La Vereeniging voor Vrouwenkiesrecht (VVK) (Association pour le droit de vote des femmes), est une association féministe néerlandaise fondée à Amsterdam le dans le but de revendiquer les droits politiques pour les femmes et, notamment leur droit de vote.

Après l'adoption du suffrage féminin aux Pays-Bas, en 1919, l'Association prend le nom de Vereeniging van Staatsburgeressen (Association des citoyennes) puis, après plusieurs fusions, fait partie depuis 1949 de la (Association néerlandaise pour les intérêts des femmes, le travail des femmes et l'égalité citoyenne). vignette|Manifestation de l'Association pour le droit de vote des femmes (Amsterdam, 1914).

Histoire

Contexte La constitution des Pays-Bas de 1882 mentionne le droit de vote pour "les citoyens néerlandais". Mais lorsque, en 1883, Aletta Jacobs qui remplit les conditions de revenu, veut s'inscrire sur les listes électorales d'Amsterdam, sa demande est rejetée. Pour qu'il ne reste aucun doute, lors de la révision de la constitution, en 1887, il est clairement précisé que seuls les hommes ont le droit de vote.

Il existe aux Pays-Bas des organisations demandant le droit de vote pour les femmes depuis 1889. Elles organisent des manifestations, des réunions et des expositions pour faire connaître leurs revendications.

En 1893, la Vrije Vrouwenvereeniging, (Association des femmes libres, VVV) demande un amendement de la constitution pour accorder le droit de vote aux femmes mais la Ligue sociale-démocrate s'y oppose, estimant que les revendications des femmes allaient beaucoup trop loin.

Fondation et débuts Wilhelmina Drucker, déjà fondatrice de la Vrije Vrouwenvereeniging en 1899, prend l'initiative de créer une association spécifiquement consacrée à la revendication du droit de vote des femmes. Elle fonde la Vereeniging voor Vrouwenkiesrecht le 5 février 1894 avec, notamment, Theodore Haver et Theodora van Campen-Doesburg.

Organisation L'association est ouverte aux hommes mais le Conseil d'administration est composé exclusivement de 9 à 13 femmes. Il est basé à Amsterdam ou La Haye et supervise le sections locales, travaillant surtout par écrit et comprend un Bureau exécutif avec la présidente, la vice-présidente, la secrétaire et la trésorière.

Annette Versluys-Poelman en est la première présidente, suivie par Aletta Jacobs en 1903.

Des sections locales sont créées à partir de 10 membres par région ou localité. Elles se mettent rapidement en place, d'abord à Rotterdam en juillet 1894, puis à Amsterdam en octobre 1894 et Alkmaar en 1907.

Après des débuts difficiles, l'Association compte 1809 membres et 15 sections locales en 1900.

L'Alliance internationale pour le suffrage des femmes tient son congrès à Amsterdam en 1908, ce qui donne de la visibilité à l'Association néerlandaise et attire de nouvelles adhésions.

Neutralité Wilhelmina Drucker choisit de ne pas s'impliquer dans le conseil d'administration pour que son engagement politique au sein de la Ligue sociale-démocrate ne soit pas un frein à la neutralité politique de l'association. Elle reste cependant une membre active. Le conseil d'administration est d'ailleurs soumis à une stricte neutralité politique et les sections ne sont pas autorisées à nouer des liens trop étroits avec un parti politique particulier.vignette|Bannière de l'Association pour le suffrage des femmes, section d'Apeldoorn, à l'occasion de son premier quintuple anniversaire en 1913, par .

Action et positions L'association pour le suffrage des femmes mène, dans un premier temps, une campagne modérée, organisant des réunions, donnant des conférences et publiant des articles et des brochures. Elle hésite à descendre dans la rue pour exprimer publiquement son opinion et l'usage de bannières est considéré comme peu féminin, bruyant et vulgaire. C'est à nouveau Wilhelmina Drucker qui entreprend de promouvoir leur usage, au prix de discussions internes animées. Il faut attendre 1911 pour que l'achat d'une bannière soit accepté.

En 1906, Maria Rutgers-Hoitsema, dans une action plutôt symbolique, présente une pétition à la reine Wilhelmine pour demander le suffrage féminin.

Le 4 mai 1913, l'Association organise une marche de protestation à La Haye contre la disposition relative au suffrage dans le projet de révision constitutionnelle présenté par le ministre Van Heemskerk.

En 1915, L'Association pour le suffrage des femmes présente une pétition populaire en faveur de l'égalité constitutionnelle entre hommes et femmes.

D'autres manifestations suivent, notamment une grande manifestation le 18 juin 1916, sur le thème : « Pas de réforme constitutionnelle sans le suffrage féminin ». Des groupes de femmes représentant les pays où le suffrage féminin est déjà en vigueur, marchent en tête du cortège. Malgré ces protestations, la Chambre adopte le suffrage universel pour les hommes mais les femmes, si elles peuvent désormais être élues, n'ont toujours pas pas le droit de vote.

En 1918, Suze Groeneweg devient la première femme élue à la Chambre des représentants, en 1918, sous l'étiquette du Parti social-démocrate des ouvriers.

Adoption du suffrage féminin actif Le 9 mai 1919, la Chambre des représentants adopte une proposition de loi du député libéral portant modification de la loi électorale et instaurant le suffrage actif féminin. Le terme « homme » est supprimé de la loi électorale. Le 10 juillet 1919, le Sénat approuve la proposition à son tour. Un hommage est rendu à Henri Marchant et Aletta Jacobs au Concertgebouw d'Amsterdam. La loi est nommée Loi Jacobs en reconnaissance de son rôle.

En 1922, les femmes néerlandaises votent au niveau national pour la première fois. Sept d'entre elles sont élues à la Chambre des représentants.

1913 : Exposition « De Vrouw 1813-1913 » L'exposition De Vrouw 1813-1913 (La Femme 1813-1913), organisée à l'occasion du centenaire de l'indépendance des Pays-Bas, a pour but d'illustrer les changements dans la vie des femmes durant ces cent ans. L'Association pour le droit de vote des femmes souhaite en faire une vitrine politique pour ses revendications mais, finalement seule une salle est consacrée au droit de vote des femmes, la kiesrechtzaal. Et le reine Wilhelmina ne peut la visiter qu'escorter par un ministre, tant le sujet est sensible pour le gouvernement.

Publication Pendant un certain temps, l'association publie un magazine mensuel sous le nom de Maandblad van de Vereeniging voor Vrouwenkiesrecht et plus tard de Maandblad van de Nederlandsche Vereeniging van Staatsburgeressen, puis encore plus tard, Maandblad van de Nederlandsche Vereeniging voor Vrouwenbelangen en Gelijk Staatsburgerschap.

Scission de 1907 : le Nedelandsche Bond voor Vrouwenkiesrecht L'orientation politique de le VVK paraît trop radicale à plusieurs membres. Esther Welmoet Wijnaendts Francken-Dyserinck et Lizzy van Dorp, parmi d'autres, fondent alors le Nederlandsche Bond voor Vrouwenkiesrecht (Ligue néerlandaise pour le suffrage des femmes) le 25 février 1907. La Ligue, plus modérée, vise à « éduquer les femmes pour l'obtention du suffrage féminin ». Elle est convaincue que les femmes doivent d'abord être capables de juger par elles-mêmes avant de pouvoir participer à la vie politique. Les hommes sont également admis au Conseil d'administration.

Scission en 1916 En 1916, plusieurs femmes quittent l'Association pour le suffrage des femmes car, selon elles, l'association s'est trop éloignée de son objectif initial : l'égalité constitutionnelle entre hommes et femmes. Le slogan « suffrage universel pour les hommes et les femmes » ne leur convient pas car il n'est pas neutre. Les instigatrices et les artisanes de cette scission sont Wilhelmina Drucker, Josephine Baerveldt-Haver (1868-1945) et Nine Minnema (1883-1944). Elles baptisent la nouvelle association (Association neutre pour le suffrage des femmes).

Après 1919 : de nouvelles associations Après l'adoption du suffrage universel en 1919, la lutte pour l'émancipation des femmes se poursuit.

La Vereeniging voor Vrouwenkiesrecht devient la Vereniging van Staatsburgeressen (Association néerlandaise des citoyennes).

Le Nederlandsche Bond voor Vrouwenkiesrecht fusionne en mars 1920 avec la Vereeniging tot Verbetering van den Maatschappelijken en den Rechtstoestand der Vrouw in Nederland (Association pour l'amélioration du statut social et juridique des femmes aux Pays-Bas) pour former la Nederlandsche Unie voor Vrouwenbelangen (Union néerlandaise pour les intérêts des femmes).

En 1930, l'association néerlandaise des citoyennes (Vereniging van Staatsburgeressen) fusionne avec l'Union pour les intérêts des femmes ( Unie voor Vrouwenbelangen) pour former la (Association néerlandaise pour les intérêts des femmes et l'égalité des droits civiques). En 1949, la nouvelle association fusionne avec la pour former la (Association néerlandaise pour les intérêts des femmes, le travail des femmes et l'égalité citoyenne), plus généralement connue sous le nom de « Vereniging Vrouwenbelangen ». Membres du Conseil d'administration vignette|Annette Versluys Poelman avec ses enfants. Elle est la première présidente et membre du conseil exécutif de la Vereeniging voor Vrouwenkiesrecht (1891). Photo de Willem Witsen ; collection IAV- Atria. R.

Frederike van Balen-Klaar Wilhelmina Drucker Mien van Itallie-van Embden Aletta Jacobs (Présidente de 1903 à 1919) Piet Meuleman (Secrétaire) Diderica Cornelia de Groot Johanna Naber Maria Rutgers-Hoitsema Cor van Kuffeler (Vice-présidente en 1915) Annette Versluys-Poelman (Première Présidente de 1894 à 1902

Références

Voir aussi

Articles connexes

Vrije Vrouwenvereeniging Wilhelmina Drucker Aletta Jacobs Féminisme aux Pays-Bas Droit de vote des femmes

Liens externes

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