Charles Plessard est un peintre français, né le 4 octobre 1897 à Paris (12ème arrondissement) et décédé le 1er juillet 1972 à Vénizy (Yonne). Elève puis compagnon des Ateliers d’art sacré, il est assistant de Maurice Denis entre 1925 et 1930, et poursuit des années 1930 à 1960 une carrière d' illustrateur pour les éditeurs catholiques, peintre muraliste et cartonnier de vitrauxNicolas Bru, "Charles Plessard (1897-1972), un compagnon méconnu des Ateliers d’art sacré, un imagier au service des communautés religieuses", in Isabelle Saint-Martin, Fabienne Stahl (dir.), Les Ateliers d’art sacré (1919-1947). Rêves et réalités d’une ambition collective, actes du colloque des 29 et 30 novembre 2019 à Paris (INHA), Rome, Editions Campisano, 2023, pp. 181-195..

Biographie Fils d'un médecin parisien, Charles Plessard épouse en 1927 Geneviève Caire, fille de César Caire, ancien avocat de l'Eglise de France puis président du Conseil de Paris. Ils ont ensemble six enfants et résident successivement à Paris (12 rue de la Tour-d'Auvergne, 9ème arrondissement), Montrouge en 1933, Bourg-le-Reine en 1937, Sceaux en 1939 et Vénizy à partir de 1959.

Formation aux Ateliers d’art sacré Après une année en 1919 à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, ne réussissant pas le concours d'entrée, Charles Plessard intègre en octobre 1920 les Ateliers d’art sacré, dirigés par Maurice Denis et George Desvalières, où il suit dans un premier temps les cours d’art monumental, dirigés par Pierre-Claude Dubois, et ceux de gravure sous la direction de Paule Marrot. Il côtoie les autres élèves de l’école, tels que Pierre Couturier et Henri de Maistre, et participe avec eux à plusieurs chantiers de décoration des églises de Jersey, Contrexéville et Domèvre-sur-VezouzeFabienne Stahl, "Les Ateliers d’art sacré : histoire, acteurs et chantiers emblématiques", in Isabelle Saint-Martin, Fabienne Stahl (dir.), Les Ateliers d’art sacré. 1919-1947. Rêves et réalités d’une ambition collective, actes du colloque "De la Reconstruction au renouveau esthétique. Rêves et réalités des Ateliers d’art sacré" tenu à l’INHA (Paris) les 29 et 30 novembre 2019, 2023, Rome, Campisano Editore, pp.45-60.. Il accède au titre de compagnon en 1925, en même temps qu’il collabore à l’église Saint-Jean du Village français pour l’exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris.

Assistant de Maurice Denis Proche de Maurice Denis, dont il fréquente régulièrement l'atelier du Prieuré à Saint-Germain-en-LayeFabienne Stahl, "Renouveau du décor chrétien : la chapelle du Prieuré de Maurice Denis", in Rossella Froissart, Laurent Houssais , Jean-François Luneau (dir.), Du Romantisme à l’Art Déco. Lectures croisées. Mélanges offerts à Jean-Paul Bouillon, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, Collection "Critique d’art", 2011, p. 209-221., Charles Plessard est alors un de ses principaux assistants, avec Gabrielle Faure et Maurice Lavergne, pour plusieurs chantiers de décors peints :

la coupole Dutuis du Petit Palais à Paris en 1925Isabelle Collet, "L’histoire de l’art français : Iconographie du décor de Maurice Denis au Petit Palais", in Les Cahiers d’Histoire de l’Art, n°6, 2008, p. 6-25. le choeur de l’église Saint-Louis de Vincennes en 1926-1927Fabienne Stahl, "Les décors de Maurice Denis dans l’église Saint-Louis de Vincennes", Recherches en histoire de l’art, n°6, 2007, pp. 79-104. la chapelle Saint-Nicaise du Chemin vert à Reims en 1927Patrick Chatelin, "L’église Saint-Nicaise de la cité du Chemin Vert à Reims", in Le Point riche, bulletin de l’association "Les amis de Louis Mazetier" et de l’art sacré du XXe siècle, n°9, juin 2011, pp. 7-24 ; Isabelle Morin Loutrel, "L’église Saint-Nicaise de Reims. Un ensemble décoratif authentique", oaru dans In Situ [En ligne], 29 | 2016, mis en ligne le 11 août 2016, URL : http://journals.openedition.org/insitu/12995. la chapelle des franciscaines de Rouen en 1930Fabienne Stahl, "Un art religieux alliant tradition et modernité : l'exemple du décor de Maurice Denis dans la chapelle des Franciscaines de Rouen (1930)", Etudes Normandes, 62e année, n°2, 2013, pp. 53-60.

Compagnon des Ateliers d’art sacré Entre 1925 et 1937, Charles Plessard participe à plusieurs des chantiers collectifs confiés aux élèves et compagnons des Ateliers d’art sacré, sous la direction de ses maîtres puis à partir de 1926 d’Henri de Maistre :

l’église Saint-Jean du Village français de l’exposition internationale de 1925André Lecoutey, "La chapelle du Sacré-Coeur", in Notes d’Art et d’Archéologie, juillet 1925, pp. 47-50 ; Années folles, années d’ordre. L’Art Déco de Reims à New York, catalogue de l’exposition au musée des Beaux-Arts de Reims 14 octobre 2006 - 11 février 2017, Paris, Hazan, 2006, p. 166. (décor de la Samaritaine)

le pavillon des missions catholiques de l’exposition coloniale de 1931Joseph de Reviers de Mauny, Les heures glorieuses du Pavillon des Missions catholiques à l'Exposition coloniale de Paris en 1931, Paris, Editions Paul-Martial, s.d. (1932), 64 p. ; Max Girard, "La Grande Emotion". La mise en scène des missions chrétiennes dans les expositions coloniales et universelles : France - Belgique. 1897 - 1958, thèse de doctorat en histoire sous la direction de Philippe Delisle, Université Jean Moulin Lyon 3, 2019. au bois de Vincennes, reconstruit en 1932 à Epinay-sur-Seine sous le nom d'église Notre-Dame-des-Missions (peinture murale de la Conversion de l’Irlande, réalisée avec Pauline Peugniez) la chapelle du collège Saint-Michel de PicpusNotice MH en ligne sur Mérimée : Ecole Saint-Michel-de-Picpus - POP ; Campagnolle Delphine, Saint-Michel-de-Picpus. Décor remarquable de l’entre-deux guerres, Ville de Bernay, 2008. à Paris en 1934 (cinq stations du chemin de croix et un des douze vitraux) la chapelle Notre-Dame de la Providence à MendeNotice MH en ligne sur Mérimée : Chapelle Notre-Dame de la Providence - POP ; "Et pourquoi pas dans toute la chrétienté ?", in L'Art sacré, février 1937, pp. 45-48 ; Nicolas Bru, "Un décor monumental des Ateliers d’Art sacré en 1936 pour la chapelle de la Providence à Mende (Lozère)", in La peinture monumentale en Occitanie du Moyen Âge à nos jours, actes du colloque tenu en octobre 2022 à Toulouse par le Groupe de Recherches sur la Peinture Murale et la Région Occitanie, paru dans Patrimoines du Sud [En ligne], 18 | 2023, mis en ligne le 1er septembre 2023, URL : http://journals.openedition.org/pds/13753. en 1936 (décor des martyres de saint Jean et saint Paul) le pavillon pontifical de l’exposition internationale de 1937"Guide du pavillon pontifical", in L’Art sacré, n°21 juillet 1937, p. 23. (panneau peint de l’Evocation missionnaire, présenté dans une des salles autour du cloître)

Carrière personnelle La carrière personelle de Charles Plessard débute à la fin des années 1920, recevant ses premières commandes de décors peints et de vitraux en marge des réalisations collectives des Ateliers d'art sacré et des collaborations avec Maurice Denis. Par leur intermédiaire, il réalise des peintures à Remoray-Boujeons (Doubs) en 1929 et Rouen (Seine-Maritime) en 1934 (chemin de croix pour la chapelle des franciscaines), ainsi que des vitraux pour La Charité-sur-Loire (Nièvre) en 1927, Oran (Algérie) en 1930 et Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) en 1933, peu documentés et aujourd'hui en partie détruits.

Les années 1930 sont essentiellement marquées par son travail d'illustrateur pour les éditeurs catholiques, réalisant de nombreux dessins pour le compte de l'Oeuvre de la propagation de la foi et l'Apostolat pour la prière, imprimés en particulier par la maison Sirven (Toulouse-Paris), sous la forme d'affiches, cartes postales, tracts ou ouvrage de coloriage pour les enfants. Son oeuvre la plus renommée est l'affiche des Chantiers du cardinal en 1932. Il présente des tableaux dans des expositions parisiennes (salon de la Société Nationale des Beaux-Arts en 1930 et 1932Il reçoit en 1932 le prix Castelucho Diana pour une toile intitulée Les Pèlerins d’Emmaüs.) et assure notamment, entre 1934 et 1939, le commissariat du salon d'art religieux organisé à Paris par la revue Les Cahiers catholiques dirigée par l'abbé René Roblot dit aussi Jacques Debout. Les premières véritables commandes de peintures murales et vitraux (en collaboration avec les ateliers Lorin à Chartres et Rault à Rennes) arrivent vers 1935-1936 ; elle le conduisent surtout à travailler pour des paroisses et communautés religieuses dans le Centre et le Sud-Ouest de la France, grâce à l'amitié et l'intermédiaire de Maurice Rétif, peintre devenu moine sous le nom de frère Luc à l'abbaye d'En-Calcat dans le Tarn. Il se rend aussi en Egypte en 1938 pour assister Suzanne Frémont dans la décoration du choeur de la cathédrale Marie-Reine-du-Monde de Port-Saïd.

Les années 1940 sont marquées par la guerre et la mise à l'abri de sa famille à Marvejols en Lozère, grâce au réseau de connaissances constituées suite au chantier en 1936 dans la chapelle de la Providence à Mende ; il continue néanmoins à circuler jusqu'en 1943 entre Paris et la province, travaillant notamment avec Francis Chigot à Limoges pour des vitraux dans les Deux-Sèvres et Annecy que ne peuvent plus honorer les fabriques au Nord de la Loire. Après 1945, il poursuit ses projets de décors peints et vitraux en France, et collabore de nouveau avec Gabriel Loire, maître-verrier à Chartres, avec qui il entretient des liens d'amitié depuis leur rencontre au début des années 1930 et s'initie à la technique de la dalle de verre.

Les années 1950 sont celles des grands projets à l'étranger, en particulier les commandes de peintures et vitraux qu'il reçoit de la part des Jésuites de Bruxelles pour l'église du Gésu (où il se rend régulièrement de 1947 à 1962) et d'autres édifices en Belgique et en Afrique. Il intervient dans la décoration de l'église française de Tanger, dont le projet de peintures et vitraux l'occupe de 1949 à 1959, avec deux voyages sur place en 1954 et 1956. Pour l'atelier Chigot, il dessine un ensemble de grands vitraux destinés à l'exportation pour une église à Norristown (Pennsylvanie) et participe à d'autres projets aux Etats-Unis, un abouti à Fort Worth (Texas), deux inachevés à Saint-Louis (Missouri) et Hartford (Connecticut).

Le début des années 1960 voit le nombre de commandes diminuer, sa dernière réalisation concernant des vitraux en dalle de verre à Abondance (Haute-Savoie), datés de 1962 et 1963, en même temps qu'une exposition retrospective de son oeuvre est organisée au printemps 1962 par la galerie Demenge à Besançon (Doubs). Malade, Charles Plessard voit sa carrière se terminer vers 1965, avant de décéder en 1972.

Liste des oeuvres (principales réalisations)

Illustrations Pour les éditeurs catholiques, Charles Plessard réalise de nombreux dessins, surtout dans les années 1930, dont certains sont diffusés sous la forme d’affiches, de cartes postales et de supports de promotion.

Il est l’auteur notamment des documents suivants :

série de douze cartes postales sur les missions extra-européennes et deux affiches pour les expositions missionnaires en France, commandées par l’Œuvre de la Propagation de la Foi affiche pour le recueil de dons en faveur de la construction du pavillon des missions catholiques de l’exposition internationale de 1931Laurick Zerbini, L’Afrique noire en vitrines, Lyon, 1860-1960, Paris, Editions Hémisphères, 2019, 397 p. affiche des Chantiers du cardinal en 1932, pour la levée de fonds de Mgr Verdier destinée à la construction d’églises dans la banlieue parisienne ensemble de cinquante affiches catéchistiques pour le diocèse de Toulouse, parues entre 1933 et 1936 quatre cartes postales pour la Croisade eucharistique des enfants en 1935 album Mes missions à colorier aux éditions Sirven en 1935 trois publicités pour l'alcool La Chartreuse parues dans la revue L'Illustration en 1935, 1936 et 1937

Peinture murale