Danièle Iancu, également connue sous les noms de Danièle Agou ou de Danièle Iancu-Agou, née en 1945 en Algérie française, est une historienne médiéviste française, spécialiste du judaïsme provençal.
Biographie Formation et carrière Danièle Agou est née en 1945 en Algérie française.. Elle passe son enfance au sein de la communauté juive de Djelfa, ville située à environ au sud d'Alger..
Elle suit des études d'histoire à l'université d'Aix-en-Provence. Elle soutient son doctorat de troisième cycle en 1976, sur l'expulsion des juifs de Provence médiévale et son doctorat d'État en 1995 sur les juifs et les néophytes en Provence médiévale.. Elle épouse Carol Iancu.
Elle effectue sa carrière au CNRS, où elle entre comme attachée de recherches en 1980, avant d'être chargée de recherches en 1982 et finalement directrice de recherches en 2002. À partir de cette date, succédant à Gérard Nahon, elle dirige le centre de recherches de la Nouvelle Gallia Judaica et la collection correspondante aux éditions du Cerf.. Elle est directeur de recherches émérite de 2010 à 2020.
Historienne du judaïsme provençal Danièle Iancu a mené son mémoire de maîtrise, sa thèse de troisième cycle et sa thèse d'État sous la direction de Georges Duby, qui, à l'université d'Aix-en-Provence a dirigé différents travaux sur l'histoire des juifs provençaux : outre ceux de Danièle Iancu, ceux de Joseph Shatzmiller, de Fred Menkès, de Lucette Sportouch-Bénichou et de Monique Boulet-Wernham. Danièle Iancu a affirmé elle-même sa reconnaissance et son attachement envers lui : .
En 1981, Danièle Iancu publie sa thèse de troisième cycle, sous le titre Les Juifs en Provence (1475-1501). De l'insertion à l'expulsion. Dans cet ouvrage, elle dresse la liste précise des 358 juifs rencontrés dans les actes notariaux en Provence à la fin du , dépeint la communauté à laquelle ils appartiennent et leur vie quotidienne et s'interroge sur les expulsions qu'ils subissent par les édits promulgués de 1493 à 1501. En 1998, elle publie un petit livre sur la vie des juifs en Provence au , leurs activités économiques et la dégradation des conditions qui leur sont imposées, jusqu'à l'expulsion.
En 2001, elle publie sa thèse d'État, sous le titre Juifs et néophytes en Provence. L'exemple d'Aix à travers le destin de Régine Abram de Draguignan (1469-1525). L'ouvrage est à la fois un essai biographique d'une femme juive de Draguignan, Régine Abram devenue Catherine et une prosopographie de la société juive provençale à la fin du et au début du . Il montre l'importance des conversions et l'intégration des néophytes dans la société, dans un contexte d'émeutes anti-juives et d'expulsions. Elle revient en 2017 dans un autre ouvrage sur la destinée de Régine-Catherine Abram, examinant aussi plus précisément l'itinéraire de son premier mari, Bonet de Lattes.
Elle publie en 2010 un dictionnaire des quartiers juifs des villes provençales aux , qui reprend et complète une première étude qu'elle avait publiée en 1974. Elle y décrit une soixantaine de quartiers juifs, détaillant leurs différents bâtiments communautaires, l'aménagement de ces quartiers, leur évolution, leur population, les conversions et les néophytes. En 2025, elle fait paraître un ouvrage qui éclaire les origines juives provençales de la famille de Nostradamus. Historienne du judaïsme méditerranéen Danièle Iancu élargit son champ d'étude en publiant en 1998, avec son mari Carol Iancu, une histoire des juifs du Midi méditerranéen, en Languedoc et en Provence. Elle écrit la partie consacrée au Moyen Âge, tandis que Carol Iancu signe la partie d'histoire moderne et contemporaine. En 2004, elle organise un colloque sur les juifs andalous persécutés par les Almohades et réfugiés en Languedoc dans les années 1140, les Ibn Tibbon et Moïse Maïmonide. Elle dirige ensuite un volume réunissant des études consacrées aux expulsions des juifs de Provence, d'Espagne et des États italiens aux ().
En 2010, elle dirige la publication des communications du séminaire tenu à Montpellier en 2005-2006. Ce volume réunit neufs articles de prosopographie de juifs méditerranéens, de la Catalogne à la Provence. En 2006, le anniversaire de l'expulsion des juifs du royaume de France par Philippe le Bel est l'occasion de réunir à Montpellier un colloque sur ce sujet. Danièle Iancu en publie les actes en 2012. La même année, elle édite avec son mari les Mélanges publiés en l'honneur de Gérard Nahon. Les communications de son séminaire de 2011-2012 sur les médecins et intellectuels juifs de l'Europe méditerranéenne aux paraissent en 2016. En 2022, elle publie avec Michaël Iancu un nouveau dictionnaire topographique, consacré aux quartiers juifs du Languedoc médiéval.
Publications principales Ouvrages personnels ... .. ..... .. ..... ..
Ouvrages collectifs ...... .... ..... ...... .... .. ... ..
Distinctions Prix Arbaud 2002 de l'Académie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres d'Aix-en-Provence pour Juifs et néophytes en Provence. Membre correspondant de l'Académie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres d'Aix-en-Provence (2002). Membre l'Académie des sciences et lettres de Montpellier (2013).
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Carol Iancu Histoire des Juifs en Provence et au Languedoc Liens externes
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