Nicolas von Gumoëns, en français Nicolas de Goumoëns, né le à Orbe (canton de Vaud, Suisse) et mort le à Anvers (Belgique), est un militaire suisse au service de plusieurs pays au cours de sa vie. Il décède alors qu'il porte le grade de colonel dans les forces armées du Royaume uni des Pays-Bas, lors du siège de la citadelle d'Anvers, un épisode de la guerre belgo-néerlandaise, conséquence de la révolution belge.

Il est membre de la noblesse, avec le titre de baron.

Biographie Origines et vie privée Nicolas Josephus Emanuel Frederik est originaire d'une famille de militaires de la région de Goumoëns, située dans l'actuel canton de Vaud, mais qui fait alors partie du bailliage d'Orbe-Échallens. Il est le fils de Marie Sophie de Gümoens et de Sigismond Emmanuel de Gumöens. Son grand-père, Nicolas de Gumoëns (1730-1800), est également militaire et commande un régiment de bernois au service des Provinces-Unies. Son père, militaire lui aussi, est tué en 1798 lors des Invasions françaises de la Suisse en 1792 et 1798.

Carrière militaire Il commence sa carrière militaire le , dans l'armée du Saint-Empire en intégrant l'académie impériale des techniques militaires de Vienne en tant qu'enseigne au régiment d'infanterie de ligne. Au service de l'Empire d'Autriche, il participe ainsi aux batailles de la guerre de la Troisième Coalition puis de la guerre de la Cinquième Coalition en Pologne, livrées contre la Grande Armée de Napoléon Ier. Il est promu lieutenant le puis mute le de la même année dans le régiment de grenadiers avant de démissionner des armées autrichiennes le , à la suite de la paix de Schönbrunn.

Il entame alors un voyage dans l'Empire ottoman où accompagne quelque temps François IV de Modène. Passant par la Sicile et Gibraltar, il gagne ensuite Cadix, en Espagne, qui subit alors un siège par les armées du Premier Empire français depuis , dans le contexte de la guerre d'indépendance espagnole. Gumoëns rejoint l'armée espagnole qui le nomme capitaine le et l'affecte à l'état-major du général britannique dès le . Après l'abandon du siège par les Français, il rejoint les troupes du colonel Frederick Adam et participe au siège de Tarragone, à la bataille de Balaguer puis au combat du col d'Ordal. Il intègre ainsi les forces armées britanniques le et démissionne le avec le grade de major, quelques mois après la première abdication de Napoléon Ier.

Armée néerlandaise Il entre au service de l'armée suisse avec le garde de lieutenant-colonel le avant de suivre les traces de ses aïeuls et de s'exiler aux Pays-Bas où il rejoint les forces armées du Royaume uni des Pays-Bas avec le grade de major le . Le , il est nommé lieutenant-colonel à l'état-major général et fait ainsi partie du « corps d'armée mobile » formé par le général Jean-Victor Constant de Rebecque, suisse également, afin de mater l'insurrection de 1830 dans les Pays-Bas méridionaux. Dès le , il est ainsi .

Le , premiers des quatre jours de combats, il se rend dans le parc de Bruxelles, où sont retranchée les troupes et y trouve un combattant belge fait prisonnier, qu'il ramène au prince Frédéric à Schaerbeek. Après l'avoir interrogé, le prince propose de le renvoyer, accompagné de Gumoëns, afin de parlementer avec les meneurs révolutionnaires et de leur proposer une rencontre. Cependant, alors qu'il porte un drapeau blanc, il est attaqué, fait lui-même prisonnier et faillit être tué. L'épisode est raconté comme suit dans un rapport qu'il adresse plus tard à l'état-major:

Il est à noter que ces évènements se déroulent après l'arrestation, la veille, du parlementaire et journaliste belge Édouard Ducpétiaux. Auguste de Wargny relate ainsi les faits : . Le belge ayant reçut le coup de baïonnette à sa place se révèle être Albert Verlat, tandis que l'on trouve Pierre Schovaerts parmi ceux qui l'ont protégé. Ce-dernier se propose d'aller porter le rapport de Gumoëns au prince Frédéric, accompagné d'Eugène Feigneaux et du Liégeois Pourbaix, mais ils ignorent les conseils de Gumoëns les avisant de prendre la rue de Namur et sont attaqués à leur tour à hauteur de la place Royale, les forçant à rebrousser chemin. Pendant ce temps, Gumoëns est interrogé par le général Mellinet, André Jolly et Max Delfosse, qui lui signifient l'impossibilité d'une soumission belge. Il est ainsi retenu prisonnier dans la caserne des pompiers de Bruxelles, puis transféré à la prison de l'Amigo et n'est libéré que le , bien après l'évacuation des troupes royales de Bruxelles, dans la nuit du au et la déclaration d'indépendance de la Belgique, proclamée le par le gouvernement provisoire.

Décès vignette|Le monument au dessus de la tombe de Nicolas von Gumoëns, dans l' de La Haye. À sa libération se rend à Anvers où il arrive le , peu avant que la ville ne tombe aux mains des Belges. Il est ensuite mandaté à Londres auprès du d'Arthur Wellesley, duc de Wellington, afin de l'aviser de la situation de la guerre belgo-néerlandaise, alors que se prépare la conférence de Londres. Il revient à La Haye le et, début 1831, il est affecté à la citadelle d'Anvers, au sein de l'état-major du lieutenant-général David Chassé. Il est promu colonel le de la même année et, quelques jours plus tard, il est engagé dans la campagne des Dix-Jours, où il s'illustre notamment lors d'une sortie visant à capturer l'artillerie belge le .

Il reste en poste dans la forteresse jusqu'au , puis est détaché à l'état-major de Tilbourg. Après le déclenchement du siège de la citadelle d'Anvers par le corps expéditionnaire français, le , Gumoëns retourne dans son ancien lieu d'affectation à partir du mais y est blessé au genou de le par un boulet de canon. Après la capitulation néerlandaise, qui a lieu le lendemain, il est transféré à l'hôpital, où il décéde le des suites de complications, notamment du tétanos.

Sa dépouille est transportée par bateau jusqu'à Berg-op-Zoom dès le lendemain, afin d'y être inhumée. En 1834, ses restes sont transférés à La Haye où ils reposent depuis lors au . Un monument en fonte en forme de pyramide tronquée reposant sur des boulets de canon est érigé sur sa tombe et classé « monument historique national » depuis le . Il est restauré en 2017.

Décorations classe () ; ().

Voir aussi

Bibliographie

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Articles connexes Goumoëns Armorial vaudois

Liens externes

Notes et références

Catégorie:Naissance en avril 1790 Catégorie:Naissance à Orbe Catégorie:Décès en décembre 1832 Catégorie:Décès à 42 ans Catégorie:Décès à Anvers Catégorie:Ordre militaire de Guillaume Catégorie:Chevalier de l'ordre du Lion néerlandais Catégorie:Militaire suisse des guerres napoléoniennes Catégorie:Combattant du camp hollandais de la révolution de 1830 Catégorie:Décès lié à la révolution belge Catégorie:Baron du XIXe siècle Catégorie:Militaire suisse du XIXe siècle