Michèle Larrouy, née le à Saint-Denis, est une militante féministe et lesbienne, artiste plasticienne et enseignante en arts plastiques française. Elle s'engage dès les années 1970 dans les mouvements féministe et lesbien, en participant notamment au Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC) puis à plusieurs collectifs de lesbiennes radicales. Elle rejoint dans les années les Archives Recherches Cultures Lesbiennes (ARCL), qu'elle préside de à . Elle produit également, tout au long de sa carrière, un travail artistique consacré aux représentations des femmes et des lesbiennes.
Biographie Jeunesse et débuts militants Michèle Larrouy naît le à Saint-Denis, dans une famille ouvrière marquée par une culture politique de gauche. Elle raconte avoir été sensibilisée très jeune à l'engagement politique, notamment par son grand-père, maire adjoint communiste de Saint-Denis durant plusieurs décennies..
Les événements de Mai 1968 constituent une expérience politique déterminante dans sa formation militante. Dès , elle participe à plusieurs mobilisations étudiantes en tant que déléguée dans son lycée d'arts appliqués. À partir de , elle exerce comme enseignante d'arts plastiques, et rejoint simultanément le mouvement d'extrême gauche Révolution, ainsi que différents groupes antimilitaristes.
Elle s'engage dans le féminisme à partir de et participe aux permanences d'information du Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC). Après l'adoption de la loi Veil en , elle poursuit son activité militante autour de la lutte contre les violences faites aux femmes et défend la non-mixité comme outil politique d'organisation féministe : en 1976, elle participe à la fondation du premier groupe de femmes non mixte de Saint-Denis, engagé notamment dans l'accompagnement des femmes victimes de violences conjugales. Elle prend également part aux mobilisations écologistes de la décennie, notamment dans le cadre de la lutte du Larzac.
Engagement lesbien et féministe alt=Sur une scène de théâtre, une robe blanche est posée à l'abandon sur une chaise, avec un ruban rouge. Au pied de la chaise, un panier en osier d'où sort les cheveux roux d'une poupée de chiffon.|vignette|Costume créé par Michèle Larrouy pour le spectacle Contes à rebours de Typhaine D, qui traite de violences sexistes et sexuelles, . À la fin des années 1970, Michèle Larrouy s'investit dans les mouvements lesbiens radicaux. Elle rejoint en le groupe des Lesbiennes de Jussieu, considéré comme l'un des premiers groupes de lesbiennes radicales en France. Elle participe à l'organisation des Rencontres nationales lesbiennes de à Paris : elle réalise l'une des affiches annonçant cet événement, qui est conservée aux Archives Recherches Cultures Lesbiennes... Des entretiens accordés ultérieurement notent qu'elle a joué un rôle actif dans les débats théoriques relatifs au lesbianisme politique et aux rapports entre féminisme et hétérosexualité..
Elle participe ensuite au Front des lesbiennes radicales entre et , puis, au cours des années , elle s'oriente davantage dans un militantisme lesbien tourné vers la culture. Elle cofonde en l'association Saphonie, qui développe des activités variées destinées aux lesbiennes, notamment dans les domaines de la santé, de l'entraide et de la culture.. En collaboration avec le Planning familial, Saphonie contribue à la mise en place de consultations gynécologiques destinées aux lesbiennes et aux femmes bisexuelles. Entre et , l'association publie également La Feuille de consult''', bulletin consacré à la santé lesbienne et à la prévention du VIH.
Michèle Larrouy participe par ailleurs à la création du Festival international du film lesbien et féministe de Paris, .. Avec Nicole Genoux, elle intervient en 1992 dans les dernières tentatives visant à maintenir le festival dans les locaux du cinéma L'Entrepôt, avant la dissolution du collectif fondateur.
Durant les années , elle s'engage dans diverses initiatives associant luttes féministes, lesbiennes, antiracistes et antimilitaristes, dans une démarche de convergence des luttes. Elle participe notamment à des mobilisations contre la guerre du Golfe et la guerre de Bosnie-Herzégovine. Dans ce contexte, elle cosigne avec Claudie Lessellier une analyse établissant une continuité entre les violences sexuelles en temps de guerre et celles commises en temps de paix.. Elle contribue également à la création du Collectif féministe de solidarité avec les sans-papiers en , puis du Réseau pour l'autonomie juridique des femmes immigrées et réfugiées (RAJFIRE) en .
Dans les années et , elle participe avec Danielle Charest et Yvette Claveranne au collectif des Lesbiennes Bulldozer, engagé contre les politiques néolibérales, qui s'allie aux Lesbiennes of Color (LOCs).
Archives et transmission des mémoires lesbiennes À partir des années , Michèle Larrouy est active au sein des Archives Recherches Cultures Lesbiennes (ARCL), centre d'archives parisien consacré à l'histoire des mouvements lesbiens... Elle y assure des fonctions de conservation, de valorisation et de transmission des archives, et préside l'association entre et ..
En , elle participe à l'ouvrage collectif Lesbianisme et féminisme. Histoires politiques, dirigé par Natacha Chetcuti et Claire Michard et présenté lors du Colloque international de la recherche féministe francophone.. Elle codirige ensuite, avec Martine Laroche, l'ouvrage Mouvements de presse des années 1970 à nos jours : luttes féministes et lesbiennes, publié en par les éditions des ARCL.. Cet ouvrage propose un inventaire des journaux, revues et fanzines féministes et lesbiens, et constitue une source de référence pour l'étude de cette presse. Dans ce travail, Michèle Larrouy aborde, entre autres, les questions de représentation des femmes racisées et les critiques féministes du racisme au sein des mouvements féministe et lesbien..
En , lors d'une rencontre organisée à la Maison du Brésil, elle présente le fonctionnement des ARCL et leur rôle dans la préservation de la mémoire des mouvements féministes et lesbiens. En , elle indique que les ARCL occupent une position intermédiaire dans les débats portant sur l'avenir des archives LGBT en France, bénéficiant déjà d'un lieu de conservation à la Maison des femmes de Paris..
Activité artistique Parallèlement à son engagement militant, Michèle Larrouy développe une activité artistique centrée sur la représentation du corps des femmes et des lesbiennes.. Plasticienne féministe, elle réalise des recherches graphiques et plastiques consacrées aux représentations des femmes et des lesbiennes. Son œuvre comprend des gravures, des dessins, des installations et des créations textiles...
Ses productions comptent notamment une représentation d'une Amazone qui s'écarte des normes esthétiques dominantes et interroge les représentations traditionnelles de la féminité. Son travail artistique est également mobilisé dans des projets culturels féministes contemporains, par exemple à travers le prêt d'œuvres pour le spectacle Contes à rebours de Typhaine D. L'historienne Nicole-Claude Mathieu cite également son œuvre Je coupe la toile au cutter'' parmi les productions artistiques féministes critiquant les représentations des femmes dans l'histoire de l'art..
En 2012, elle fonde le festival Elles résistent, consacré à des créations artistiques dénonçant les violences sexistes.
Publications
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Bibliographie
Notes et références
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