Le Convoi no 79 du 17 août 1944 est le dernier convoi à déporter depuis le camp de Royallieu à Compiègne pour celui de Buchenwald (Thuringe) pendant la Seconde Guerre mondiale. On compte notamment parmi eux :
A Maurice Albord (1919-2003), né le 24 septembre 1919 à Mâcon (71, Saône-et-Loire). Matricule 78905. Actif dans les Forces françaises libres (FFL), et au réseau Navarre de Paul Janvier (1913-1984) rattaché aux Forces françaises combattantes. Déporté de Royallieu-Compiègne par le convoi n°79 du 17 août 1944 vers Buchenwald (Weimar). Transféré au camp annexe de Neu Stassfurt (nom de code : Reh) (Buchenwald), d'où il est libéré le 11 avril 1945. Lors de l'évacuation du camp, Albord avec le prêtre Joseph Fimbel (1897- ) matricule 78457, ils ont assisté lors d'une marche de la mort leur camarade André Ravarit (1911-1945) matricule 78734, à son exécution sur le bord de la route, quelques heures avant l’arrivée des libérateurs. Médaille de la Résistance française (1946). Auteur de : L'armée française et les États du Levant 1936-1946, CNRS Editions, 2000. Gaston Gabriel Alezard (1899-1944), né le 10 août 1899 à Argent-sur-Sauldre (18, Cher). Matricule 78805. Commerçant. Ép. Céline Adèle Émilie Boidet (1896-1981). Déporté de Royallieu-Compiègne par le convoi n°79 du 17 août 1944 vers Buchenwald (Weimar), où il est décédé le 24/27 août 1944. Maurice Alinand (1897-1968), né le 16 août 1897 à Le Lude (72, Sarthe). Matricule 81191. Déporté de Royallieu-Compiègne par le convoi n°79 du 17 août 1944 vers Buchenwald (Weimar). Transféré à Neu-Stassfurt. Rentré. Officier de la Légion d'Honneur. André Allaire (1922-2016), né le 8 août 1922 à Amboise (37, Indre-et-Loire). Matricule 78596. Ép. Jeanine Durot. Engagé volontaire en 1940 au 43e RI. En poste à Marseille, Monaco, et Cap Martin. Après l’armistice démobilisé le 28 novembre 1942. Revenu en Touraine, il est requis pour le Service du travail obligatoire (STO). Réfractaire, il rejoint le maquis dans le groupe Cohors-Asturies de la France Combattante. Puis rejoint un groupe actif de la Vienne dans lequel il mène des missions entre Tours, Bordeaux et La Rochelle. Arrêté lors d’un contrôle routier, il est interné à Poitiers. Condamné à mort le 28 juillet 1944. Interné au camp de Royallieu à Compiègne. Déporté de Royallieu-Compiègne par le convoi n°79 du 17 août 1944 vers Buchenwald (Weimar). Transféré à Neu-Stassfurt d'où il s'est évadé le 14 avril 1945 lors de l'évacuation. Jean Allard (1924-1945), né le 19 juin 1924 à Saint-Quentin (02, Aisne). Matricule 78554. Déporté de Royallieu-Compiègne par le convoi n°79 du 17 août 1944 vers Buchenwald (Weimar). Transféré au camp annexe (Kommando) de Bochum dans la Ruhr (Buchenwald), puis Dachau (Munich) où il décède le 8 mai 1945 avant son rapatriement à 21 ans. Marceau Alluard (1905-1958), né le 8 janvier 1905 à Pithiviers (45, Loiret). Matricule 81239. Domicilié à Ascoux (45, Loiret). Chauffeur de poids lourd. Marié, quatre enfants. Actif dans la Résistance intérieure française (RIF), mouvement Isole. Arrêté le 23 juillet 1944 à Ascoux, lors du pillage et de l'incendie d'un train de ravitaillement allemand stationné à Ascoux par son groupe des Forces françaises de l'intérieur (FFI) et du Special Air Service (SAS). Incarcéré à Orléans, puis au camp de Royallieu à Compiègne le 28 juillet 1944 (Frontstalag 122). Déporté de Royallieu-Compiègne par le convoi n°79 du 17 août 1944 vers Buchenwald (Weimar). Transféré le au camp annexe (Kommando) de Witten-Annen (près Bochum) à la fabrication de pièces d'armement (blindages). Libéré malade le à Lippstadt. Rapatrié le 25 avril à Jeumont dans les Ardennes. Décède le 22 mai 1958 à Ascoux. Edouard Almand (1922-2003), né le 26 avril 1922 à Conliège (39, Jura). Matricule 81564. Ép. 1945 Solange Gabrielle Gras (1921-2021). Actif dans les Forces françaises combattantes (FFC), mouvement Kléber. Déporté de Royallieu-Compiègne par le convoi n°79 du 17 août 1944 vers Buchenwald (Weimar). Transféré au camp annexe de Witten-Annen (Buchenwald). Libéré le à Lippstadt. André Amar (1908-1990), né le à Thessalonique/Salonique (Grèce), banquier à Paris, naturalisé français en 1928. Actif dans l'Armée juive (AJ), dite Organisation Juive de Combat (OJC). Arrêté le lors d'un rendez-vous, au 75 rue Erlanger à Paris, avec notamment, César Chamay (1910-1960), Henri Pohoryles (1920-1997), et Ernest Appenzeller (1926-1974). Tous sont torturés par la Gestapo, au 180 rue de la Pompe à Paris , dirigé par l'Allemand Friedrich Berger (1911-1960).Tous sont déportés de Royallieu-Compiègne par le convoi du vers Buchenwald (Weimar), et parviennent à s'échapper en chemin le du wagon dit « Convoi des 51 otages » à Morcourt, au nord de Saint-Quentin (02, Aisne), avec d'autres compagnons d'infortune. Maurice Ancelin (1889-1960), né le 7 avril 1889 à Guise (02, Aisne). Matricule 80908. Instituteur au collège moderne de garçons de Chauny (02, Aisne). Ép. 1919 Lina Hassler (1895- ). Actif dans le mouvement Libé Nord, dans l’Aisne, secteur de Chauny. Arrêté le 24 juillet 1944 à Chauny, par la SIPO-SD de Saint-Quentin, pour ses activités de résistance. Déporté de Royallieu-Compiègne par le convoi n°79 du 17 août 1944 vers Buchenwald (Weimar). Libéré par les Alliés le 11 avril 1945 à Buchenwald. Philibert André (1921-1945), né le 6 septembre 1921 à Maltat (71, Saône-et-Loire). Matricule 78601. Agent technique des Ponts et Chaussées. Résistant du canton de Bourbon-Lancy. Actif dans la Résistance intérieure française (RIF), groupe Combat. Dénoncé, interrogé à la maison d'Arrêt de Chalon-sur-Saône (71, Saône-et-Loire). Déporté de Royallieu-Compiègne par le convoi n°79 du 17 août 1944 vers Buchenwald (Weimar). Transféré au camp annexe de Buchenwald : Gandersheim ou Bad-Gandersheim ou Brunshausen (Brunswick), à la fabrication de carlingues d'avions Heinkel, où il est décédé le 4 avril 1945 au moment de l'évacuation du camp, à 23 ans. Médaillé de la Résistance française à titre posthume (1953). Charles Andrieu (1903-1945), né le 20 septembre 1903 à Neuilly-en-Thelle (60, Oise). Matricule 78825. Ép. 1928, Marie Geneviève Mathilde Granger (1907-1991). Médecin, il soigne et cache des Anglais et d’autres résistants. Actif dans les Forces françaises combattantes (FFC) et les Forces françaises de l’intérieur (FFI), réseau Comète. Pseudonyme Dubost. Responsable au Front National (Résistance). Arrêté une première fois en mai 1943 au cours du transfert d’un parachutiste anglais, emprisonné à Senlis, puis relâché. Désigné au cours de l’été 1944 pour représenter les Francs-tireurs et partisans (FTP) à l’État-Major des Forces françaises de l'intérieur (FFI). Arrêté une seconde fois le 8 juillet 1944 à son domicile avec son fils Paul Andrieu (15 ans) sur dénonciation. Détenu ensemble à la prison allemande de Beauvais. Déporté de Royallieu-Compiègne par le convoi n°79 du 17 août 1944 vers Buchenwald (Weimar). Transféré au camp de Neu Stassfurt ou Reh (Magdeburg), dans une usine souterraine, où il est décédé le 21 mars 1945 de pneumonie. Entre-temps, il est élu maire de Neuilly-en-Thelle en mai 1945 par le nouveau conseil municipal qui ignore son décès. Médaille de la Résistance française à titre posthume. Une place de Neuilly-en-Thelle porte son nom. Figure sur une plaque commémorative dans le hall du Conseil général de l’Oise à Beauvais. Figure sur le monument aux morts de Neuilly-en-Thelle. Emilien Angot (1900-1969), né le 16 novembre 1900 à Ségrie-Fontaine (61, Orne). horloger. Matricule 78693. Actif au sein de l’Organisation de résistance de l'Armée (ORA) et de l'Organisation civile et militaire (OCM). Dénoncé pour avoir participé à un parachutage d’armes, il est arrêté le 24 mai 1944. Déporté de Royallieu-Compiègne par le convoi n°79 du 17 août 1944 vers Buchenwald (Weimar), où il est libéré le 11 avril 1945. André Annereau (1927-1945), né le 12 mai 1927 à Saint-Révérend (85, Vendée). Matricule 80971. Déporté de Royallieu-Compiègne par le convoi n°79 du 17 août 1944 vers Buchenwald (Weimar). Transféré au camp de Neu Stassfurt ou Reh (Magdeburg), dans une usine souterraine, retour à Buchenwald où il est décédé le 15 avril 1945 à 18 ans, lors de l'évacuation. Médaille de la Résistance française à titre posthume (1954). Marcel Anselme (1911-2000), né le 16 novembre 1911 à Lyon (69, Rhône). Matricule 78511. Ép. 1932 Lucienne Raymonde Balabaud (1911-1989), née à Ivry-sur-Seine (94, Val de Marne). Déporté de Royallieu-Compiègne par le convoi n°79 du 17 août 1944 vers Buchenwald (Weimar). Transféré au camp de Neu Stassfurt ou Reh (Magdeburg), dans une usine souterraine. Libéré le 5 mai 1945. Robert Antelme (1917-1990), né le à Sartène (Corse du Sud), écrivain. Matricule 81474. Épouse en 1939 Marguerite Donnadieu (1914-1996) (future Marguerite Duras). S’engage avec elle en 1943 dans la Résistance, au sein du réseau Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés (MNPGD). Arrêté le , dans la même vague d’arrestations que sa sœur Marie-Louise Antelme (1919-1945), matricule 61???, déportée le avec le convoi (I.262.) de Paris vers Ravensbrück. Incarcéré à Compiègne, déporté à Buchenwald. Déporté de Royallieu-Compiègne par le convoi du vers Buchenwald (Weimar). Transféré au camp annexe de Bad-Gandersheim (Buchenwald), et au camp de Dachau (Munich). Libéré le . Annibale Antoniotti (1900-1945), né le 12 novembre 1900 à Andorno (I) dans le Piémont, Français. Matricule 81158. Actif dans les Forces françaises de l'intérieur (FFI). Déporté de Royallieu-Compiègne par le convoi n°79 du 17 août 1944 vers Buchenwald (Weimar), où il est décédé le 18 novembre 1944 (ou à Bad Gandersheim). Ernest Appenzeller (1926-1974), dit Leboucher, né le à Vienne (Autriche), naturalisé français. Actif dans l'Armée juive (AJ), dite Organisation Juive de Combat (OJC). Arrêté le lors d'un rendez-vous, au 75 rue Erlanger à Paris, avec notamment, César Chamay (1910-1960), Henri Pohoryles (1920-1997), André Amar (1908-1990) et Maurice Margulies (1905- ). Tous sont torturés par la Gestapo, au 180 rue de la Pompe à Paris , dirigée par l'Allemand Friedrich Berger (1911-1960). Tous sont déportés de Royallieu-Compiègne par le convoi du vers Buchenwald (Weimar), et parviennent à s'échapper en chemin le du wagon dit « Convoi des 51 otages » à Morcourt, au nord de Saint-Quentin (02, Aisne), avec d'autres compagnons d'infortune. Noël Aramini (1926-1945), né le 26 novembre 1926 à Malakoff (92, Hauts-de-Seine), Français. Matricule 80987. Champignonniste, ouvrier agricole demeurant à Pierrefonds (60, Oise). Le maquis de Caisnes-Cuts (60, Oise) est dénoncé par le traitre Adrien Souris. Arrêté le 27 juillet 1944 lors de la seconde rafle Caisnes qui a lieu à Cuts (60, Oise). Déporté de Royallieu-Compiègne par le convoi n°79 du 17 août 1944 vers Buchenwald (Weimar). Transféré au camp de Neu Stassfurt ou Reh (Magdeburg), dans une usine souterraine. Décédé lors d'une évacuation le 25 avril 1945 entre Clausnitz et Dittersbach (Saxe), à 18 ans. Enterré à Bonneuil-en-Valois (60, Oise). François Arjona (1924-2003), né le 2 février 1924 à Clermont-l'Hérault (34, Hérault). Matricule 79000. Actif dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI), membre du maquis Bir-Hakeim. Arrêté sur dénonciation, le 1er juillet 1944 à Saint-Paul-et-Valmalle (34, Hérault). Il raconte ces événements dans une déposition auprès de la police judiciaire le 8 juin 1945 et dans une autre le 3 juillet 1945, auprès du juge du Tribunal de Première Instance, lors du procès de son dénonciateur M.G. le 19 juillet 1945 par la Cour de Justice de Montpellier à 20 ans de travaux forcés . Déporté une première fois avec le convoi du 25 juin 1943 (I.110) de la gare de Compiègne vers Buchenwald, où il s'échappe lors du transport. Déporté une seconde fois de Royallieu-Compiègne par le convoi n°79 du 17 août 1944 vers Buchenwald (Weimar). Transféré au camp de Neu Stassfurt (Magdeburg), dans une usine souterraine. Libéré le 8 mai 1945 à Annaberg (Saxe).