Gino Piastra, né le 17 janvier 1896 à Carrare et mort le 8 novembre 1953, est un syndicaliste, journaliste et écrivain italien.
Biographie
Jeunesse socialiste Né à Carrare en janvier 1896 dans une famille modeste composée de son père de Adamo et de sa mère Erminia Cecchini, Gino Piastra suit des études techniques avant de devenir employé de bureau.
En 1915, alors qu'il réside à Gênes, il adhère au Parti socialiste italien (PSI) par convictions pacifistes et neutralistes au début de la Première Guerre mondiale. Il s'investit alors pleinement dans l'action syndicale, devenant secrétaire de la Ligue des Éboueurs et de la Fédération des Salariés communaux. En 1917, il épouse Maria Oppizio, avec qui il aura deux fils. Mobilisé brièvement en 1918, il est réformé pour raisons de santé.
Engagement syndicaliste révolutionnaire et montée du fascisme En août 1919, à la suite de dissensions internes, Piastra démissionne du PSI avec la fraction maximaliste-abstentionniste et se rapproche du syndicalisme révolutionnaire en fondant une Chambre du Travail autonome affiliée à l'Unione Sindacale Italiana (USI). En tant que secrétaire de l'Union des Employés d'Entreprises privées, il mène des grèves qui aboutissent à la signature du premier contrat collectif pour cette catégorie de travailleurs en 1919. Durant cette période, il fonde le journal Speranze Nuove (1920) et, bien connu des forces de police, dans les rapports envoyés au préfet, est alors désigné tantôt comme « anarchiste », « socialiste révolutionnaire », ou simplement comme « notoire subversif ». En 1921, Piastra est arrêté et accusé d'association de malfaiteurs visant à commettre des attentats. Après un an de détention préventive, il est acquitté de toutes les charges lors du procès de 1922.
À sa sortie, à l’invitation de Vannuccio Faralli, Piastra se serait consacré à la formation de groupes armés d’autodéfense appelés « Arditi del Popolo », avant d’abandonner presque immédiatement le projet en raison d’un contrôle policier de plus en plus pressant. Il participe activement à la défense des Chambres du Travail de Gênes contre les assauts fascistes, tant celle syndicaliste dont il était membre que celle confédérale dont il avait été expulsé en 1919. Le soir du 28 octobre 1922, Piastra est victime d’une agression fasciste qui le contraignit à une longue convalescence.
L'exil à Paris et l'affaire Ricciotti Garibaldi À Paris en novembre 1923, Piastra, après quelques mois de difficultés et de travaux occasionnels, trouve un emploi comme secrétaire auprès du consul général honoraire Paolo Indelli, conseiller de l’ambassade d’Italie à Paris. Après le meurtre de Giacomo Matteotti, dans le milieu antifasciste italien exilé à Paris, l’hypothèse d’une tentative insurrectionnelle antifasciste dirigée par Ricciotti Garibaldi est en discussion, initiative à laquelle Piastra adhère. Occupant une position au sein du consulat italien à Paris, il s’emploie également à procurer des documents aux exilés italiens.
Dans la seconde moitié de 1924, son activité au bureau d’Indelli alterne avec l’organisation de formations volontaires qui, sous les ordres de Garibaldi, auraient dû marcher vers l’Italie. Ricciotti lui confie l’organisation d’une brigade de volontaires appelée « Carabinieri de Gênes » mais les lenteurs organisationnelles et le flou dans la gestion des fonds l’amènent à abandonner la conspiration. Ayant démissionné de chez Indelli, il signe à l’automne un contrat d’engagement comme officier dans les forces indépendantistes rifaines d’Abd el-Krim. Au moment du départ, fixé au 15 février 1925, il décide de rompre le contrat et de retourner en Italie, invoquant des raisons familiales.
L'adhésion au fascisme, l'activité littéraire, l'isolement et la fin de vie De retour en Italie, il publie Memorie di un illuso: la truffa rivoluzionaria e quella neo-garibaldina, un ouvrage qui dénonce l'inconsistance de la conspiration de Ricciotti Garibaldi. Stefano Gardini écrit à propos de l'ouvrage et de Piastra : « La publication joue donc entièrement en faveur de la propagande fasciste, à un moment où le régime naissant accélère sa dérive autoritaire. Certains articles publiés en 1925 et 1926 dans de petites revues locales du nord de l’Italie laissent peu de doute quant à la collaboration de Gino Piastra avec la propagande fasciste. On peut exclure sans hésitation une adhésion sincère de Piastra au fascisme ; reste inconnue la contrepartie de ce service rendu au nouveau régime. Il est donc presque certain que Gino Piastra, en publiant ces écrits, ait agi consciemment dans l’intérêt du nouveau pouvoir ; quelle en fut la motivation intime, il est impossible de le savoir avec certitude ».Bien qu'il bénéficie de la protection de son ami d'enfance Renato Ricci, haut dignitaire du Parti National Fasciste (PNF), Piastra ne s'inscrit jamais officiellement au parti et conserve une position isolée. Dès 1926, il se consacre à l'écriture et à l'édition via sa maison « Apuania ». Il vit ses dernières années dans une grande pauvreté et, le 3 décembre 1935, alors qu'il est hospitalisé dans un sanatorium à Chiavari, survient la mort de Ginetto, son fils aîné, qui n’a pas encore dix-huit ans, renversé par un train dans le port, près de la Calata Magazzini Generali.
Piastra meurt à Gênes en 1953, après avoir publié un dernier ouvrage sur l'histoire de la ville grâce à une souscription publique.
Publications
Memorie di un illuso: la truffa rivoluzionaria e quella neo-garibaldina, Genova, Casa Editrice Apuania, 1925.
Figure e figuri della Superba, Genova, Apuania, 1926. La bottega dei miracoli, Genova, Apuania, 1927. Enrico Murger, Genova, Apuania, maggio 1928. Genova sconosciuta, Genova, Apuania, 1929. La vetrina delle celebrità, Genova, Apuania. Il viandante senza meta, Genova, Apuania, 1933. Cleopatra, Milano, Casa Editrice Bietti, 1934.
Luci ed ombre della Superba, Genova, Apuania, 1949.
Notes et références
Bibliographie Stefano Gardini, L'archivio di William Piastra : inventario, Atti della società ligure di stora patria, nuova serie XLIX (CXXIII).
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