La bataille de Duffel désigne un affrontement de la guerre belgo-néerlandaise et plus précisément de la campagne d'Anvers, conséquence de la révolution belge. Elle se déroule le lorsqu'une poignée de volontaires belges prennent Duffel avant d'en être délogés le soir-même.
Ceux-ci mènent en effet des reconnaissances à la suite de la prise Lierre et rencontrent des hussards des forces armées du Royaume uni des Pays-Bas avec lesquels ils s'engagent dans une première escarmouche avant de les poursuivre jusqu'en ville. Pensant à une véritable attaque, les militaires évacuent la cité avant de se rendre compte du subterfuge et de mener une contre-attaque qui piège les belges et les force à se retrancher dans une auberge où, assiégés, certains parviennent à fuir tandis que d'autres sont faits prisonniers ou tués.
Contexte Duffel lors de la révolution vignette|gauche|Duffel autour de 1775, sur la carte de Ferraris.
En 1830, année de la révolution belge, Duffel est une commune d'un peu moins de habitants située entre Lierre et Malines, sur la Nèthe. Elle est un point de passage stratégique car elle accueille l'un des trois seuls ponts permettant de franchir la rivière. Lorsque le roi Guillaume décide d'envoyer l'armée tenter de mater l'insurrection de 1830 dans les Pays-Bas méridionaux, le chef d'état-major, le général Jean-Victor Constant de Rebecque, choisit Duffel pour accueillir la afdeeling des forces armées du Royaume uni des Pays-Bas sous les ordres du colonel François de Lens, jusqu'à leur engagement dans les combats des Journées de Septembre.
Les Journées de Septembre vignette|La déroute de la cavalerie du colonel Walraven Elias Johan van Balveren lors des Quatre Jours de Bruxelles.
À la surprise générale, l'armée commandée par le prince Frédéric est lourdement défaite lors des Quatre Jours de Bruxelles et ses restes se trouvent dispersés un peu partout entre Bruxelles et Anvers, peinant à reformer leurs unités. Le nouveau commandant en chef, Bernard de Saxe-Weimar-Eisenach, redéploie ses troupes derrière la ligne d'obstacles naturels que forment la Dyle, les deux Nèthes, le Rupel et l'Escaut. Les premières unités à arriver à Duffel afin de sécuriser le pont de la Nèthe sont les restes éparses du Garderegiment Grenadiers en Jagers le . La correspondance du capitaine Charles Antoine de Bieberstein Rogalla Zawadsky avec sa femme relate ainsi leur périplee :
Le , il écrit :
Dès le , ceux-ci sont envoyés à Anvers et remplacés par les restes de la afdeeling commandés par le major Jevenois et par ceux du régiment de hussards du colonel Walraven Elias Johan van Balveren, dont la cavalerie avait été mise en déroute dans la rue de Flandre le .
Réaction belge Côté belge, les combattants volontaires sont victorieux un peu partout sur le territoire et commencent à harceler les avant-postes de l'armée autour de Bruxelles dès le . Le , le gouvernement provisoire de Belgique proclame unilatéralement l'indépendance des provinces du Sud lançant, de facto la guerre belgo-néerlandaise. Il organise les premières forces armées belges et, le , il donne l'ordre aux volontaires de marcher sur Anvers. Pour ce faire, les troupes sont divisées en deux corps d'armée et doivent s'emparer des différents ponts : le premier est sous le commandement du lieutenant-colonel Charles Niellon et doit se porter sur Lierre, tandis que le second, sous les ordres d'Anne François Mellinet se dirige vers Rumst avec Malines et la prise du pont de Walem pour premiers objectifs.
Déroulement vignette|L'actuel pont sur la Nèthe, à Duffel. Lierre est prise par le corps d'armée des volontaires belges le et, dans le même temps, le major Jevenois évacue Duffel, sans ordre, pour se replier sur Kontich tandis que l'escadron de hussards du major Van Remorter en fait de même, ce-dernier refusant de retourner en ville ensuite. Le lendemain vers , le major Herman Kessels est chargé par le lieutenant-colonel Charles Niellon d'effectuer une reconnaissance hors des murs, sur la route de Malines, accompagné de trois cavaliers. Ils rencontrent des hussards néerlandais à trois-quart de lieue de là et, pensant que certains sont d'origine belge, tentent de les convaincre de faire défection et de se joindre à eux, drapeau de la Belgique à la main. Pour seule réponse, ils reçoivent une salve de balles à laquelle ils répondent pendant une escarmouche qui dure deux heures. Treize volontaires belges arrivent en renfort, dont un trompette de la légion belge-parisienne et le fils aîné du major, nommé également Herman et âgé de 16 ans. Ils poursuivent leurs ennemis jusqu'à l'entrée de la ville de Duffel, parvenant à en abattre deux. Les hussards se rangent en ordre de bataille devant l'entrée de la cité, attendant les Belges avec leurs vedettes repliées sur eux.
Kessels déploient ses hommes dans un bois et dans un moulin d'où ils parviennent à abattre d'autres cavaliers. Feignant d'avoir reçu de nouveaux renforts, il fait sonner la charge et lance ses chevaux au galop, couverts par les tirs des fantassins. Les deux escadrons de hussards, commandés par le colonel Walraven Elias Johan van Balveren, croyant à une attaque belge en règle, prennent la fuite et la poignée de combattants entrent dans Duffel vers , sans en avoir reçu l'autorisation de leur commandant en chef, Charles Niellon, resté à Lierre. Ils arborent le drapeau révolutionnaire et font sonner le tocsin pour rassembler les habitants. Ceux-ci s'attèlent alors à préparer la défense du village en élevant un retranchement où se placent les fantassins pendant que Kessels envoie Eugène Dansaert porter la nouvelle à Niellon et demander le renfort de 200 hommes et deux canons afin de fortifier sa position. Duffel est en effet stratégiquement située entre les deux corps d'armée belges et peut permettre de faire la jonction avec le corps du général Mellinet qui attaque Malines.
Cependant, vers , l'armée contre-attaque : le général Ghisbert Martin Cort Heyligers, qui opère sa retraite vers Anvers, envoie le bataillon de « flankers » de la afdeeling ainsi que le bataillon de la pour attaquer les positions belges à Duffel. Ceux-ci reprennent rapidement le contrôle de la ville et, vers , la poignée de patriotes se retranche dans une auberge non-loin de leur bivouac, tirant par les fenêtres. Après une demi-heure de fusillade, les soldats leur intiment de se rendent mais les hommes de Kessels refusent. Les Hollandais mettent alors le feu à la porte de l'auberge, obligeant les Belges à sortir par une fenêtre en hauteur, à l'arrière du bâtiment. Seuls Kessels, son fils et le trompette osent le saut, tandis que les soldats pénètrent dans l'auberge, font huit prisonniers et tuent l'un des cavaliers. Les trois rescapés parviennent à regagner Lierre au milieu de la nuit, où le bruit court déjà qu'ils ont tous été fusillés. Un autre belge trouve la mort pendant la fusillade tandis que l'armée déplore deux blessés mais aucun mort.
Suites Après le coup manqué, Duffel reste sous le contrôle des forces armées du Royaume uni des Pays-Bas et, d'après le rapport du duc Bernard de Saxe-Weimar-Eisenach, il s'agit là, avec la révolte de Malines, de l'une des raisons pour avoir retardé la première attaque de Lierre dans sa tentative reprendre le contrôle de la ville. Durant la bataille de Lierre, Duffel sert de poste avancé et un l'un des axes de pénétration favoris des troupes. Un détachement de sapeurs du y est envoyé pour faire sauter le pont de la Nèthe le . Toutefois, les forces du duc de Saxe-Weimar sont défaites et se replient vers Anvers dès le . Les prisonniers belges, quant à eux, sont récupérés lors de la prise d'Anvers à la fin du mois d'octobre.
Hommages Certrificat vignette|gauche|L'hôtel de ville de Duffel. Le nouveau bourgmestre de Duffel, Jan Frans De Ridder, consigne les fait dans le certificat suivant émanant de la régence de la ville :
Croix de Fer vignette|La croix de fer de classe. La croix de fer est attribuée aux différents survivants belges de la bataille ainsi qu'à un villageois de Duffel, blessé ce : Charles-Louis Becquet ; César Bourdon ; Eugène Dansaert ; Michel-Ange Grad ; Jean-Baptiste Jette ; Herman Kessels (père) ; Herman Kessels (fils) ; Jean-Alexis Peignot ; Auguste Poteau ; Charles-Victor Poulain, boucher à Paris, vraisemblablement le trompette de la légion belge-parisienne ; Pierre-Jacques Scinoff ; Pierre Sel, cultivateur de Duffel, blessé lors des combats ; Monsieur Seyde ; Auguste Spitaels ; Adrien Van Cazezeele Félix Van Leerberghe ;
Divers Dans une correspondance avec Charles Niellon datée du , le général Lambert Nypels, commandant en chef des forces armées belges à ce moment, mentionne la conduite d'Herman Kessels à Duffel en ces termes :
Voir aussi Bataille de Lierre Campagne d'Anvers (révolution belge)
Bibliographie
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Notes et références
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