La Fortune passe est une peinture à l'huile sur toile réalisée en 1895 par le peintre français Albert Maignan. L'œuvre entre dans les collections du musée des Beaux-Arts de Reims à la suite de son acquisition en 1903Notice du musée.Notice pop culture..
La scène se déroule devant la Bourse de Paris. La Fortune, personnifiée sous les traits d'une femme nue dont le bandeau ne couvre plus les yeux, descend les marches du palais Brongniart. Tenant un flambeau dans la main droite, elle avance en équilibre sur une roue volontairement dédoublée et estompée, les cheveux au vent, entourée d'une nuée vaporeuse. Ce traitement pictural suggère la rapidité de sa rotation et renforce l'idée d'une Fortune insaisissable, perpétuellement en mouvement et capable de modifier à tout instant le destin des hommes. De la main gauche, elle disperse au hasard des pièces d'or, tandis qu'à l'arrière-plan une foule d'actionnaires se presse aux portes de la Bourse et consulte avec fébrilité les journaux financiers.
Au premier plan, une veuve vêtue de noir est assise sur les marches. Le visage enfoui dans une main, tandis que l'autre serre une sacoche qui paraît vide, elle incarne le désespoir, la ruine et les victimes des revers de la spéculation.
Albert Maignan présente le tableau au Salon de 1895 la même année que La Muse verte. L'œuvre s'inscrit dans le contexte de la fin du , marquée par les excès de la spéculation financière et par plusieurs scandales retentissants. Elle peut notamment être rapprochée du scandale de Panama, dont la faillite en 1889 provoque la ruine de milliers d’épargnants.
La toile mesure . La signature de l'artiste figure en bas à droite, sur une contremarche de l'escalier. La date, également visible à l'origine, semble avoir été volontairement effacée à une époque indéterminée. Le cartel fixé sur l'encadrement porte l'inscription : « ALBERT MAIGNAN / LA FORTUNE PASSE / ACQUIS SUR LES FONDS DU LEGS SUBÉ / À L’EXPOSITION DE REIMS 1903 ».
Par cette œuvre, Albert Maignan livre une allégorie de la société spéculative de la fin du . Artiste engagé, il aborde à plusieurs reprises les mutations sociales de son temps. Comme dans La Journée finie, il porte un regard critique sur les dérives de la société contemporaine et dénonce les conséquences humaines du développement industriel et financier.
Notes et références
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