en tant que Président du Conseil National d’Astronautiquepage 50 ; il leur déclare tout simplement qu’il ne peut rien dire. Une seconde fois sur la navette qui le conduit à la station orbitale : l’hôtesse s’inquiète de la quarantaine imposée sur la base lunaire Clavius, car son fiancé y travaille et elle n’a plus de nouvelles ; Floyd la rassure, affirme que celui-ci ne court aucun danger et que les mesures prises sont de simples mesures de routine. Une troisième fois sur la station orbitale, où il rencontre son ami et collègue russe Dimitri Moisevitch, qui lui demande des nouvelles à propos de l’épidémie qui frappe la base Clavius, et qui lui propose son aidepage 67.
Arrivé sur Clavius — base autonome de et 600 femmespage 78 — Floyd y rencontre R. Halvorsen, et le R. Michaels, qui lui montrent une image ressemblant à la photo d’un nœud dans une planche de sapin. En réalité il s’agit d’une carte de la Lune, et les lignes représentent le champ magnétique. Mais au centre du cratère Tycho, ce champ magnétique est perturbé. Le titre du document mentionne : « ANOMALIE MAGNÉTIQUE DE TYCHO NUMÉRO 1 », et en bas du document, la mention « CONFIDENTIEL »page 89 révèle la vraie raison du black-out établi avec Clavius.
Quelque temps auparavant, en relevant la carte magnétique de la Lune, les scientifiques ont décelé l’anomalie, et lorsqu’ils ont creusé, à dix mètres de profondeur, ils ont trouvé un monolithe noir, parfaitement parallélépipédique et dont les dimensions sont très exactement dans le rapport 1 / 4 / 9. Toutes les analyses, toutes les tentatives pour en déterminer l'origine ou la nature se sont révélées infructueuses. Aucune des hypothèses formulées à son sujet n’est totalement satisfaisante. C’est un mystère total. Mais il y a des certitudes : le monolithe n’est pas d’origine humaine, et il a été enfoui il y a trois millions d’années. Et lorsque Floyd se rend sur place pour le voir de ses propres yeux, il ne peut rien conclure d’autre.
Mais à ce moment-là, il se passe quelque chose de nouveau. Le jour lunaire s’est levé, et au moment où les rayons du Soleil atteignent le sommet du monolithe, un puissant sifflement strident se produit dans les casques des hommes présents sur place. Au même moment, plusieurs sondes, réparties dans tout le système solaire, enregistrent quelque chose d’inhabituel.
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Entre les planètes À bord de l'astronef Explorateur 1, la vie de David Bowman et de Frank Poole, son second, se déroule de manière aussi paisible que routinière. Leur mission, initiée cinq ans plus tôt sous le nom de « Projet Jupiter », devait les mener vers cette planètepage 111. Puis tout à coup, la mission changea : Explorateur 1 irait bien vers Jupiter mais ne s’y arrêterait pas, et s’en servirait comme accélérateur gravitationnel pour se diriger vers Saturne. Bowman et Poole ne sont pas seuls à bord, il y a aussi trois membres de l’expédition placés en hibernation, qui ne doivent être réveillés qu’une fois arrivés à destination, et le dernier membre de l’équipage est CARL 9000, l'ordinateur de bord, cerveau et système nerveux de l’astronef, doté d'une véritable intelligence artificielle, voire d'une personnalité. CARL (Cerveau Analytique de Recherche et de Liaison)page 120 a de grands avantages en plus de sa vitesse d'exécution : il n’a pas besoin de repos, n’oublie jamais rien et peut communiquer avec l’équipage par la parole. Outre les routines, CARL a été programmé pour veiller sur tous les membres de l’équipage, et ses hibernautes en particulier.
Arrivé au large de Jupiter, l’équipage d’Explorateur 1 exécute les expériences prévues, les sondes larguées sur la planète transmettent des données que la Terre mettra des années à analyser. Comme prévu, le vaisseau a gagné de la vitesse et fonce maintenant vers Saturne.
Abysse Frank Poole est en communication avec ses parents — c’est son anniversaire — lorsque CARL intervient pour lui annoncer que l’élément AE-35 cessera de fonctionner dans 72 heures. Cet élément est important car sous le contrôle de CARL il assure l’alignement de l’antenne avec la Terre. Après une mise au point avec CARL et après avoir fait son rapport au centre de mission sur Terre, Poole sort de l’astronef à bord de la capsule « Betty » pour remplacer l’élément AE-35. Une fois revenu à bord, Poole et Bowman mettent l’élément au banc d’essais, mais l’élément se révèle en parfait état de marche. CARL se serait-il trompé ? Personne n’ose aborder le problème mais l’atmosphère à bord a changé.
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Quelques jours plus tard, Carl annonce que le nouvel élément AE-35 va tomber en panne dans les 24 heures. Bowman envoie un nouveau rapport au centre de mission et engage une nouvelle discussion avec CARL, qui maintient :
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Quand la réponse de la Terre leur parvient, le Simonson confirme que le problème provient d’un conflit de programmation de CARL ; ils devront par conséquent le déconnecter et la suite de la mission sera prise en charge depuis la Terre. C’est à ce moment que CARL lance l’alarme pour annoncer que l’élément AE-35 a cessé de fonctionner. Pour la seconde fois, Poole doit sortir de l’astronef à bord de « Betty » pour assurer le remplacement. Au pied de l’antenne, Poole commence le travail quand il voit la capsule foncer sur lui. La capsule continue sa course et entraîne Poole au bout de son filin. Piètre consolation : Poole serait le premier homme à arriver sur Saturne, mais mort. Resté seul à bord, Bowman décide de réveiller les trois hibernautes. CARL essaye de l’en dissuader car, dit-il, à deux, ils sont tout à fait capables de mener à bien la mission. Bowman est néanmoins décidé et ordonne à CARL de lui céder le processus manuel de réveil, ce que CARL feint d'accepter. Mais, le processus de réveil des trois hibernautes à peine commencé, quelque chose de terrible se produit — dans le garage des capsules, les sas viennent de s’ouvrir et l’air s’échappe dans le vide. S’il ne trouve pas un refuge dans la minute, Bowman sera mort. Il parvient à se sauver et décide de neutraliser CARL. Il entre dans le « cerveau » de Carl et pratique l'équivalent d'une lobotomie, retirant un à un ses modules de mémoire. CARL l’implore de ne pas le faire : page 204 Mais Bowman continue et CARL, qui n'assurait plus que des fonctions accessoires, se tait pour toujours.
Définitivement seul, Bowman se débarrasse alors des trois hibernautes morts, répare l’antenne, puis commence à mettre en ordre les divers éléments dans l’astronef. Il envoie ensuite un message à la Terre et attend la réponse, qui ne peut être qu’un « adieu ». Quand la réponse arrive, c’est Heywood Floyd qui apparaît à l’écran. Floyd lui révèle la découverte d’AMT-1 sur la Lune et lui donne la vraie raison de sa mission : découvrir qui a construit AMT-1. Car tout porte à croire que le signal émis depuis la Lune était un signal d’alarme pour prévenir ceux qui l’avaient enfoui trois millions d’années plus tôt. Et Floyd de conclure :
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Les lunes de Saturne Une fois Explorateur 1 remis en état, Bowman s'absorbe dans le travail, meilleur remède pour ne pas sombrer dans le désespoir, et consacre son temps libre à l’étude d’AMT-1. Ses interlocuteurs sur Terre lui ont signalé que les dimensions du monolithe correspondaient très exactement à un rapport 1 / 4 / 9 page 220 – La version française indique : « Le monolithe mesurait en effet exactement 3 m de haut, sur 1,5 m de large et 35 centimètres d'épaisseur. » Le rapport 1 / 4 / 9 ne se vérifie pas, à la fois du fait d'une erreur de traduction et du fait d'une erreur dans le texte original. Dans la version originale, les dimensions du monolithe TMA-1 sont indiquées comme étant de « 11 pieds de haut, et 11/4 sur 5 pieds de section transversale » (« The monolith was 11 feet high, and 11/4 by 5 feet in cross-section »), soit 3,35 m x 0,84 m x 1,52 m, correspondant approximativement à un rapport 2,25 / 4 / 9 (9/4 = 2,25) ; il aurait fallu une épaisseur de 11/9 pour que le ratio soit à peu près respecté. De plus, alors qu'il n'est pas fait mention de la précision de ces mesures, le traducteur Michel Demuth a rajouté un « exactement », qui ne devrait pas figurer à cet endroit mais dans la phrase suivante, à propos justement des proportions (« When its dimensions were checked with great care, they were found to be in the exact ratio 1 to 4 to 9 »)., et que depuis lors celui-ci était resté muet, ayant perdu son champ magnétique. Les hypothèses à son sujet foisonnent de toutes parts, mais restent des hypothèses. Toutefois, tous les scientifiques consultés s'accordent pour dire que les humains ne sont pas seuls dans la galaxie. Des anthropologues ont fait des simulations de rencontres avec des extraterrestres, et les résultats obtenus n’augurent rien de bon.