La passacaille (ou pasacalle) est un genre musical qui s'est développé en Équateur. Cette forme trouve ses origines dans la musique savante de l'Audience royale de Quito, notamment dans la musique sacrée. Cependant, elle ne devient véritablement populaire qu'au cours du , sous l'influence de l'âge d'or du cinéma mexicain, selon un mécanisme similaire à celui de la musique guasca en Colombie.
Traditionnellement, les passacailles célèbrent les fêtes de fondation des villes de l'Équateur.
Histoire
Origines Ce genre musical trouve son origine dans la passacaille espagnole, dont il tire son nom et sa fonction initiale d'intermède musical joué entre deux sections d'une procession religieuse. Cependant, en Équateur, la forme d'origine se transforme rapidement sous l'influence du pasodoble. Introduite à l'époque de l'Audience royale de Quito, bien que sa date exacte reste inconnue, la passacaille apparaît d'abord dans les musiques dites « guamanes » exécutées à la Vieille Cathédrale de Cuenca. Elle y sert alors d'intermède au sein du répertoire religieux, notamment lors des très populaires fêtes de l'Enfant (Fiestas del Niño).
Un siècle plus tard, les fanfares militaires contribuent largement à la diffusion du genre. En 1876, à Cuenca, Manuel Vásquez compose une passacaille pour fanfare intitulée La guarandeña. Cette œuvre inscrit la passacaille équatorienne dans une évolution commune aux autres passacailles hispano-américaines : celle de marches destinées à accompagner les défilés, teintées d'une forte dimension nationaliste.
Popularisation au La musique mexicaine exerce une influence majeure en Équateur grâce à l'âge d'or du cinéma mexicain. Entre 1920 et 1950, l'industrie cinématographique popularise plusieurs genres musicaux à travers le pays : la ranchera, le corrido, le huapango, la musique norteña et les fanfares de banda. La passacaille s'intègre à ce mouvement de réception culturelle.
Cette version renouvelée de la passacaille se fait plus dansante. Adoptée à grande échelle en Équateur, elle suscite d'abondantes compositions et se popularise dans tout le pays. Le phénomène est particulièrement marqué sur la côte équatorienne, où le genre supplante rapidement les anciennes danses de salon de la région, telles que le galop, la polka, le chignon ou l'alza.
Selon le compositeur Luis H. Salgado, l'apogée de cette mode de la passacaille, alors assimilée à une forme de pasodoble, se situe autour de 1952.
Structure et exemples vignette|290x290px|Place centrale de Jipijapa à Manabí, où est traditionnellement interprétée la passacaille Jipijapa Tierra Querida. La passacaille équatorienne est basée sur un rythme binaire simple en 2/4. Elle se structure généralement selon une forme ABA’ ou ABC, selon que la troisième partie constitue une légère variation de la section A ou une section entièrement nouvelle. La pièce est habituellement précédée d'une introduction qui se répète avant chaque couplet : Introduction : Im−IIIM−V7−VIM Partie A (registre bas) : Im−IIIM−V7 (ou VIM−IIIM−V7−Im) Partie B (registre haut) : VI Partie C ou A’ : conclusion.
La popularité de ces pièces est telle au que presque chaque ville d'Équateur possède sa propre passacaille dédiée, jouée sur les places centrales lors des fêtes de fondation de la cité.
Riobambeñita Ambato, tierra de flores Ambateñita primorosa
Romántico Quito mío
Soy del Carchi Reina y Señora (Tierra preciosa la de Imbabura) Alegre playita mía Flor Zamorana Jipijapa tierra querida Las leyes del amor Toros de mi pueblo Pasacalles del amor Guayaquil (pasacalle)
Perla Ecuatoriana El mendigo
Références
Bibliographie
Thomas Schmitt. Passacaglio ist eigentlich eine Chaconne. Zur Unterscheidung zweier musikalischer Kompositionsprinzipien. En: Frankfurter Zeitschrift für Musikwissenschaft, 13 (2010), pp.1–18. CAMINO, Francisco. Barroco. Historia, compositores, obras, formas musicales, discografía e intérpretes de la música barroca. Editado por: Ollero y Ramos Editores, Madrid, 2002, 436p. DENIZEAU, Gerard. Los géneros musicales, una visión diferente de la Historia de la música.Traducción de Eva Jiménez Juliá. Editado por: Ediciones Robinbook SL, Barcelona, 2002.
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