Bonté Elgood, née Cornelia Bonté Sheldon Amos le à Londres et morte le dans la même ville, est une médecin anglaise pionnière dans l'exercice de la médecine en Égypte. Elle joue un rôle important dans le développement du système d'éducation des filles du pays.

Biographie

Enfance Cornelia Bonté Sheldon Amos naît le à Londres. Son père est le fils de l'avocat et est professeur de droit à l'University College de Londres. Sa mère est activiste politique, notamment opposée aux Contagious Diseases Acts. Elle a un grand frère, . En août 1879, la famille quitte l'Angleterre pour s'installer en Égypte, à la recherche d'un air plus sain pour Sheldon Amos, affaibli par l'asthme et une maladie aux reins. Ce dernier trouve un emploi au Caire dans le système judiciaire local et son épouse Sarah Amos prend la tête d'un établissement accueillant des femmes esclaves émancipées.. À la mort de son père en 1886, Bonté Amos quitte l'Égypte avec sa mère et son frère et retourne en Europe. Afin de découvrir la culture et les langues du continent, la famille s'installe un temps à , une grande maison située près de Fribourg-en-Brisgau en Allemagne. Après un passage par Bonn puis par l'Italie, les trois Amos reviennent à Londres fin 1887.

Études Au début des années 1990, Bonté Amos étudie la médecine à Londres. Elle entre à la London School of Medicine for Women à l'hiver 1894 et réussit ses examens en janvier 1887, ce qui lui permet d'intégrer le Royal Free Hospital. Elle y bénéficie de l'enseignement de Elizabeth Garrett Anderson, aux côtés de sa fille Louisa Garrett Anderson avec qui elle devient amie.. Bonté Amos vit à l'époque toujours avec sa mère et son frère, dans une maison donnant sur la Tamise en face du Lambeth Palace. Elle organise des régulièrement des petites fêtes dans la maison familiale. La jeune femme est très proche de son cousin , au point qu'ils envisagent de se marier, avant d'abandonner le projet face au refus catégorique de leurs parents. Sa mère lui met une pression considérable à l'approche des examens finaux de ses études et Bonté Amos reçoit de l'argent de ses amis Bertrand Russell et Alys Pearsall Smith afin de pouvoir quitter le foyer. Une fois obtenu son Bachelor of Medicine en mai 1900, elle part en Égypte rejoindre son frère Maurice Amos, qui y est installé depuis quelques années.

Pratique de la médecine en Égypte Bonté Amos rejoint en 1901 l'International Quarantine Board, devenant alors la première femme officiellement médecin d'Égypte. Elle est envoyée exercer dans des centres de quarantaine à El-Tor, sur les rives du golfe de Suez, au contact des pélerins revenant de La Mecque. Elle y produit plusieurs écrits sur la dysenterie avant d'aller à Alexandrie où elle ouvre une clinique pour femmes et enfants en 1902. Cette activité étant bénévole, elle travaille en parallèle comme médecin libérale dans la ville jusqu'en 1906.

Développement du système éducatif égyptien Elle est transférée au Caire et est chargée par le ministère de l'Éducation égyptien de développer un programme d'éducation pour les filles. Elle s'appuie sur son expérience de médecin et insiste sur l'importance de l'hygiène et l'évitement de la promiscuité. Elle rencontre le major , avec qui elle se marie en 1907. Lorsqu'elle prévient sa mère de ce mariage très conventionnel, elle reçoit en retour un simple télégramme épelant . Sarah Amos rejoint néanmoins sa fille en Égypte, avant de mourir au Caire le 21 janvier 1908. De trois écoles et six cents élèves en 1906, Bonté Elgood étend progressivement le système éducatif et supervise en 1923 cent six établissements qui accueillent vingt mille écolières.

Apports au système sanitaire égyptien Bonté Elgood continue à travailler en parallèle dans son cabinet médical et publie en 1908 une étude sur la prévalence de la bilharziose chez les femmes et les enfants, à partir d'une enquête qu'elle mène auprès de patientes de l' afin de comprendre le contexte d'apparition des symptômes. Elle suggère que l'utilisation d'eau impropre à la consommation est responsable de la transmission de cette maladie. Le zoologue allemand Arthur Looss, qui exerçait lui aussi en Égypte, critique sa théorie. Des recherches postérieures montreront que les deux sont en tort..

Elle participe à la création des premiers dispensaires pour enfants d'Égypte, d'abord au Caire et à Alexandrie puis dans le reste du pays. De nombreuses égyptiennes sont formées au métier de sage-femme et d'infirmières dans un établissement qu'elle fonde, qui deviendra par la suite un hôpital. Par ailleurs, elle soutient financièrement des femmes égyptiennes afin qu'elles puissent effectuer des études en médecine en Angleterre.

Fin de vie Arrivés à la retraite, Bonté et Percival Elgood s'installent à Héliopolis. Malgré la mort de son mari en 1941, elle y reste jusqu'en 1956, date à laquelle la crise du canal de Suez la force à quitter le pays. Elle passe quelque temps avec des amis à Chypre avant d'aller à Londres. Elle meurt dans la capitale britannique à l'âge de 86 ans, le .

Reconnaissance

Décorations .

(première femme à obtenir une décoration pour service public en Égypte).

, en 1946.

Reconnaissance en France Pour les services rendus aux troupes alliées en Égypte, Bonté Elgood reçoit la médaille de la Reconnaissance française troisième classe. L'Union des femmes de France lui décerne une médaille en argent pour ses actions pendant la guerre.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

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Articles connexes

Occupation britannique de l'Égypte Place des femmes en médecine

Liens externes

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