Josse de Courteville, également nommé Josse de Courtewille, Joost van Courteville ou Judocus van Cortewille, né à Belle, nom flamand de Bailleul, dans le premier quart du et mort à Bruxelles en mai 1572, est un administrateur des Pays-Bas habsbourgeois, seigneur de Pollinkhove.

Secrétaire ordinaire du Conseil privé à partir de 1555, puis secrétaire des affaires des Pays-Bas auprès de Philippe II, il accompagne le souverain en Espagne en 1559. Avec Charles de Tisnacq, il assure à la cour du roi le traitement de la correspondance et des dossiers provenant des Pays-Bas. Revenu à Bruxelles en 1567 dans la suite du duc d'Albe, il demeure au service de la monarchie, tout en préconisant une politique de conciliation et en s'opposant à l'instauration du dixième denier.

Origines, famille et seigneurie Josse de Courteville est le fils de Pieter van Cortewille et de Johanna van Correnhuyse. Il épouse Jehanne van den Houtte, fille unique de Pieter van den Houtte, seigneur de Niepkerke — aujourd'hui Nieppe — et bailli d'Ypres. Louise de Cortewille, épouse de Guislain Bulteel, est présentée par Eric Balthau et Graeme Small comme étant probablement leur fille.

Il porte le titre de seigneur de Pollinkhove, dans l'actuelle province de Flandre-Occidentale.

Carrière au service de Philippe II (1555-1567) Le 4 février 1555, Courteville est nommé secrétaire ordinaire du Conseil privé. En novembre de la même année, il devient secrétaire adjoint du Conseil d'État. Le 10 décembre 1556, Philippe II le nomme secrétaire des affaires des Pays-Bas « suivant la personne du roi ». Sa connaissance du castillan lui permet notamment de servir d'interprète auprès du souverain.

Lorsque Philippe II quitte les Pays-Bas en 1559, Courteville l'accompagne en Espagne. Le 21 septembre 1561, il est nommé greffier de l'ordre de la Toison d'or. Il reçoit en 1564 l'habit de l'ordre de Calatrava ; son dossier de réception est conservé dans les archives de l'ordre. L'édition par Pierre François Xavier De Ram de lettres de Viglius adressées à Courteville qualifie en outre ce dernier de commandeur de Villafranca.

Secrétaire des affaires des Pays-Bas à la cour d'Espagne À la cour espagnole, Courteville travaille avec Charles de Tisnacq, garde des sceaux pour les affaires des Pays-Bas. Les deux hommes constituent un petit office chargé de relier la cour du roi au gouvernement de Bruxelles, dispositif que l'historiographie désigne comme le « ministère collatéral ».

Courteville centralise une grande partie de la correspondance en français provenant de la gouvernante générale Marguerite de Parme. Il présente les dépêches au roi, recueille ou prépare les réponses et traite également des questions financières. Courteville et Tisnacq organisent en outre un service régulier de courrier entre les deux cours, d'abord mensuel puis deux fois par mois. Sans siéger au Conseil d'État espagnol, ils ont accès au souverain pour l'expédition des affaires néerlandaises. Liesbeth Geevers voit dans cet office une première étape vers la création, en 1588, d'un Conseil de Flandre à la cour d'Espagne.

En 1565, Courteville et Tisnacq accompagnent la reine Élisabeth de Valois lors de son voyage à Bayonne. Une lettre du secrétaire Gonzalo Pérez les présente alors comme les secrétaires de langue française de la suite royale.

Retour aux Pays-Bas et relations avec le duc d'Albe (1567-1572) En 1567, Courteville revient aux Pays-Bas avec le duc d'Albe, nouveau gouverneur général, et prend en charge sa correspondance en français. Selon Liesbeth Geevers, il exerce également une fonction de secrétaire auprès du Conseil des troubles.

Tout en restant dans l'administration royale, Courteville se démarque de certaines orientations du gouverneur. Il soumet de sa propre initiative un mémoire recommandant une approche conciliatrice afin de rétablir la confiance des sujets des Pays-Bas. Il déconseille aussi au duc d'imposer le dixième denier et propose de le remplacer par le versement d'une somme forfaitaire.

Leurs relations se détériorent. Le 14 juillet 1571, Philippe II constate que la maladie de Courteville rend peu probable son retour à la cour d'Espagne. Dans une lettre du 3 août suivant, le duc d'Albe demande son éloignement des Pays-Bas et lui reproche de se poser en protecteur du pays et de résister au « nouveau gouvernement ». Hortal Muñoz replace ces accusations dans le conflit qui oppose alors le gouverneur aux officiers flamands liés à Viglius.

Écrits et correspondance L'activité écrite connue de Courteville est essentiellement administrative. Il entretient une correspondance avec Marguerite de Parme et avec Viglius. Une série de lettres que ce dernier lui adresse entre 1562 et 1566 a été publiée par Pierre François Xavier De Ram en 1850.

Son mémoire sur la politique à suivre dans les Pays-Bas est intitulé Moyens par où semble que Sa Majesté pourroit mieulx regaigner le cœur des vassaux et subjectz de par deçà, vray remède à l'établissement des affaires.

Charles Piot lui attribue également la Relation du voyage de la reine Isabelle d'Espagne à Bayonne : 9 avril-26 juin 1565, adressée à Viglius et publiée par Louis-Prosper Gachard.

Mort Josse de Courteville meurt à Bruxelles en 1572. La date exacte varie selon les sources : la fiche de l'université de Leyde indique le 12 mars, la notice de la Real Academia de la Historia le 12 mai, tandis que Jean Houssiau et José Eloy Hortal Muñoz retiennent le 20 mai. Le mois de mai, retenu dans le résumé introductif et l'infobox, correspond donc aux datations données par ces trois dernières sources.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie Études

Sources publiées

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