Alexis Capiaumont, né le à Mons et mort le à Ixelles est un militaire et écrivain belge au service du Royaume uni des Pays-Bas puis de la Belgique après la révolution belge de 1830, lors de laquelle il change de camp.

Après avoir été nommé comte romain par le pape Pie IX, son titre de comte dans la noblesse belge est octroyé par le roi des Belges, Léopold II, en 1871, mais sa lignée est désormais éteinte.

Biographie Origines et vie privée Alexis-Joseph Capiaumont naît à Mons pendant la période française de l'histoire de la Belgique, alors que la ville est le chef-lieu du département de Jemmapes, dans la Première République française. Il est le fils d'Henri-Joseph Capiaumont (1743-1808), docteur en médecine et en chirurgie, et d'Henriette Catherine Philippine Le Mayeur (1761-1829), mariés le . Le couple a six enfants, dont Alexis est le dernier. Il a donc pour sœurs et frères: Julie-Adélaïde-Louise (1785-1826); Charles-Henri-Joseph (1787); Henri-Emmanuel-Joseph (1788-1861) ; Sophie-Catherine-Alexis (1789-1867) ; Valentine (1795-1796).

Il fait des études au lycée impérial de Bruges puis à celui de Versailles, devenu aujourd'hui le lycée Hoche avant d'entamer une carrière militaire. Il se marie le à Anvers, avec Idalie-Marie-Joséphine Van Havre (1816-1887) avec laquelle il a trois enfants: Octave-Henri (1843-1876); Arthur-Alexandre (1844-1914); Marie-Louise-Julie (1848-1937).

Carrière militaire Armée néerlandaise Il commence sa carrière militaire le , dans l'armée néerlandaise en tant que cadet au bataillon de chasseurs belges, lors de la période du gouvernement provisoire de Belgique qui suit la première abdication de Napoléon Ier et la fin du Premier Empire français. Il est promu cadet-sergent le et est donc engagé dans la guerre de la Septième Coalition contre le retour de Napoléon Bonaparte lors de l'épisode des Cent-Jours. Il participe ainsi à la bataille des Quatre-Bras, au cours de laquelle il est blessé, puis à la bataille de Waterloo le au sein du bataillon de chasseurs. Après la victoire, son unité, commandée par le général britannique Rowland Hill, occupe le plateau de Mont-Saint-Jean avant de passer la frontière française et de se diriger vers Bavay, puis Péronne et Cambrai. Il participe à la bataille de Saint-Denis avant d'entrer dans Paris.

Capiaumont reçoit alors le brevet de lieutenant en second et est désigné pour servir dans le bataillon de milice nationale, qui se rend à Bouillon afin d'y prendre le duché avec le deuxième corps de l'armée prussienne, sous les ordres du prince Auguste de Prusse. Après la conclusion du traité de Paris signé le , Capiaumont fait d'abord partie des forces qui occupent Namur sous les ordres du général Evers puis est intégré à la afdeeling des forces armées du Royaume uni des Pays-Bas, en garnison dans la forteresse de Maastricht, où il est nommé lieutenant le . Le , il intègre le bataillon de chasseurs du Garderegiment Grenadiers en Jagers, unité d'élite en garnison à Bruxelles.

Révolution belge vignette|Le Garderegiment Grenadiers en Jagers, où est affecté Alexis Capiaumont, est une unité d'élite chargée entre autres de la protection du palais royal de Bruxelles (image). Lorsque la révolution belge éclate, le régiment d'Alexis Capiaumont a principalement pour rôle la garde du palais royal de Bruxelles, deuxième capitale du Royaume uni des Pays-Bas, où le souverain, Guillaume d'Orange-Nassau, séjourne lors de ses venues dans les « provinces du sud ». Le , soir des premières émeutes, conséquences de la représentation de La Muette de Portici au théâtre royal de la Monnaie, Capiaumont est appelé à la tête d'un peloton de chasseurs afin de protéger l'hôtel du directeur de la police, Pierre De Knyff de Gontrœuil. Il est blessé d'un coup de pistolet dont la balle lui effleure le cou tandis que la fusillade fait deux morts parmi les émeutiers, qui parviennent finalement à mettre à sac la résidence.

Le , le lieutenant Capiaumont est pris à parti par la foule au Treurenberg mais parvient à s'échapper et à rejoindre la caserne des Annonciades, cernée par le peuple de Bruxelles. Là, il rassemble deux compagnies de grenadiers et un escadron de cavalerie et les mène sur la place des Palais où des troubles ont lieu, ainsi que dans le parc de Bruxelles. Le , le prince d'Orange entre dans la ville mais est à son tour menacé par le peuple et se réfugie dans son palais, l'actuel palais des Académies. Il en remet le commandement à Capiaumont après que son aide-de-camp, le baron Henri de Roisin, en ait fait les éloges au prince. Le , l'armée et Guillaume sont forcés d'évacuer la ville sous la pression populaire et les troupes de l'ancienne garnison bruxelloise bivouaquent à Vilvorde, où elles sont bientôt rejointes par le corps d'armée mobile mis sur pied par le chef d'état-major, le général Jean-Victor Constant de Rebecque, afin de reprendre le contrôle de l'insurrection, sous la supervision du deuxième fils du roi, le prince Frédéric.

Lorsque l'opération est décidée, le bataillon des chasseurs est engagé pour attaquer Bruxelles par la porte de Louvain, sous le commandement du général Jan Post. L'offensive débute vers et, en l'absence du capitaine, Capiaumont est chargé du commandement de sa compagnie. Avec une centaine d'hommes, il combat à l'observatoire, tenus par les liégeois, puis s'empare d'une pièce de canon, de la place des Barricades et de la rue Notre-Dame-aux-Neiges. Au moment où il y attaque une barricade belge, il est blessé d'une balle reçue à la jambe gauche vers et transporté dans la maison d’un certain Wilmet par deux chasseurs. Les Belges pénètrent dans le bâtiment et Capiaumont abat l'un d'entre eux alors que celui-ci se rue sur lui baïonnette en avant. Après sa convalescence, il rejoint les restes de son unité et assiste au bombardement d'Anvers du , ce qui achève de le convaincre de soumettre sa démission honorable au prince Guillaume d'Orange le , à l'instar de nombreux autres officiers belges. Celui-ci accepte et, pour le récompenser de sa bravoure et de sa loyauté, lui offre une paire de pistolets.

Changement de camp Après quinze années passées au service de Guillaume d'Orange-Nassau, Alexis Capiaumont décide de rejoindre les nouvelles forces armées belges à la suite de ses expériences lors des débuts de la révolution belge et malgré une lettre reçue du colonel Everhardus Evers, l'intimant de rester au service des Pays-Bas. Il explique ses motivations et ses intentions dans cette lettre adressée au ministère de la guerre :

Armée belge vignette|Affaires militaires d'Alexis Capiaumont exposées au musée royal de l'Armée et d'Histoire militaire de Bruxelles. Alexis Capiaumont est intégré aux nouvelles forces armées belges avec le numéro de matricule et le grade de capitaine par un arrêté du gouvernement provisoire de Belgique du . Il est nommé aide de camp du général Nicolas Daine, commandant de l'armée de la Meuse alors engagée dans la campagne du Limbourg avec son état-major basé à Hasselt.

Avec la dissolution des corps francs de volontaires, souvent indisciplinés, Capiaumont décide de garder quelques cavaliers d'élite réunis en une compagnie qu'il nomme « guides de l'armée », souvent appelé les Cosaques de la Meuse. Il parvient à faire accepter l'idée aux autorités de Bruxelles et reçoit le commandement de cette unité de cavaliers le . Ils se distinguent notamment lors de la le durant la campagne des Dix-Jours. L'unité est ensuite attachée à l'état-major du roi des Belges, Léopold Ier, par un arrêté du avant de devenir le régiment des guides, créé par arrêté royal du . Pendant cet épisode de la guerre belgo-néerlandaise, Capiaumont recréée également le bataillon du 10e régiment de ligne dès le .

Le , il est nommé officier d'ordonnance du roi Léopold et, le il est promu major et chargé d'organiser le corps des partisans du Limbourg avec lesquels il entre en campagne le . Le corps surnommé partisans Capiaumont et bientôt composé de fantassins et cavaliers, se révolte après qu'il ait été renvoyé à Termonde en janvier 1833. Le major Capiaumont parvient à rétablir l'ordre dans ses rangs et reçoit ainsi un sabre d'honneur et une lettre de félicitations de Constantin d'Hane-Steenhuyse, disant :

Après la paix signée lors la convention de Zonhoven du , Capiaumont fait partie des premiers récipiendaires de l'ordre de Léopold le , et, à cette occasion, le souverain luit dit : En 1834, le gouvernement belge charge Capiaumont de l'organisation d'une légion belge afin de l'engager dans la guerre civile portugaise. Il choisit environ hommes et six officiers qui combattent aux côtés des libéraux de don Pedro et participent à leur victoire. En 1835, lors d'un séjour à Bruxelles du fils du roi des Français, le duc Ferdinand-Philippe d'Orléans, le prince passe en revue le régiment des partisans et se montre particulièrement satisfait des dispositions adoptées par le major Capiaumont, auquel il adresse les plus grands éloges, si bien qu'il lui dit désirer voir former en France des bataillons d'infanterie légère semblables à ce corps pour la conquête de l'Algérie par la France. C'est chose faite le , par la création d'un bataillon de tirailleurs, dits « de Vincennes », dont l'uniforme, l'armement et l'équipement sont similaires à ceux des Belges.

Alexis Capiaumont est ensuite chargé d'organiser le premier régiment de chasseurs à pied en juin 1836 et est promu lieutenant-colonel le de la même année, puis colonel, chef de corps du régiment le . Il est nommé général-major le avec le commandement la brigade de la division d'infanterie de l'armée de terre belge, puis est nommé commandant militaire de la province de Liège le et commandant de la brigade de la division d'infanterie le . Déchargé du commandement de la province de Liège le 31 août 1850, il est nommé lieutenant général à la section de réserve le et prend le commandement de la division d'infanterie le .

Il est finalement admis à la retraite le après avoir joué un rôle dans la création de l'armée pontificale.

Décorations Croix de Waterloo; ( classe); Croix commémorative de 1830; Croix commémorative de 1856; Grand-cordon de l'ordre de Saint-Stanislas de l'Empire de Russie; Commandeur de l'ordre de Pie IX; Officier de l'ordre de la Tour et de l'Épée du Portugal; Chevalier de l'Ordre de la Maison ernestine de Saxe; Comte romain.

Publications

L'œuvre, qui représente ses mémoires, n'a jamais publiées mais une copie est conservée aux archives du musée royal de l'Armée et d'Histoire militaire de Bruxelles, voir ;

Hommages La rue Général Capiaumont porte son nom à Bruxelles;

Voir aussi

Bibliographie

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Notes et références

Catégorie:Naissance en décembre 1798 Catégorie:Naissance à Mons Catégorie:Décès en mars 1879 Catégorie:Décès à 80 ans Catégorie:Décès à Ixelles Catégorie:Ordre militaire de Guillaume Catégorie:Militaire néerlandais des guerres napoléoniennes Catégorie:Personnalité de la bataille de Waterloo Catégorie:Combattant de la révolution belge de 1830 ayant changé de camp Catégorie:Récipiendaire de l'ordre de Saint-Stanislas (russe) Catégorie:Commandeur de l'ordre de Pie IX Catégorie:Officier de l'ordre de la Tour et de l'Épée Catégorie:Chevalier de 1re classe de l'ordre de la Maison ernestine de Saxe Catégorie:Élève du lycée Hoche Catégorie:Général belge Catégorie:Personnalité du règne de Léopold Ier de Belgique Catégorie:Comte créé par Pie IX