Ferdinand Barbedienne, né le à Saint-Martin-de-Fresnay et mort le à Paris, est un industriel français, connu pour sa fonderie de bronze d'art.

Biographie

Fils d’un modeste cultivateur normand, Ferdinand Barbedienne réalise une première fortune dans une affaire de papiers peints installée au 24 et 26, rue Notre-Dame-des-Victoires à Paris. En 1836, l'ingénieur, mécanicien et outilleur Achille Collas (1795-1859) invente un procédé mécanique de réduction de sculptures en ronde-bosse, en améliorant le pantographe des sculpteurs, dont il dépose le brevet en 1837Agnès Bracquemond - sculpture - Les procédés de reproduction, sur le site academieart-meudon.fr, consulté le .Musée du Conservatoire National des Arts et Métiers : Tour à réduire les portraits par Achille Collas, sur le site cnum.cnam.fr, consulté le ..

Ferdinand Barbedienne s'associe avec Achille Collas en 1838, en fondant la Société A. Collas & Barbedienne, pour la production et la commercialisation de copies réduites de sculptures en utilisant divers matériaux, tels que l'albâtre, le bois, le bronze, l'ivoire ou la stéatite. Ils reproduisent, en bronze et en réduction, un grand nombre d'œuvres sculptées, conservées dans des musées européens, destinées à orner les intérieurs modernes. De plus, ils mirent au point de nouveaux procédés chimiques pour patiner les bronzes.

Ils présentent une réduction de la Vénus de Milo à l'Exposition nationale de 1839, ce qui leur vaut une médaille d'argent. L'idée fondamentale de Ferdinand Barbedienne est la démocratisation de l'art, en rendant financièrement accessibles des reproductions fidèles de chefs-d'œuvre. Les thèmes choisis sont souvent allégoriques et puisent largement dans le répertoire antique. Il est alors qualifié de Christie's - A French patinated bronze statue of Venus de Milo, sur le site christies.com, consulté le ..

Sous contrat d'éditionGilles Perrault, L'œuvre originale et la sculpture d'édition, sur le site gillesperrault.com, consulté le . avec les artistes, posant ainsi les bases juridiques d'une nouvelle industrieFondeurs de France - Code de déontologie 2005, sur le site fondeursdefrance.org, consulté le .Legifrance - Décret du , sur le site legifrance.gouv.fr, consulté le 21 février 2015., Ferdinand Barbedienne reproduit les œuvres de sculpteurs contemporains comme François Rude en 1843, Carrier-Belleuse, Barye, Barye le fils, Émile-Coriolan Guillemin, Emmanuel Frémiet, Gardet, Jacquemart, Louis Albert-Lefeuvre, Pierre-Jules Mêne, Charles Valton, Henri Chapu, Fabio Stecchi ou Eugène Aizelin, et crée de très nombreux modèles de bronze d’ameublement, des émaux champlevés Christie's - Vase d'ornement en bronze doré et émail champlevé,sur le site christies, consulté le ., ou émaux cloisonnés, en collaboration avec l'émailleur Alfred-Paul-Louis Serre (1837-1906), hauts et bas-reliefs en bois

Le procédé de duplication Collas - Barbedienne est perfectionné dans une machine à copier d'un seul bloc, qui leur permet d'obtenir une nouvelle médaille d'argent à l'Exposition nationale de 1844, à ParisChristian Lavigne, Cybersculpture : Matériaux, procédés et histoire de la sculpture à l'ère numérique (voir paragraphe « Achille Collas », ), sur le site christianlavigne.free.fr, consulté le . Reductions and enlargements, sur le site cantorfoundation.org, consulté le .. L’idée de Barbedienne est de démocratiser l’art pour le rendre accessible, tout en étant conforme dans la reproduction de l’œuvre. Cette invention lui permet de commercialiser en plus grande quantité les œuvres de sculpteurs comme, entre autres, Paul Dubois ou Antonin Mercié..

La société envoie quelques pièces à l'Exposition universelle de 1851 à Londres, où elle reçoit une médaille spéciale pour sa reproduction en demi-taille de la porte principale, créée par Lorenzo Ghiberti, pour le baptistère Saint-Jean de Florence Edinburgh University Library, Achille Collas (1795-1859), sur le site walterscott.lib.ed.ac.uk, consulté le .. Par la suite, Achille Collas reçoit la grande médaille d'honneur à l'Exposition universelle de 1855 à Paris From Leonardo da Vinci to Joseph-Honoré Dalloz, sur le site tobaccopipeartistory.blogspot.fr, consulté le ..

À partir de 1855, le célèbre ornemaniste Louis-Constant Sévin (1821-1888) entre dans la société en qualité de sculpteur ornemaniste. À la mort d'Achille Collas, en 1859, Ferdinand Barbedienne devient seul propriétaire de la fonderie, qui compte alors employés. En 1865, il devient président du comité des industries du bronze, poste qu'il conserva jusqu'en 1885« Barbedienne », in Glossaire des fondeurs-éditeurs français de sculptures en bronze, sur le site artcult.fr, consulté le ..

Lors de la guerre franco-allemande de 1870, et à cause de la pénurie de métaux bruts, il doit cesser son activité de fondeur d'art. Cependant, l'activité de l'atelier perdure grâce à une commande de canons pour le ministère de la Défense nationale. L'activité reprend une fois la guerre terminée et une grande partie de la production est destinée à l'exportation. Plus de pièces sont produites chaque année. La qualité de la fonte, de la ciselure et de la patine, propres à la technique de Barbedienne, ont fait que la signature du fondeur a progressivement gagné en importance. Il est promu au grade de commandeur de la Légion d'honneur le .

En 1878, la société présente une horloge monumentale de style néo-Renaissance, ornée d'émaux d'Alfred Serre, à l'Exposition universelle de 1878 à Paris, qui lui vaut une médaille d'or.

En 1879, Ferdinand Barbedienne acquiert modèles de coulée à la vente successorale d'Antoine-Louis BaryeLes frères Goncourt, Antoine-Louis Barye, sur le site freres-goncourt.fr, consulté le ., ce qui lui permet de consacrer un catalogue entier à ses œuvresÉlisabeth Lebon, Dictionnaire des fondeurs de bronze d’art, France 1890-1950, Perth, Marjon éditions, 2003..

En 1889, le catalogue compte sujets déclinés en plusieurs dimensions, créés par 45 sculpteurs différents, dont une bonne moitié de contemporains à succèsINHA, Barbedienne Ferdinand, sur le site inha.revues.org, consulté le .. Cette même année, il coule, pour la première fois, une réduction de la Vénus de Milo en aluminium, métal dont la production à l'échelle industrielle prend alors son essor.

À l'Exposition universelle de Paris de 1889, à Paris, la maison Barbedienne présente de nouveau un grand nombre de ses compositions, dont la grande horloge néo-Renaissance de 1878Ferdinand Barbedienne, sur le site marcmaison.fr, consulté le .. Cette horloge a fait partie de la succession Leblanc-Barbedienne et a été donnée, par ses héritiers, à la ville de Paris, et est conservée à l'hôtel de villeArchives Nationales, Papiers personnels de Ferdinand Barbedienne, sur le site siv.archives-nationales.culture.gouv.fr, consulté le ..

À la mort de Ferdinand Barbedienne, le à Paris, l'entreprise compte plus de salariés. Il est inhumé le à Paris au cimetière du Père-Lachaise ().

Son monument funéraire est orné de son buste réalisé par Henri Chapu, et de trois statues allégoriques, œuvres d'Alfred Boucher. Sa sépulture est inaugurée le , en présence de nombreuses personnalités du monde artistique. Un discours faisant l'éloge du défunt est prononcé par le professeur Eugène Guillaume, sculpteur, et directeur de l'Académie de France à Rome.

Postérité vignette|redresse|L'hôtel Leblanc-Barbedienne, 63, rue de Lancry à Paris (classé monument historique le ). N'ayant pas eu d'enfant, c'est son neveu et successeur, Gustave Leblanc-Barbedienne, qui développe la fonderie en se spécialisant dans les bronzes monumentaux. En , un décret présidentiel pris par Sadi Carnot autorise en effet Gustave Leblanc à s'appeler désormais Gustave Leblanc-Barbedienne. Les ateliers et salons d'exposition se trouvaient 63 rue de Lancry dans le de ParisHistoire et vies du - La maison Barbedienne, sur le site hv10.org, consulté le ..

Il signe un contrat avec Auguste Rodin, assurant à la compagnie l'exclusivité de Printemps éternel et du Baiser pour vingt ans. En , il réalise la fonte des premières épreuves du groupe des Bourgeois de Calais.

Le nombre d'œuvres de toutes dimensions sorties des ateliers Barbedienne est très important, mais d'une qualité toujours exceptionnelle.Son principal concurrent, le fondeur Albert Susse dira de Ferdinand Barbedienne, qu'il cherchait la plus haute qualité dans ses moulages, et qu'il était la et qu'il .

Fernand Thesmar fit ses premières pièces dans son atelier.

L'activité à l'exportation de la fonderie, est renforcée par l'ouverture d'une succursale à Berlin en 1913, tandis que des concessionnaires assurent la diffusion en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Après la guerre de 1914-1918, pendant laquelle les ateliers sont en partie détruits par la Grosse Bertha lors des bombardements de Paris, l'entreprise réalisera d'innombrables monuments commémoratifsUniversité de Lille, Les monuments aux morts, sur le site monumentsmorts.univ-lille3.fr, consulté le 5 février 2015. et signera la production posthume des bustes de Daumier de 1929 à 1952.

Le changement progressif du goût du public entraînera une baisse lente mais inéluctable de la production, et la maison Barbedienne arrêtera définitivement son activité le .

Sa sépulture

Références dans la culture Marcel Proust le mentionne dans À la recherche du temps perdu dans le tome La prisonnière. Raymond Queneau, dans son roman Un rude hiver (1939), mentionne le fondeur au chapitre XI : Jean-Paul Sartre, dans sa pièce de théâtre Huis clos (1944), mentionne un dans la description du décor représentant l'enfer : un salon Second Empire. Michel Audiard le mentionne dans son film Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. Patrick Modiano, dans son roman les Boulevards de ceinture (1972) écrit : (folio, n 1033, page 146, première ligne). Sarah Bernhardt raconte, dans ses Mémoires, que, lorsqu'elle fut admise au Conservatoire de musique et de déclamation, pour la récompenser, le vieil ami de la famille lui proposa de l'emmener chez Barbedienne afin de choisir une pendule pour sa chambre.

Bibliographie Publications Alfred de Champeaux, Dictionnaire des fondeurs, ciseleurs, modeleurs en bronze et doreurs depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque actuelle, Paris, Rouam, Londres, Gilbert et Cie, 1886, vol. I (A - C), (Barbedienne, ), Catherine Chevillot, « Les Stands industriels d’édition de sculptures à l’Exposition universelle de 1889 : l’exemple de Barbedienne », La Revue de l’Art, 1992, , Catherine Chevillot, Les Stands industriels d’édition de sculptures à l’Exposition universelle de 1889 : l’exemple de Barbedienne, , sur le site persee.fr, consulté le 5 février 2015.Catherine Chevillot à la Bibliothèque Nationale de France, sur le site data.bnf.fr, consulté le .. Élisabeth Lebon, Dictionnaire des fondeurs de bronze d’art, France 1890-1950, Perth, Marjon éditions, 2003Élisabeth Lebon à la Bibliothèque Nationale de France, sur le site data.bnf.fr, consulté le .. Bernard Metman, « La Petite Sculpture au . Répertoire », [Documents sur la sculpture française et répertoire des fondeurs du ], Archives de l’art français (Société d’Histoire de l’Art français), 1989, , Florence Rionnet, « Barbedienne ou la fortune de la sculpture au », Bulletin de la Société de l’Histoire de l’Art français, année 2001, 2002, Florence Rionnet à la Bibliothèque Nationale de France, sur le site data.bnf.fr, consulté le .. Florence Rionnet, La Maison Barbedienne. Correspondances d’artistes, Paris, CTHS, Collection « format » , 2008 cths.fr.. .

Archives Les papiers personnels de Ferdinand Barbedienne sont conservés aux Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine, sous la cote 368APNotice des Archives nationales.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Alfred Barye

Liens externes

Ferdinand Barbedienne dans la Base Joconde. Société Collas et Barbedienne à la Bibliothèque Nationale de France.