Margit Czóbel ou Margita Czóbelová (Nagyőr, – Nagyőr, 1972) est une baronne et peintre hongroise.

Nièce du peintre László Mednyánszky et de la poétesse Czóbel Minka, elle a passé l'essentiel de sa vie au château familial de Nagyőr (aujourd'hui château de Strážky, en Slovaquie), dont elle fut la dernière propriétaire.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle sauva la collection de peintures de son oncle Mednyánszky en la dissimulant, avant d'en faire don, avec le château, à la Galerie nationale slovaque à sa mort.

Biographie Origines familiales Margit Czóbel naît au château de Nagyőr, fille du baron István Czóbel (1847-1932), écrivain, philosophe et économiste, et de Margit Mednyánszky, dite « Miri » (1859-1937), elle-même peintre amateurKatarína Beňová, « Czóbel Margit bárónő élete és művészete », trad. Margit Garajszki, Szepesi Kör, en ligne..

Le mariage de ses parents, célébré en 1887, unit les familles Czóbel et Mednyánszky : István Czóbel est le frère de la poétesse Czóbel Minka, et Margit « Miri » Mednyánszky est la sœur du peintre László Mednyánszky, qui devient ainsi l'oncle maternel de Margit Czóbel et Czóbel Minka sa tante paternelle.

Le père de Margit, István Czóbel, fut par ailleurs un ami de l'écrivain Zsigmond Justh, sur l'œuvre duquel il exerça une influence.

Margit a deux frères et une sœur : un premier, mort en bas âge en 1889, sa sœur Marianna, dite « Pimi » (1890-1929), et un autre frère, István, dit « Fin » (né en 1894), porté disparu sur le front de l'Est pendant la Première Guerre mondiale. vignette|Margita Czóbel enfant, par Ferdinand Katona (vers 1900) vignette|Marianna « Pimi » Czóbel enfant, par Ferdinand Katona (vers 1900) Formation Les enfants Czóbel reçoivent une éducation privée au château. Leur première professeure de dessin est la peintre viennoise Frida Konstantin (1884-1918), qui séjourne à Nagyőr en 1913 et y peint des portraits de la famille.

Le peintre Ferdinand (1864-1932), élève de Mednyánszky, séjourne également au château et réalise des portraits des fillettes Marianna et Margit.

Mais c'est surtout leur oncle László Mednyánszky, dont l'unique atelier permanent se trouvait à Nagyőr, qui exerce la plus forte influence artistique sur les deux sœurs.

Durant l'année scolaire 1915-1916, Margit et sa sœur Marianna sont inscrites comme étudiantes régulières à l'Académie royale hongroise des beaux-arts de Budapest, dans l'atelier du peintre paysagiste . Leur mère les rappelle au château pendant la Première Guerre mondiale.

Carrière artistique Margit Czóbel expose pour la première fois en 1916 au Nemzeti Szalon de Budapest, avec une collection de , sur recommandation de Dezső Malonyay, ami et premier monographe de Mednyánszky. Il est notable que sa parenté avec Mednyánszky n'est alors pas mentionnée dans la présentation de l'exposition. Elle y présente notamment des illustrations inspirées des contes d'Hans Christian Andersen (Les Paons blancs, Le Songe d'une nuit d'été'', Les Rois mages, Carnaval). En 1922, elle expose vingt œuvres supplémentaires au même lieu, dont d'autres illustrations d'Andersen (La Petite Marchande d'allumettes, L'Anniversaire de l'infante). Elle illustre également des nouvelles d'Oscar Wilde (Le Prince heureux) et, en 1922, l'édition anglaise Stonecrop de l'écrivaine hongroise Cécile Tormay.

Son œuvre est principalement composée d'aquarelles représentant le paysage de Nagyőr — la rivière Poprad, le parc du château, les montagnes Tatra — dans une veine réaliste influencée par celle de Mednyánszky, mais aussi de nombreux autoportraits, notamment une série de six aquarelles de même format datant des années 1930. De manière plus inattendue, elle réalise dans les années 1950 quelques œuvres aux thèmes de propagande soviétique (l'université Lomonossov, le satellite Spoutnik, un tableau intitulé Ouvrier), conservées à la Galerie nationale slovaque.

Seconde Guerre mondiale et sauvetage de la collection Mednyánszky Margit Czóbel reste au château durant toute la Seconde Guerre mondiale. Selon les témoignages locaux, elle apporte son soutien aux partisans, leur portant notamment de la nourriture en forêt.

Après la nationalisation de 1948, elle conserve seulement deux ou trois pièces du château, le reste étant attribué à des familles de la région ou utilisé comme entrepôt par la coopérative agricole locale. Ses terres sont distribuées aux paysans environnants. Sa contribution aux partisans pendant la guerre lui permet néanmoins de conserver une situation relativement préservée localement.

Dernières années et postérité Dans les années 1950, elle fait don de plusieurs meubles et œuvres au musée de Kežmarok (Késmárk), dont un coffre Renaissance, une table du et deux portraits par Johann Gottlieb Kramer. En 1962, elle prête plusieurs œuvres de Mednyánszky à une rétrospective organisée à la Galerie nationale slovaque par Karol Vaculík, qui lui propose ensuite que la galerie acquière certaines pièces de la collection.

Encore en 1962, elle réalise une aquarelle représentant le château de Strážky.

En 1968, l'écrivain et cinéaste français Alain Robbe-Grillet tourne au château de Nagyőr son film L'Homme qui ment, choisissant le lieu pour son état de délabrement ; il dédie le scénario du film à la baronne.

Margit Czóbel tient un journal en hongrois de 1929 à sa mort en 1972. Elle est inhumée dans le caveau familial du parc du château. L'ensemble de sa collection — ses propres œuvres, celles de Mednyánszky qu'elle avait sauvées, ainsi que des œuvres de ses anciens professeurs Frida Konstantin et Nándor Katona — devient la propriété de la Galerie nationale slovaque, qui occupe depuis le château de Strážky, classé monument culturel national en 1963.

En 2011, la Galerie nationale slovaque lui consacre une exposition et un catalogue à l'occasion du anniversaire de sa naissanceKatarína Beňová (éd.), Barónka. Osudy Margity Czóbelovej (1891-1972) medzi Mednyánszkym a Robbe-Grilletom, Bratislava, Slovenská národná galéria, 2011..

Œuvre Les œuvres de Margit Czóbel sont conservées principalement à la Galerie nationale slovaque de Bratislava et au château de Strážky, ainsi qu'au musée de Kežmarok. Quelques pièces se trouvent également en Hongrie, notamment à la Galerie nationale hongroise de Budapest (Cimetière, tempera, 1916) et au musée Jósa András de Nyíregyháza (Vue de Nagyőr'', aquarelle, achetée en 1971).

Galerie

Notes et références

Voir aussi László Mednyánszky Czóbel Minka Justh Zsigmond Galerie nationale slovaque L'Homme qui ment

Liens externes

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