Sarah Mei Herman est une photographe née le 26 avril 1980 à Amsterdam. Elle s'intéresse, dans sa pratique artistique, aux liens familiaux, à la jeunesse et à la culture LGBT.

Carrière Sarah Mei Herman étudie la photographie à l'Académie royale des beaux-arts de La Haye et obtient son master au Royal College of Art de Londres en 2010.

Elle est invitée en résidence artistique à Xiamen en 2014, où elle commence à prendre en photo ses amies. Elle voyage de nouveau en Chine à plusieurs reprises pendant les années qui suivent pour photographier et interviewer des Chinoises et Chinois, souvent LGBT et marginalisés. Ce projet devient une série intitulée « Touch ». En 2019, elle commence à produire un livre commandité par Emerson & Wajdowicz Studios dans le cadre de leur collection « Diverse Humanity » sur les personnes LGBT du monde. Sarah Mei Herman retourne à Xiamen pour faire le portrait de et couples LGBT en Chine, puis continue le projet aux Pays-Bas durant les confinements liés au COVID-19 avec des Chinoises et Chinois LGBT expatriés.

En 2010, elle est nommée Foam Talent (reconnaissance locale) et est publiée, pour la première fois, dans Foam Magazine. Ses photographies sont ensuite publiées par iD, Vogue Italia, Paper Journal et Dear Dave.

À partir de 2010, elle expose dans différentes galeries d'art, musées et festivals : National Portrait Gallery de Londres (2010), Hugry Eye Gallery d'Amsterdam (plusieurs fois entre 2011 et 2015), New York Photo Festival (« Keep on dreaming », œuvre collective, en 2013), Château d'Eau à Toulouse (2014), Jimei x Arles (2016 et 2017), Musée de l'Élysée de Lausanne (2017), Musée historique juif d'Amsterdam (2020), Musée Benaki d'Athènes (2020), Museum Technische Sammlungen de Dresde (2021), Kaunas Photography Gallery en Lithuanie (2021), Concertgebouw Brugge (2025), festival GLAZ (2025).

En 2018, elle reçoit le prix American Vintage Photography au festival d'Hyères et le prix national hollandais « Rabobank » du portrait. Elle est nominée pour le Prix Arnold-Newman pour les nouvelles orientations du portrait photographique de 2023 et pour le prix Taylor Wessing du National Portrait Gallery de Londres en 2024.

Œuvre Les portraits de Sarah Mei Herman sont marqués par le passage du temps, notamment durant l'enfance, grâce à des séries de photographies prises sur plusieurs années. Ces clichés montrent « la transition, la transformation des expressions, des attitudes et des visages ».

Souvent, les sujets ne sourient pas, ne regardent pas l'appareil, tournent le dos ou ferment les yeux. Il en découle des représentations de « l’intimité, la tension émotionnelle entre deux personnes ou l’introspection ». L'expression du lien qui unit les sujets de ses portraits semble être un thème privilégié dans la plupart de ses projets.

Famille En 2004, Sarah Mei Herman commence à photographier son frère, Jonathan, né alors qu'elle a . Elle continue de prendre des clichés pendant l'enfance et l'adolescence de son frère. Il naît de ces photos le livre Julian & Jonathan, qui exprime les rapports familiaux entre elle, son père et son jeune frère, particulièrement la relation qu'elle noue avec son père à l'âge qu'a Jonathan au moment des photos. Selon Adèle Binaisse, « sa famille fait partie de son œuvre ».

Entre 2006 et 2013, elle photographie l'enfance de deux jumelles, Jana et Feby. La série de photo montre l'amour familial et la quête d'identité durant l'enfance.

Culture LGBT Le livre Solace est né des nombreux voyages en Chine de Sarah Mei Herman, et de ses amitiés avec les personnes queer qu'elle y rencontre. Elle y retrace l'histoire de l'homosexualité en Chine. D'abord acceptée sous les dynasties Liao et Song, elle devient taboue avec l'arrivée des Occidentaux à partir du siècle. Être homosexuel n'est plus considéré comme une maladie depuis 2001, vingt ans après la France (1981).

Sarah Mei Herman se concentre d'abord, pendant sa résidence à Xiamen, sur les portraits et témoignages de quatre femmes lesbiennes et leur évolution au fil du temps, dans des séries de photographies espacées de plusieurs années. En 2019, elle élargit le projet à d'autres personnes qu'elle apprend à connaître grâce à son réseau d'amis en Chine, et sur Instagram aux Pays-Bas. L'intimité et l'amour entre les couples se cachent dans les interactions figées dans les photographies, les gestes du quotidien et particulièrement le toucher. Le titre, Solace (réconfort), fait référence à l'ambiance que dégage la série de portrait, et aux gestes réconfortants au sein du couple, ou au regard rassurant de la photographe.

L'objectif est à la fois d'humaniser les Chinoises et Chinois LGBT, et de montrer la réalité du contexte dans lequel ils vivent. Selon Konbini, « l'ouvrage ne partage ni voyeurisme ni pathos ».

Publications

Bibliographie

Notes et références

Liens externes

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