Vulgrin de Vendôme, aussi appelé Vougrin, est abbé de Saint-Serge d'Angers de 1046 à 1056, puis évêque du Mans de 1056 à sa mort le .
Issu d'une famille puissante du Vendômois, il est d'abord chevalier. Moine puis prieur de Marmoutier avant d'être abbé puis évêque, sa carrière ecclésiastique s'explique par ses liens familiaux et par ses liens de fidélité avec les comtes d'Anjou.
Biographie Famille Vulgrin ou Vougrin est le fils de Foucher le Riche, un homme puissant du comté de Vendôme, et d'Hildegarde. Selon Steven Fanning, il est aussi le petit-fils et le neveu de vicomtes de Vendôme. Son beau-frère Ingebaud le Breton et ses neveux sont des fidèles des comtes de Vendôme Foulques l'Oison et Bouchard III de Vendôme. Pour Dominique Barthélemy, si Vulgrin et bien le fils de Foucher le Riche ou de Vendôme, il n'est pas prouvé qu'il soit le petit-fils du vicomte de Vendôme Fulcrade et Engebaud le Breton est plutôt le neveu que le beau-frère de Vulgrin. Le cousin de Vulgrin, Hubert de Vendôme, devient évêque d'Angers en 1005 et sa famille conserve ensuite la vicomté de Vendôme.
La famille de Vulgrin fait partie du réseau des fidèles des comtes d'Anjou. Hubert de Vendôme, devenu évêque d'Angers, soutient les comtes d'Anjou Foulques Nerra et Geoffroy Martel. La carrière ecclésiastique de Vulgrin est facilitée par ses liens familiaux.
Moine Vulgrin est d'abord chevalier, d'environ 1020 à environ 1035. Il combat probablement pour le comte d'Anjou et c'est peut-être à cause d'une défaite passagère de ce dernier contre l'évêque du Mans Gervais de Bellême qu'il entre dans les ordres religieux. Il entre à l'abbaye de Marmoutier comme moine, puis en devient prieur, sous l'abbatiat d'Albert de La Ferté, originaire du Vendômois et fidèle du comte d'Anjou comme Vulgrin. Il reste à Marmoutier de vers 1035/1040 à 1046.
Quand, en 1046, l'évêque d'Angers Hubert restaure l'abbaye Saint-Serge d'Angers, il fait appel à son cousin Vulgrin. Celui-ci, avec l'accord de l'abbé de Marmoutier Albert de La Ferté et du comte d'Anjou Geoffroy Martel., devient abbé de Saint-Serge d'Angers. L'intervention du comte d'Anjou dans la nomination de Vulgrin est symptomatique, puisqu'elle n'était normalement pas nécessaire. Elle traduit une conception nouvelle du pouvoir comtal. Vulgrin conserve cet abbatiat jusqu'en 1056. Il lance les travaux de reconstruction de l'église Saint-Serge en 1041 et la fait consacrer en 1059..
Évêque Quand le siège du Mans devient vacant à cause du transfert de son évêque, Gervais, sur le siège de Reims. Geoffroy Martel, qui a pris le contrôle du Maine, peut choisir l'évêque et désigne l'un de ses fidèles, Vulgrin. Vulgrin devient évêque du Mans au plus tard le selon Olivier Guillot, qui rectifie la date proposée par Louis Halphen puis Robert Latouche, le . Pour Jean-Hervé Foulon, Vulgrin est déjà évêque le , quand il siège au concile du Chalon. En le choisissant, Geoffroy Martel impose son autorité sur le Maine mais choisit aussi un homme qui, tout en étant de ses fidèles, lui a tenu tête en tant qu'abbé de Saint-Serge quelques mois auparavant, contestant un jugement qu'il a rendu dans une affaire opposant l'abbaye Saint-Aubin d'Angers et la Trinité de Vendôme. Son accession à l'épiscopat manceau est une rupture, puisque, contrairement à ses prédécesseurs, Vulgrin est un moine. Vers 1055/1065, il cède à son ancien monastère, Marmoutier, un autel à Vivoin.
Vulgrin est ainsi évêque du Mans de 1056 à 1065. Dépendant du comte d'Anjou, il ne semble pas avoir joué un grand rôle politique. Il participe à un concile tenu le à Chalon et présidé par Hildebrand, légat pontifical de et futur pape , qui prend des décisions contre la simonie.
Initiant les campagnes de reconstruction de la cathédrale du Mans, Vulgrin est crédité de la construction du chœur. et du transept en plus. voire de la nef, qui peut aussi être postérieure au . C'est pendant son épiscopat qu'est réalisée la plus grande partie d'une rédaction nouvelle des Actus pontificum Cenomannis, une série de biographies d'évêques manceaux.. La notice qui lui est consacrée, rédigée après sa mort, le considère comme un évêque pieux et efficace, un évêque idéal.
Il meurt en 1065, le . Son successeur, Arnaud, est nommé par Guillaume le Conquérant..
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . . . . . . .
Articles connexes Liste des évêques du Mans Actus pontificum Cenomannis Cathédrale Saint-Julien du Mans
Catégorie:Évêque du Mans Catégorie:Date de naissance incertaine (XIe siècle) Catégorie:Décès en 1065 Catégorie:Évêque catholique du XIe siècle Catégorie:Personnalité liée au Mans