Le procès Martinez Zogo encore dit procès de l'assassinat de Martinez Zogo est une procédure judiciaire ouverte devant le tribunal militaire de Yaoundé, au Cameroun, après l'enlèvement, la torture et la mort du journaliste et animateur radio Martinez Zogo en janvier 2023.
Contexte
Martinez Zogo, de son vrai nom Arsène Salomon Mbani Zogo, est journaliste et directeur de la radio privée Amplitude FM à Yaoundé. Il anime l'émission Embouteillages, dans laquelle il dénonce des faits présumés de corruption et de détournement de fonds publics.
Le journaliste disparaît le à Yaoundé. Son corps est retrouvé le près de Soa, dans la périphérie de la capitale camerounaise. Des organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse dénoncent alors un assassinat et demandent une enquête indépendante et transparente.
Enquête judiciaire
Après la découverte du corps de Martinez Zogo, plusieurs arrestations sont annoncées au Cameroun. Parmi les personnes interpellées figurent des membres de la Direction générale de la Recherche extérieure et l'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga.
En mars 2024, la presse internationale indique que le tribunal militaire de Yaoundé a renvoyé dix-sept personnes devant la juridiction dans le dossier. Parmi elles figurent l'ancien chef de la DGRE, Léopold Maxime Eko Eko, le lieutenant-colonel Justin Danwe, ancien responsable des opérations de la DGRE, et Jean-Pierre Amougou Belinga. Les qualifications retenues dans le dossier portent sur des faits liés à l'arrestation, à la séquestration, à la torture ou à l'assassinat du journaliste, selon les personnes mises en cause.
Le Comité pour la protection des journalistes indique en mars 2024 que des documents judiciaires font état d'une surveillance de Martinez Zogo par le contre-espionnage camerounais avant son assassinat.
Ouverture du procès
Le procès s'ouvre formellement en mars 2024 devant le tribunal militaire de Yaoundé. Les premières audiences sont marquées par des débats de procédure et par plusieurs renvois.
Les accusés restent présumés innocents tant qu'aucune décision définitive n'est rendue par la juridiction compétente. Le traitement médiatique de l'affaire est suivi par plusieurs organisations internationales de défense de la liberté de la presse, qui demandent que les responsabilités soient établies par une procédure équitable et transparente.
Déroulement des audiences
En 2026, les audiences se poursuivent devant le tribunal militaire de Yaoundé. Selon TV5 Monde, les débats sur le fond commencent après l'ouverture formelle du procès en 2024.
Lors d'une audience tenue en juin 2026, des images présentées comme montrant les tortures subies par Martinez Zogo sont diffusées au tribunal. Cette diffusion provoque une forte émotion dans la salle d'audience et relance les débats sur les circonstances exactes de la mort du journaliste.
Enjeux
Le procès est suivi au Cameroun et à l'étranger en raison de la notoriété de Martinez Zogo, du rôle présumé de membres des services de renseignement et des questions qu'il soulève sur la sécurité des journalistes dans le pays.
Pour les organisations de défense de la liberté de la presse, l'affaire s'inscrit dans un contexte plus large de risques pour les journalistes au Cameroun, en particulier pour ceux qui enquêtent sur la corruption ou les abus de pouvoir.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Martinez Zogo Jean-Pierre Amougou Belinga Léopold Maxime Eko Eko Direction générale de la Recherche extérieure Tribunal militaire Liberté de la presse Droits de l'homme au Cameroun
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