Les relations entre le Japon et la Palestine débutent dès les et portent l'empreinte de l'influence des États-Unis d'Amérique sur le Japon, qui n'a toujours pas reconnu la Palestine comme État, se limitant à reconnaître l'Autorité palestinienne. Les deux pays ont des relations amicales.
Histoire
De 1952 à 1973 : aide humanitaire limitée
Quand le nettoyage ethnique de la Palestine se produit, le Japon est encore occupé par les Alliés et ne recouvre sa souveraineté qu'en 1952. La politique japonaise est alors en pleine reconfiguration, et très peu d'intérêt est porté à la guerre de Palestine. Seuls les chrétiens, minoritaires, voient favorablement la création d'IsraëlHiroyuki Suzuki, « Japan and the Palestine Question. A Policy still Subordinate to the US », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 21 juin 2026..
Le Japon ne répond pas à la demande de financement de l'UNRWA émise par l'ONU en janvier 1952, mais y répond en revanche dès 1953, dans un geste voulu symbolique (une somme de ) à l'égard du monde arabe afin de s'intégrer dans le jeu diplomatique mondial. S'il reconnaît Israël (les rapports restant néanmoins limités), le monde arabe n'offre que peu d'intérêt pour le Japon, hormis pour le pétrole.
De 1972 aux années 1990
L'histoire commune des deux pays est marquée par le massacre de l'aéroport de Lod commis par trois membres de l'Armée rouge japonaise en coordination avec le Front populaire de libération de la Palestine, qui fait 26 morts et 80 blessés en mai 197226 Killed in Lod Airport Massacre | CIE. Cet événement souligne la dimension internationale de la question palestinienne.
En octobre 1973, le premier choc pétrolier change tout. Le Japon est extrêmement dépendant du pétrole, et la hausse des prix etrangle son économie. Dès novembre, une mission diplomatique est envoyée dans les pays arabes pour faire connaître les nouvelles positions du gouvernement japonais : reconnaissance du droit du peuple palestinien à l'autodétermination et soutien à la résolution 242. Dès 1974, la contribution du Japon à l'UNRWA passe à cinq millions de dollars.
Un bureau de l'organisation de libération de la Palestine (OLP) est ouvert à Tokyo en février 1977Japan-Palestine Relations (Basic Data) par , cofondateur de l'OLP, en lien avec des membres du parti libéral-démocrate. Plusieurs autres responsables de l'OLP se rendent au Japon dans ces années.
Le bureau de l'OLP est actif en direction de plusieurs secteurs de la société japonaise, notamment les intellectuels. Il publie le magazineFirasutin Biraadi d'octobre 1979 à septembre 1983. Une ligue parlementaire pour l'amitié entre le Japon et la Palestine est créée en juin 1979, qui rend possible la première visite de Yasser Arafat. Le président de l'OLP se rend en visite officielle au Japon en 1981Japan Uneasily Welcomes Arafat on Visit Set before Sadat's Death - The Washington Post puis quatre autre fois de 1996 à 2000.
Les massacres de Sabra et Chatila ont un grand retentissement au Japon. Le tribunal permanent des peuples de 1983 se tient à Tokyo, sur le thème de l'agression israélienne au Liban. Jusqu'aux accords d'Oslo (1993), le Japon soutient la solution à deux États.
Le Premier ministre du Japon Tomiichi Murayama (parti socialiste) se rend en Palestine pour la première visite officielle d'un dirigeant japonais en 1995.
Après les accords d'Oslo
L'évolution générale du contexte diplomatique dans les années 1990 pousse le Japon à subir davantage les pressions des États-Unis, notamment sur la question palestinienne. La non-reconnaissance de la Palestine comme État en fait partie. Il cherche néanmoins à maintenir le dialogue entre Israël et les Palestiniens.
Il continue de financer l'aide à la Palestine, par plusieurs biais : l'Agence de coopération internationale du Japon (JICA), l'UNRWA, le programme de développement des Nations unies (UNDP), au sein duquel le Japon a créé le Fonds de développement pour la Palestine en 1988 pour soutenir la création d'institutions, le développement d'infrastructures et l'amélioration des ressources humaines . Les ONG japonaises sont également très impliquées dans le soutien à la Palestine. Le Japon a également financé la construction de l'aéroport de Gaza.
En octobre 2001, l'ancien Premier ministre Ryutaro Hashimoto refuse de relier directement le terrorisme international et la lutte du peuple palestinien pour ses droits légitimes et appelle Israël à appliquer les résolutions internationales pour faire avancer le processus de paix.
Mahmoud Abbas était invité à la de Naruhito le 22 octobre 2019. Abbas rencontre Shinzo Abe au palais d'Akasaka la veille de la cérémonie令和元年10月21日 即位礼正殿の儀参列者との二国間会談等(1) | 令和元年 | 総理の一日 | ニュース | 首相官邸ホームページ (Japanese).
Depuis le génocide de Gaza
La guerre de Gasa freine considérablement le rapprochement nippo-israélien. Le Japon exige la libération des otages enlevés le 7 octobre, et un cessez-le-feu immédiat. De plus, s'appuyant sur le droit international qui considère comme illégale la colonisation israélienne en Cisjordanie, le gouvernement japonais prend des sanctions contre quatre colons israéliens en juillet 2024.
En septembre 2025, le Japon ne reconnaît pas l'État palestinien, probablement à cause des pressions des États-Unis.
Soutien du Japon à la Palestine Le Japon est un important financeur de l'aide aux Palestiniens. De 1993 à 2002, le total de l'aide japonaise a atteint 630 millions de dollars, soit une moyenne annuelle de 85 millions versée à l'UNRWA, au Programme des Nations unies pour le développement et à l'UNICEF.
Dans le cadre de ses efforts pour la paix, pour construire une relation de confiance entre Israël et la Palestine et pour aider le développement économique palestinien, le gouvernement Junichiro Koizumi cofinance le parc agro-industriel de Jéricho avec l'Autorité palestinienne, Israël et la Jordanie en 2006. Le Japon fonde aussi en 2013 la Conférence de coopération des pays d'Asie de l'Est pour le développement de la Palestine. À la même époque, il signe des accords commerciaux avec Israël.
Début juillet 2023, l'armée israélienne commet des attaques répétées contre le camp de réfugiés de Jénine, blessant et tuant des Palestiniens innocents et détruisant leurs foyersNine Palestinians killed as Israel attacks Jenin refugee camp | Israel-Palestine conflict News | Al Jazeera. Un mois plus tard, le gouvernement japonais décide d'une aide exceptionnelle d'un million de dollars à l'UNRWA en faveur du camp de JénineEmergency Grant Aid for Humanitarian Assistance in the Jenin Refugee Camp in Palestine | Ministry of Foreign Affairs of Japan.
Le 5 août 2025, une déclaration de Koichi Takemasa et Katsuya Okada sur le site officiel du parti démocrate constitutionnel estime qu'il faut reconnaître la Palestine comme État indépendant afin de pousser Israël à un cessez-le-feu immédiat, à accepter l'aide humanitaire à la Palestine sans restriction et pour face à la guerre de Gaza.
Voir aussi
Articles connexes
Politique étrangère du Japon Diplomatie palestinienne
Liens externes
Representative Office of Japan to Palestine General Mission of Palestine in Japan Japan Archives - Question of Palestine
Notes
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