vignette|The Mother and her First-born par Owen Zimmerman, couverture d'un ouvrage sur les devoirs et responsabilités des femmes par Myer Solis-Cohen (1906) Le stéréotype de la mère juive peut désigner la mère-courage d’une famille nombreuse, ainsi qu’illustré dans la chanson (qui a connu de nombreux interprètes, dont Charles Aznavour), mais actuellement, il est plus habituellement un stéréotype classique de l’humour juif, utilisé par les comédiens ayant des origines culturelles juives lorsqu’ils évoquent leurs relations (fictives ou vécues) avec leur mère.

Par ailleurs, selon la tradition du judaïsme, avoir une « mère juive » est ce qui détermine la judéité.

Relation mère-enfants Bien que le type de relation évoqué soit classiquement de type mère-fils, certaines comédiennes, comme Fran Drescher jouant Fran Fine dans la série américaine à succès Une Nounou d'enfer décrivent aussi les non moins remarquables relations mère-fille à travers les répliques de Sylvia Fine interprétée par Renée Taylor - qui a deux obsessions : que sa fille Fran se marie et la nourriture.

On peut néanmoins relever une nette préférence, à l'instar des cercles patriarcaux méditerranéens et beaucoup de sociétés, pour les fils par les mères juives. Gisèle Halimi, femme illustre, avocate et féministe, raconta comment son traitement, au sein d'une famille juive tunisienne, fut moteur dans son émancipation (en pré-puberté, elle a fait une grève de la faim pour ne plus servir ses frères ou faire leur lit).

Variantes vignette|Figuration à la télévision israélienne de l'ima polania (אמא פולנייה) (1991) Si le stéréotype de la Yiddishe Mame trouve son origine dans le folklore des ghettos et des shtetls d'Europe centrale, l'État d'Israël représente un cas particulier. Les « mères juives » israéliennes, nées sur place ou issues de la Diaspora, offrent une trop grande diversité pour correspondre à l'archétype traditionnel. Celui-ci a donc évolué vers un équivalent plus mythique, celui de la « mère polonaise » (en hébreu : ima polania, אמא פולנייה), qui évoque l'univers du YiddishlandBarry Glassner, The Jewish Role in American Life: An Annual Review, 2008, p.75 : .

Caractéristiques

vignette|« Call Your Mother », une épicerie juive à Washington. Les traits typiques du stéréotype de la mère juive incluent (sans prétendre à l’exhaustivité) : une fierté excessive des réussites, même mineures voire imaginaires, de leurs enfants. Elles parleront toujours de « Mon fils, le docteur », ou « Mon fils, l’avocat ». Allan Sherman a parodié cette habitude en intitulant son album , et d’autres albums avec le même préfixe. Dans La Vérité si je mens !, on entend la blague suivante : une mère juive court sur la plage, criant : « Au secours ! Mon fils avocat se noie ! » À l’inverse, une mère juive ne cessera de se plaindre si elle estime qu’ils n’ont pas (assez bien) réussi (à son goût) dans le domaine académique, financier, voire et surtout amoureux ! Il n’y a rien de pire qu’une mère juive, sinon une belle-mère juive. Elle materne son enfant jusqu’à l’âge adulte, voire au-delà. Si Albert Cohen rend hommage à sa mère dans Le Livre de ma mère, Philip Roth estime, dans Portnoy's Complaint, que cela a pour effet qu’. Ses certitudes sont érigées en principe d’éducation. À cet égard, la seule différence entre une mère ashkénaze et une mère sépharade, c’est « Mange, mon fils, mange » versus « Monge, mon fils, monge ! » Elle ne cesse de s’inquiéter pour ses enfants, exagérant, mais rien qu’un peu, les « dangers ». Elle valorise l’obéissance, voire la soumission de ses enfants, d’où la révocation de la théorie freudienne : « Œdipe shmoedipe ! Tant qu’il aime sa mère ! » Elle use et abuse de la culpabilisation afin de manipuler ses enfants. Ainsi :Question : Combien de mères juives faut-il pour changer une ampoule ? Réponse : (D’un ton plaintif et, si possible, avec l’accent yiddish) « Ne t’en fais pas, je m’assiérai dans le noir. » Ou encore : « Faites cadeau à votre fils Marvin de deux chemises sport. La première fois qu’il en met une, regardez-le avec tristesse, et dites-lui d’un ton pénétré : « Alors, et l’autre, elle ne te plaît pas ? » »Dan Greenburg, , Los Angeles, 1964, cité dans Paul Watzlawick et alii, Une logique de la communication, traduit par Janine Morche, Paris, Seuil, 1972, points essais . Ce « syndrome » d’une forte figure maternelle résulte probablement de la place traditionnellement attribuée aux personnes dans la cellule familiale, l’homme s’occupant des affaires du monde « extérieur » (les affaires et la politique), tandis que la femme a la charge du monde « interne » de la famille et du foyer.

L’adulation de la mère par son fils, bien que sans description ironique, est une constante frappante de l’œuvre de Marcel Proust.

Rôles La présence, le surgissement inopiné ou simplement l’évocation de sa mère juive est un élément des comédies de Woody Allen réalisées pendant la longue période de sa carrière où il apparaissait en tant que trentenaire ou quadragénaire dans ses films. Ainsi, dans , elle apparaît même en majesté dans les nuages surplombant les immeubles vicinaux du loft du personnage, apparition persistante pour surveiller en permanence depuis le ciel ses faits et gestes, et façon de se substituer à Dieu…

Le personnage de la mère juive est incarné au cinéma français par Marthe Villalonga, qui depuis le film Un éléphant ça trompe énormément est souvent employée pour camper ce personnage. Le stéréotype de la mère juive se fond en l'occurrence avec celui de la mère pied-noir, utilisé par Guy Bedos - le fils étouffé de Marthe Villalonga dans ce film d'Yves Robert - dans certains de ses sketches. (Le fait le plus cocasse ou absurde étant que Marthe Villalonga n'est ni mère, ni juive et qu'elle même rit de cette confusion...)

Le personnage récurrent de mère juive de Madame Sarfati a fait la célébrité de l'humoriste Elie Kakou.

La pièce de théâtre Comment devenir une mère juive en de Paul Fuks, d’après Dan Greenburg (1964), est créée en France en 1983 avec Marthe Villalonga dans le rôle de la mère et André Valardy dans celui du fils. En 1990, c’est Ludivine de Chastenet qui reprend le rôle. Cette pièce dépasse les , en France et à l’étranger (en Israël - en hébreu, puis en yiddish -, au Brésil, et depuis 2008 à Varsovie au Théâtre Rampa). Elle est montée dans onze théâtres parisiens. En 2008, un DVD est tiré de cette pièce (diffusion LMLR). (Extrait)

Le fils : Bonjour M’man !

La mère : Oï, tu es si beau que je ne t’ai pas reconnu ! Le personnage de Sylvia Fine, la mère de Fran Fine dans Une Nounou d'enfer, est une variante du stéréotype. Le personnage de Sheila Broflovski, la mère de Kyle dans , est une variante connue du stéréotype.

Bibliographie

Patrice Abbou, Une mère juive ne meurt jamais, Plon, 2019 Gilles Achache, J’aurais tant voulu qu’il soit docteur ! - Toute la vérité sur les mères juives, Calmann-Lévy, 1999 Comment devenir une mère juive en dix leçons, le texte de la pièce de Paul Fuks, d’après Dan Greenburg, éd. du Sel de la vie, Paris, 1989 Rachel Josefowitz, Jewish Mothers Tell Their Stories: Acts of Love and Courage, Psychology Press, 2000

Voir aussi Divers La Maman juive (, ) est le titre d’un film en yiddish de 1930 de . A Yiddishe Mame, chanson interprétée par Sophie Tucker Georges Moustaki, Les Mères juives, chanson (album Vagabond, 2005) Paroles et vidéo clip. Comment devenir une mère juive en 10 leçons (1983), pièce de théâtre de Paul Fuks, d’après le livre éponyme de Dan Greenburg (1964)

Articles connexes Qui est juif ?

Liens externes « Le syndrome de la mère juive », L'Express, « Margaret Mead's Jewish Mother », The Jerusalem Post, Chants autour de la mère, playlist de l'Institut européen des musiques juives

Références

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