Les Fonderies du Poitou étaient une fonderie industrielle spécialisée dans la production de pièces en aluminium et en fonte, principalement pour l'industrie automobile. Implantée à Ingrandes, elles ont été créées en 1980 sous l'impulsion de la Régie Renault, avec le soutien de René Monory, alors Président du Conseil régional de Poitou-Charentes. Elles ont joué un rôle dans l'économie locale pendant 40 ans, jusqu'à leur fermeture définitive en 2022.
Histoire
Création et développement (1980-2000) Les Fonderies du Poitou sont nées dans un contexte de décentralisation industrielle et de soutien à l'emploi régional. La Régie Renault, cherchant à moderniser sa production de pièces en aluminium, choisit le site d'Ingrandes pour implanter une fonderie moderne, destinée à la fabrication de carter d'huile pour ses véhicules. Le projet est porté par René Monory, qui y voit une opportunité de dynamiser l'économie du Poitou-Charentes.
En 2000, l'entreprise atteint un pic de production avec 2 millions de carters livrés en une seule année, exclusivement pour Renault.
Changements de propriété et difficultés (2000-2022) À partir des années 2000, les Fonderies du Poitou connaissent plusieurs changements de propriétaire et des difficultés économiques :
2002 : Le groupe italien Teksid (filiale de Fiat) rachète le pôle aluminium de Renault, dont les Fonderies du Poitou. Le site est scindé en deux : une partie destinée à l'aluminium (Fonderie du Poitou Aluminium) et une autre à la fonte (Fonderie du Poitou Fonte).
2003 : La fonderie livre son premier carter pour Fiat, un moteur diesel 2,4 L à 5 cylindres, marquant une diversification de sa clientèle.
Janvier 2005 : Un incendie dans les installations de fusion paralyse la production pendant plusieurs semaines.
2008-2010 : Les Fonderies du Poitou sont reprises par le groupe Montupet, spécialisé dans les pièces automobiles en aluminium. Cependant, la dépendance à Renault (qui représente 95 % du chiffre d'affaires) reste un point de vulnérabilité.
2014-2019 : Saint-Jean Industries reprend les Fonderies du Poitou, l'entreprise ne parvient pas à se diversifier suffisamment et des conflits sociaux éclatent.
2019 : Les fonderies sont reprise par Liberty House et deviennent Alvance Foundry Poitou (fonte) et Alvance Aluminium Poitou. Toutefois la faillite de la banque Greensill en 2021 mets en difficulté le groupe mondial et les fonderies par ricochet dont l'activité dépend d'un secteur en décroissance.
2022, la liquidation judiciaire pour l'une puis l'autre fonderie est prononcée, mettant fin à 40 ans d'histoire industrielle.
Fin des Fonderies du Poitou La fermeture des Fonderies du Poitou en 2022 marque la fin d'une aventure industrielle qui a employé jusqu'à 2 000 personnes et a structuré l'économie locale. La dernière pièce est produite en avril 2019, et les derniers salariés quittent le site en juillet 2022. La liquidation suscite une émotion profonde dans la région, notamment parmi les anciens salariés, comme Éric Bailly, qui y a travaillé pendant 39 ans (de 1980 à 2019). Reprise et reconversion du site : vers un hub énergétique vert
En , le tribunal de commerce de Paris officialise la reprise du site des Fonderies du Poitou par un consortium français composé de Lhyfe et TSE, deux acteurs des énergies renouvelables.
La quasi-totalité des bâtiments historiques des Fonderies du Poitou doivent être démolis d’ici fin 2025 pour laisser place à une centrale photovoltaïque de plusieurs dizaines d’hectares, couplée à des infrastructures destinées à la production d’hydrogène vert. L’objectif est de faire de ce site un pôle dans la production d’énergies décarbonées, en phase avec les ambitions nationales et européennes en matière de neutralité carbone. Cependant, en 2026, Lhyfe annonce l’abandon du projet d’hydrogène en raison de débouchés limités et de la lenteur du marché de l’hydrogène en Europe.
Activités et productions
Les Fonderies du Poitou étaient spécialisées dans :
La fonderie d'aluminium (carter d'huile, blocs-moteurs) La fonderie de fonte (pièces pour l'automobile et l'industrie) Une activité de prototypage interne aluminium (équipe de 15 personnes) travaillant sur des projets divers comme des corps de turbocompresseurs, des triangles de bus jusqu'à des cadres de vélos. Des prototypes fonte d'haltères et de trappe pour regard télécommunication ont été validés par des clients juste avant la mise en liquidation, avec l'objectif de diversification le projet de grande série n'aura jamais lieu.
Une production presque exclusive pour Renault pendant les premières décennies, avant une timide diversification vers Fiat.
Héritage Une association des anciens fondeurs a été créée pour maintenir ces liens.
Notes et références
Voir aussi Fonderie de Bretagne Renault Industrie automobile en France Poitou-Charentes
Catégorie:Entreprise fondée en 1980 Catégorie:Entreprise disparue en 2022 Catégorie:Renault Catégorie:Fonderie de métaux ferreux Catégorie:Industrie automobile Catégorie:Site industriel en France