vignette|Pancarte "fierté d'être bisexuel" à la marche des fiertés de São Paulo de 2024. La bisexualité au Brésil est l'orientation sexuelle d'au moins un million de personnes en 2019 (sur plus de 150 millions d'adultes que compte le pays). Pour autant, les personnes bisexuelles brésiliennes sont exposée à la biphobie, l'invisibilité, l'isolement et le manque de communauté. Le mouvement bisexuel brésilien se structure à partir des années 2000. vignette|Pancarte "fierté d'être bisexuelle" à la marche des fiertés de São Paulo de 2024.
Statistiques La première enquête sur l'orientation sexuelle de la population brésilienne est réalisée en 2019 par l'IBGE ; les bisexuels représentent 1,1 millions de personnes, soit 0,7% de la population adulte du pays. Une autre étude menée en 2018, basée sur l'attraction des répondants, estime que les bisexuels forment 2,12% de la population.
Il existe plusieurs façons de recenser l'orientation sexuelle : autodéclaration, attirances, comportements sexuels... De fait, les personnes bisexuelles se retrouvent souvent occultées par les statistiques, dans une approche souvent réductrice qui ne tient pas compte de la diversité et fluidité des désirs, attirances et expressions bi. Par exemple, des personnes bisexuelles peuvent déclarer n'avoir des partenaires que d'un seul genre, ou pas de partenaires sexuels. D'autres études agrègent les bisexuels avec les gays et lesbiennes, sans tenir compte de leur spécificité.
Invisibilisation et biphobie La bisexualité au Brésil est peu visible : souvent, elle est réduite à un élément d'une liste plus générique comme le sigle LGBT, quant elle n'est pas totalement occultée. Dans les travaux universitaires, la première étude consacrée aux bisexuels date de 1999 ; depuis les années 2010, une théorie bisexuelle brésilienne se développe. D'autres travaux ultérieurs soulignent que les bisexuelles, victimes du monosexisme, doivent jongler entre les stéréotypes sur leur supposée hypersexualité et leur invisibilisation, reléguant leur orientation dans la sphère privée et les forçant à performer la monogamie pour éviter les clichés biphobes. Une chercheuse étudie la bisexualité sous l'angle du matérialisme dialectique, soulignant qu’elle entre directement en contradiction avec la binarité de genre et la binarité sexuelle homo-hétéro.
Néanmoins, les travaux universitaires centrés sur la bisexualité sont, en 2024, encore peux nombreux et mal connus parmi les études de genre ou études queer.
Les femmes bisexuelles en milieu rural sont souvent isolées, dans un milieu généralement conservateur et avec peu de personnes LGBT+. De même, les jeunes bi sont fortement à risque de mourir par suicide. De manière générale, il existe peu de lieux de socialisation ou médias dédiés aux personnes bisexuelles et ces dernières sont souvent rejetées par leur famille. La santé mentale des personnes bisexuelles (notamment impactée par les discriminations) est un sujet important pour les militants et les études bisexuelles en psychologie.
Communauté et militantisme bi
Les personnes bisexuelles militent au Brésil depuis les années 1970 pour la reconnaissance des droits des gays et lesbiennes. Cependant, les bisexuels ne sont pas considérés comme des membres de la communauté LGBT. En 2003, les bisexuels sont exclus d'une rencontre nationale entre gays, lesbiennes et travestis. En réponse, les militants bisexuels s'organisent et créent les premières organisations en 2004. On compte par exemple le actif de 2005 à 2007 ou le à Brasília, membre de l'ONG homosexuelle .
Dans les années 2000, les questions de genre et de sexualité deviennent de plus en plus présents dans le débat public brésilien, les mouvements LGBT et féministes se structurent. En réponse, une forte opposition de groupes conservateurs se développe, portant une rhétorique . C'est dans ce contexte que se développe l'activisme bisexuel.vignette|Marche des fiertés à l'Université de Brasília en juin 2018, pancarte (la visiBIlité compte, jeu de mots entre visibilité et bisexualité). En 2021 a lieu le premier séminaire national d'études bisexuelles, revenant sur plus de 30 ans de recherche sur la bisexualité au Brésil. L'évènement est organisé par des étudiants en psychologie, réunis au sein du . L'organisation s'étend ensuite à tout le pays et devient la ou Rebim (réseau brésilien d'études sur la bisexualité et la monodissidence).
En 2020 est créé la (Front bisexuel brésilien). En 2023, il organise la première rencontre nationale du mouvement bisexuel brésilien, revenant sur 20 ans de militantisme bisexuel au Brésil. Une loi, défendue par Daiana Santos, vise à établir officiellement la journée de la fierté bisexuelle au Brésil ; des lois similaires ont été adoptées dans certaines villes comme Porto Alegre.
En 2025, le chercheur Inácio Saldanha créé le musée bissexuel brésilien pour rassembler des archives sur l'histoire de la bisexualité au Brésil. Le musée est présent en ligne et vise à préserver la mémoire de la communauté bi brésilienne.
Personnalités bisexuelles brésiliennes La députée, sociologue et militante Marielle Franco, assassinée le 14 mars 2018, est une femme bisexuelle, engagée pour les droits humains et LGBT+ et contre le racisme. Son assassinat provoque une vague d'indignation dans tout le pays..
En 2022, l'ancien footballer international Richarlyson annonce publiquement sa bisexualité.
Dans le milieu de la musique, plusieurs artistes ont fait leur coming-out bisexuel, comme Caetano Veloso, Gilberto Gil, Anitta ou Luísa Sonza.
Références
Voir aussi
Droits LGBT au Brésil Mouvement bisexuel
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