La bisexualité en France contemporaine est une orientation sexuelle qui concerne une partie de la population plus ou moins vaste selon les études et la manière dont les personnes sont interrogées : si jusqu'à 22% des Français reconnaissent une attirance (Ipsos, 2021), seulement environ 1% à 3% des Français se revendique spontanément comme bisexuels - auxquels peuvent être associées d'autres personnes se définissant (Ined, 2018, et INSERM, 2024).

En effet, seule une petite partie des personnes ressentant une attirance envers plus d'un genre, ou ayant entretenu des relations sexuelles avec des partenaires de genre différents, se définissent comme étant bisexuelles. Comme dans d'autres pays, la bisexualité en France reste encore globalement invisibilisée et sujette à de nombreux clichés dévalorisants, y compris au sein des cercles LGBT. Un mouvement bisexuel émerge progressivement - l'association pionnière Bi'Cause est créée en 1997 - afin de lutter pour les droits des personnes concernées, et tenter de lutter contre l'invisibilisation qui les frappe.

Dans les années 2020, la bisexualité est en revanche davantage affirmée chez les Françaises et au sein de la jeunesse que dans la population générale : 9,6 % des femmes et 4,3 % des hommes de 18 à 29 ans se déclarent bisexuels en 2023, contre 2,8 % des femmes et 2,3 % des hommes dans la population générale.

Études et statistiques dans la France contemporaine

Avant Mai 68, l'historien Régis Revenin met en avant une importante fluidité sexuelle dans la jeunesse française, sans que les pratiques sexuelles ne se traduisent en identité perçue :

Il est en effet connu des études scientifiques (notamment liées au suivi de la santé sexuelle des populations) qu'il existe des écarts entre le comportement sexuel et l'identité revendiquée : une majorité des hommes se revendiquant ont eu aussi des relations sexuelles avec des femmes. En ce sens, une enquête de 2016 menée par Rommel Mendès-Leite et Catherine Deschamps définit comme « homme bisexuel » un homme qui a ou a eu des relations sexuelles avec les deux sexes, sans considération identitaire. De plus, dans cette étude, sur l'ensemble des hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes,

Selon l'IFOP en 2016, 4% des Français (et 6% des parisiens) s'auto-définissent comme bisexuels, ainsi que 2% des Françaises (et 4% des parisiennes).

Dans une étude de l'Ined de 2018, 2,7 % des personnes interrogées (3,4 % des femmes et 2,0 % des hommes) indiquent avoir une attirance pour les deux sexes. Moins de personnes indiquent avoir eu des relations avec les 2 sexes : 1,9 % du total (2,2 % des répondantes et 1,6 % des répondants).

Comme dans d'autres pays, il n'est forcément aisé de déterminer précisément le nombre de personnes qui peuvent être considérées comme étant bisexuelles de par la sous-identification à cette sexualité : ainsi, si en 2025 18% des jeunes hommes et 37% des jeunes femmes déclarent une attirance envers plus d'un genre au cours de leur vie, seulement 4% des jeunes hommes et 14% des jeunes femmes se déclarent bisexuels ou pansexuels.

Selon une étude Ipsos de 2021, 22% des Français ont une attirance (plus ou moins grande) pour plus d'un genre, 63% ont une attirance uniquement pour le sexe opposé et 8% ont une attirance uniquement pour des personnes du même sexe.

Conditions de vie

Invisibilisation

Comme dans d'autres pays de la francophonie tels le Québec, l'invisibilisation et la marginalisation font partie des difficultés contemporaines des bisexuels français.

En 2023, seules 22% des personnes connaissent dans leur entourage (famille, amis, collègues) une personne bisexuelle, selon une étude menée internationale par l'Ipsos. C'est 4 points de moins que la moyenne des sondés interrogés dans les 30 pays de l'étude, et 25 points en dessous des sondés au Brésil, pays où la bisexualité est la plus socialement visible de l'ensemble du panel.

Biphobie, hostilité et stéréotypes négatifs

Selon l'association SOS Homophobie en 2025, « les personnes bisexuelles et pansexuelles ont comme particularité d’être à la croisée de plusieurs mondes [...] Leur invisibilisation ne les protège pas des différentes formes de violences – bien au contraire, elle les y expose davantage. »

Les bisexuels français peuvent ainsi faire l'objet de discriminations et d'hostilités venant à la fois des hétérosexuels et des communautés gay ou lesbienne.

Une plus grande auto-identification dans la jeunesse vignette|Une pancarte aux couleurs du drapeau bisexuel, indiquant (« Fière d'être bi/moi-même »), à la Marche des fiertés de Paris, en 2021.Selon une étude de l'Ined de 2025, entre 2015 et 2023 le nombre de jeunes adultes se définissant comme étant bisexuels () et pansexuels (attirés par des personnes ) est multiplié par six.

Il ne s'agit pas d'un phénomène uniquement français ; des études ont prouvé dans les années 2010 et 2020 que la bisexualité est davantage revendiquée dans la jeunesse (millenials et plus encore gen Z) au Royaume-Uni, en Suède, aux États-Unis. Associations et militantisme vignette|Banderole de l'association Bi'Cause, première association bisexuelle en France (marche des fiertés de Paris 2021). Dans les années 1960-1970, les premiers militants et militantes bisexuels s'investissent dans des collectifs gays ou lesbiens et ne forment pas de collectif spécifiquement bisexuel ; ainsi, dans les années 2010, .

Un prend forme en France en , puis se structure en association, Bi'Cause, en 1997. La sociologue et anthropologue Catherine Deschamps en est la co-fondatrice. Ses statuts indiquent que cette association se donne pour but de , lutter contre la biphobie, soutenir les bisexuels, informer le grand public sur les thématiques liées à la bisexualité, et contribuer à lutter contre les infections sexuellement transmissibles par de la prévention.

En 2022, le mouvement du Réveil Bi mène à la création d'une dizaine de collectifs à Paris et en région, sous l'impulsion de Floralie Resa et son Manifeste pour un réveil bi.

Références

Annexes

Bibliographie

Articles connexes

Bisexualité, histoire de la bisexualité LGBT en France Mouvement bisexuel : Bi'Cause, Floralie Resa, Camille Teste

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