La grotte des Jumeaux (en hébreu : מערת התאומים, Mearat HaTeomim ; en arabe : مغارة أم التوأمين, Magharat Umm al-Tawamin) est une grotte karstique située sur la rive nord du nahal Meara (le ruisseau de la grotte), à la périphérie ouest des montagnes de Judée (monts de Jérusalem). Elle se trouve à environ deux kilomètres à l'est du moshav Zanoah, près de la ville de Beit Shemesh.
Gérée par l'Autorité de la nature et des parcs d'Israël, la grotte est fermée aux visiteurs pendant la saison hivernale, du 1er novembre au 31 mars, pour protéger la population de chauves-souris en hibernation.
Origine du nom La grotte doit son nom à une stalagmite dont la forme rappelle celle d'une femme avec ses enfants, ou à une légende locale racontant qu'une femme stérile aurait donné naissance à des jumeaux après avoir bu l'eau du bassin situé au fond de la grotte. Une autre légende attribue ce nom aux fils jumeaux d'un bandit nommé Abdallah, qui auraient trouvé la mort dans la grotte en cherchant un trésor caché par leur père.
Description La grotte des Jumeaux se situe sur la rive nord du nahal Meara, à environ au-dessus du lit du ruisseau. Elle mesure de large et de long. Un grand figuier marque l'entrée du site.
Il s'agit d'une grotte karstique formée par la dissolution de la roche calcaire par l'eau, un processus qui a engendré de nombreuses stalactites et stalagmites. Parmi ces formations, une stalagmite remarquable située au fond de la grotte est appelée la « colonne de Hamdan ». Selon une légende rapportée par le géographe Zev Vilnay, un homme nommé Hamdan voulut prouver sa bravoure en entrant dans la grotte obscure, alors réputée hantée par des démons, pour y planter un piquet. Dans sa précipitation, il planta le piquet à travers sa propre abaya ; se retrouvant bloqué et incapable de bouger, il fut pétrifié par la terreur.
La grotte comprend une grande salle centrale d'une profondeur d'environ vingt mètres. À l'extrémité de celle-ci se trouve un petit bassin artificiel alimenté par une source naturelle. Plusieurs cavités plus petites bifurquent à partir de cette salle.
Écosystème La grotte fait partie d'une réserve naturelle protégée. Elle abrite quatre espèces de chauves-souris : le murin à oreilles échancrées (Myotis emarginatus) et la sérotine commune (Eptesicus serotinus) de la famille des Vespertilionidae, le rhinolophe de Mehely (Rhinolophus mehelyi) ou le petit rhinolophe (Rhinolophus hipposideros) de la famille des Rhinolophidae, ainsi que la roussette d'Égypte (Rousettus aegyptiacus), un chiroptère frugivore de la famille des Pteropodidae.
Découvertes archéologiques La grotte est explorée et cartographiée pour la première fois le 17 octobre 1873 par les archéologues britanniques Claude Reignier Conder et Horatio Herbert Kitchener. Dans les années 1970, Gideon Mann mène de nouvelles recherches sur le site et son puits intérieur pour le compte de la Société pour la protection de la nature en Israël.
En 2009, une étude de la grotte est entreprise par le Centre de recherche sur les grottes de l'Université hébraïque de Jérusalem, en collaboration avec l'Université Bar-Ilan. Les recherches révèlent que le site a servi de grotte de refuge lors de la révolte de Bar Kokhba. Des restes humains attribués aux rebelles, leurs armes ainsi qu'un trésor de pièces de monnaie en or et en argent (dont des dizaines de monnaies de Bar Kokhba) y sont découverts. Il s'agit du plus grand dépôt de pièces de cette période mis au jour lors de fouilles archéologiques officielles et non par des pillards. De plus, une ancienne carrière d'albâtre calcitique, utilisé pour la fabrication d'objets de luxe, est identifiée. La datation par l'uranium-thorium situe l'exploitation de cette carrière à l'âge du bronze moyen.
En 2012, la découverte de nombreuses lampes à huile en argile conduit l'équipe de chercheurs à émettre l'hypothèse de l'existence d'un culte dédié à Déméter, la déesse de l'agriculture dans la mythologie grecque. En raison de l'emplacement de ces lampes, dissimulées profondément dans les fissures de la roche, de leur apparente inutilité pratique et de l'absence d'inscriptions, leur dépôt semble lié à des pratiques rituelles païennes.
Des poignards datant de l'âge du bronze ont également été découverts à proximité de ces lampes de l'époque romaine. Certains chercheurs supposent qu'ils étaient utilisés lors de rituels de nécromancie (évocation des morts). Le puits profond situé à l'extrémité de la grotte était en effet considéré, dans l'Antiquité, comme une porte d'entrée vers les enfers par laquelle les esprits pouvaient remonter.
Références
Liens externes https://web.archive.org/web/20131008060857/http://lisa.biu.ac.il/files/lisa/shared/Teomim-INJ_17-PDF.pdf https://www.timesofisrael.com/possible-portal-to-underworld-discovered-near-beit-shemesh/ (en) « Possible portal to underworld discovered near Beit Shemesh », The Times of Israel, 2023 (lire en ligne).
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