Sinclair Beiles (1930-2000) est un poète sud-africain, proche du cercle de la Beat Generation.

Biographie Sinclair Simon Maurice Beiles est né Kampala, en Ouganda britannique, de parents sud-africains de confession juive et d'origine russe. Sa famille retourne vivre à Johannesburg alors qu'il est âgé de six ans. Il obtient un bachelor of arts de l'université du Witwatersrand, avec une spécialisation en anthropologie Shaun de Waal , « Obituary. The passing of a poet », in: Mail & Guardian, Johannesbourg, 10 novembre 2000..

Il arrive à Paris au début des années 1950 et noue des liens avec Richard Wright, James Baldwin et Christopher Logue ; il fréquente aussi le milieu de l'art contemporain. Il tente de s'installer ensuite à Londres et d'y faire carrière, mais y renonce « S. Beiles : Entretien avec Gary Cummiskey [Yeoville, 1994] », in: « Who Was Sinclair Beiles? », Reality Studio, 11 mars 2010..

Vers 1957, Beiles réside entre Tanger et Paris, où il loge au « Beat Hotel », la pension Rachou : il se lie d'amitié avec Allen Ginsberg, Gregory Corso, William S. Burroughs et Brion GysinHarold Chapman, The Beat Hotel, photographies [1956-1963], Montpellier, Gris banal, 1984.. Il aide Burroughs à éditer Le Festin nu (1959) chez Olympia Press, où il travaille comme assistant éditorial et prête-plume, rédigeant des romans érotiques pour Maurice Girodias sous pseudonyme. Durant cette même période, Beiles produit des poèmes en expérimentant la technique du cut-up. Avec Minutes to Go, il cosigne un recueil collectif, avec Burroughs, Corso et Gysin, chez Two Cities (Paris, 1960), une revue dirigée par Jean FanchetteRachel Stella, « Two Cities, une revue bilingue et sans frontière », in: Hommes & Migrations, 2022/3, , — lire sur Cairn.info.Lucie Malagnat, « Jean Fanchette: Two Cities et la Beat Generation », European Beat Studies Network, Berlin, sept. 2018.. La même année, le 29 novembreÉric Troncy, « Le jour où l’artiste Takis fit léviter un homme dans une exposition », in: Numéro, Paris, 30 décembre 2025., il participe à une performance artistique organisée par le sculpteur Takis, L’Impossible — un homme dans l’espace, dans la galerie parisienne d'Iris ClertD'après Alain Jouffroy (1963), « Le télémagnétisme de Takis », in: Catalogue de l’exposition Takis, Paris, Galerie nationale du Jeu de Paume, 1991 — cf.« Takis. Système solaire (antigravity) », exposition février-avril 2003, Xippas Paris. : il se retrouve suspendu en l'air, grâce à deux aimants alimentés par un système électromagnétique, tout en déclamant un poème, Magnetic Manifesto commençant par Valérie Maillard, « Takis magnétise le Palais de Tokyo », in: Les soirées de Paris, 6 mars 2015. ; Beiles confiera plus tard avoir été perturbé par cette expérience sur le plan neurologique, bien qu'il ait été protégé par un casque isolant.

Durant les années 1960-1970, Beiles parcourt l'Europe, séjournant notamment à Londres, avant de s'installer dans les îles grecques, au milieu des années 1970. Il lutte durant cette période contre de fréquentes crises de dépression, une forme de bipolarité, et sa toxicomanie. Il entretient une correspondance avec Carl Weissner « Lettre de Beiles à Weissner, juin 1970 », in: Straight Up | Jan Herman / Arts Journal, 29 février 2024..

En 1969, il remporte le prix Ingrid-Jonker pour son recueil poétique, Ashes of Experience, composé en Grèce.

Plus tard, il retourne en Afrique du Sud et se lie avec le peintre James de Villiers, fondateur de la Gallery 111 James de Villiers: Biography, sur Art Offer, 2008., basée à Johannesbourg, un espace expérimental qui réunit poètes, écrivains, compositeurs et performeurs. Il noue une amitié durable avec le chroniqueur et dramaturge sud-africain Ian Fraser. Il épouse la poétesse Marta Proctor ; le couple s'installe un temps dans le quartier de Yeoville, un quartier de Johannesbourg, rassemblant à cette époque de nombreux artistes.

De 1991 à 2000, il connait une période d'intense activité littéraire, publiant de nombreux recueils de poésie dont A South African Abroad (Culver City, The Lapis Press, 1991). Le réalisateur indépendant Anton Kotze produit un court métrage documentaire, The Sacred Fix (1997), consistant en un portrait de Sinclair Beiles.

Il meurt le 3 novembre 2000 à Johannesbourg.

En 2009, la maison d'édition sud-africaine Dye Hard Press, dirigée par Eva Kowalska et Gary Cummiskey, publie Who was Sinclair Beiles?, réunissant un grand nombre de ses écrits.

Traduction en français Sinclair Beiles, Catastrophes choisies et autres poèmes ; précédé d'un hommage de Heathcote Williams ; postface et traduction de l'anglais par Bertrand Grimault, Bordeaux, Monoquini, 2024..

Notes et références

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