Les Espaces d'Égalité sont un réseau de centres municipaux de la Mairie de Madrid (Espagne), orientés vers la promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes, l'autonomisation des femmes et la prévention de la violence machiste. Avec l'objectif d'avoir une ressource d'égalité dans chaque arrondissement, le réseau a été créé en 2005 avec un premier espace dans l'arrondissement de Chamberí et comprend maintenant 18 centres.

Histoire

Antécédents Les Espaces d'Égalité s'inscrivent dans les politiques publiques d'égalité, qui visent à ce qu'hommes et femmes jouissent des mêmes droits et des mêmes chances. En Espagne, une première avancée a eu lieu dans ce domaine sous la République, brutalement close après la guerre d'Espagne (1936-1939) et l'arrivée au pouvoir des nationalistes. Il faut attendre la Transition démocratique pour voir le premier jalon d'une nouvelle démarche, après la dictature franquiste, des politiques d'égalité, avec la création de l'Institut des Femmes en 1983. Cette décennie a vu des avancées législatives, comme la Loi sur le Divorce de 1981 ou la Loi Organique 9/1985 qui a dépénalisé l'interruption volontaire de grossesse dans trois cas. En même temps, se produit un lent progrès social lié à l'égalité dans l'éducation, la politique, le travail ou la sexualité, entre autres aspects.

En 1995, la IVe Conférence Mondiale sur la Femme, convoquée par l'Organisation des Nations unies et célébrée à Pékin, a constitué un point d'inflexion dans l'impulsion des politiques publiques d'égalité au niveau international. Le résultat de la rencontre, la Déclaration et Plate-forme d'Action de Pékin, fut un programme pour l'autonomisation des femmes qui a appelé les 189 pays du monde qui l'ont signé à promouvoir des lois et politiques pour favoriser l'égalité. En Espagne, a été promulguée entre autres la Loi 39/1999 de Conciliation de la Vie privée et professionnelle, qui a introduit des mesures telles que les congés de maternité et paternité et, un an seulement avant la création des espaces d'égalité, en 2004, l'approbation de la Loi Intégrale contre la violence de genre a été spécialement significative (Loi Organique 1/2004, du 28 décembre, de Mesures de Protection Intégrale contre la Violence de Genre).

Les Espaces d'Égalité de Madrid comme politique municipale d'Égalité vignette|Espace d'Égalité Berta Cáceres. vignette|Espace d'Égalité Hermanas Mirabal. Dans la ville de Madrid les politiques municipales d'égalité ont vu le jour à la fin des années quatre-vingt-dix et ont donné lieu au Ier Plan d'Égalité des Chances (2000–2004), approuvé pendant le mandat de José María Álvarez del Manzano et qui a constitué le cadre dans lequel ont été créées ces ressources. Les premiers ont été inaugurés en 2005, le maire de Madrid étant alors Alberto Ruiz-Gallardón, sous l'appellation de "Centres d'Attention Intégrale à la Femme" et ce n'est qu'en 2011, avec une nouvelle stratégie orientée vers la promotion de la participation et de l'autonomisation des femmes, qu'ils prendront le nom d'"Espaces d'Égalité".

Sous le mandat de Manuela Carmena, entre 2015 et 2019, 8 centres ont été ouverts et quatre autres ont été planifiés, et inaugurés sous le mandat de José Luis Martínez-Almeida. La ville a obtenu alors une quasi-totale couverture des arrondissements.

En 2025, la mairie de Madrid a présenté la Stratégie d'Égalité 2025–2028, qui prévoyait d'unifier les Espaces d'Égalité et les dispositifs d'attention aux victimes de violence de genre en des "Centres Intégraux d'Attention à la Femme" (CIAM), un par arrondissement, pour 2027. La mairie a informé qu'elle commencerait par l'arrondissement de Puente de Vallecas, puis celui de Salamanque, où il n'y a pas d'Espaces d'Égalité.

Controverse L'annonce de la création des CIAM en 2025 a suscité des critiques de la part de l'opposition, des travailleuses de ces centres et de leurs usagères, craignant un changement d'un modèle communautaire à un autre plutôt d'assistanat qui pouvait impliquer, entre autres questions, la perte des activités de sensibilisation, orientées vers la prévention. Le principal questionnement était que si les centres s'orientaient exclusivement vers l'attention à la violence de genre, il y avait un risque que disparaisse l'accompagnement des femmes au-delà des situations de violence ainsi que la participation à des réseaux communautaires de soutien et la promotion de l'égalité réelle. A cette préoccupation s'ajoutait la possible disparition du travail avec des hommes, des jeunes et des associations des quartiers.

Face à cela, le gouvernement municipal a argumenté qu'il ne s'agissait pas d'un démantèlement, ainsi que le dénonçaient ces positions critiques, mais d'une adaptation des ressources, en renforçant celles déjà existantes. Il assure que son intention n'est pas de réduire mais de fortifier, en les unifiant, les trois Points Municipaux de l'Observatoire Régional de Violence de Genre (PMORVG), les deux Centres d'Attention Psycho-socio-éducative (CAMPSEM) et les Espaces d'Égalité, en évitant ainsi des déplacements excessifs des femmes. Le premier Centre Intégral d'Attention à la Femme ouvrira en octobre 2026 à Puente de Vallecas.

Services Les Espaces d'Égalité offrent une attention individuelle et de groupe, des ateliers de sensibilisation et d'autonomisation, un soutien juridique et psychologique, une orientation professionnelle et des activités communautaires. Ils sont des lieux d'accueil et de rencontre pour les habitantes des quartiers qui offrent des activités exclusivement dédiées aux femmes, d'autres mixtes et aussi des propositions orientées spécifiquement vers les hommes, toutes tendant à atteindre l'égalité. Leurs équipes sont formées par une coordinatrice, une avocate, une ou deux psychologues, une ou deux techniciennes en dynamisation sociale, une spécialiste de l'orientation professionnelle et une ou deux administratrices. En 2024 un nouveau service a été ajouté à certains des espaces d'égalité, un espace de récréation pour que les femmes qui sont mères puissent participer aux activités en laissant leurs enfants au soin d'une professionnelle.

À ces services gratuits et d'accès libre ont recours, entre attentions individuelles et activités de groupe, plus de 100 000 personnes par an, majoritairement des femmes, selon des données de 2024. vignette|Cérémonie d'hommage à Elena Arnedo dans l'Espace d'Égalité qui porte son nom.

Liste des Espaces d'Égalité Chaque espace d'égalité porte le nom d'une femme, ou d'un groupe de femmes, d'importance historique, en forme de reconnaissance, et se trouve dans l'un des 21 arrondissements de Madrid. Les seules exceptions sont Villaverde où se trouvent deux espaces, et deux arrondissements, Pont de Vallecas et Salamanque, qui n'en ont aucun.

Les noms et emplacements des 18 centres sont:

María Zambrano, dans l'arrondissement de Chamberí. Clara Campoamor, dans l'arrondissement de Villaverde. Dulce Chacón, aussi dans l'arrondissement de Villaverde. Lourdes Hernández Osorno, dans l'arrondissement de Carabanchel. Sœurs Mirabal, dans l'arrondissement de Tetuán. María Telo, dans l'arrondissement de Moratalaz.

Juana Doña, dans l'arrondissement de Arganzuela. Gloria Fortes, dans l'arrondissement de Vicálvaro. Elena Arnedo, dans l'arrondissement de Retiro. Lucrecia Pérez, dans l'arrondissement de Fuencarral-El Pardo. Berta Cáceres, dans l'arrondissement de Usera. Nieves Torres, dans l'arrondissement de Chamartín. Carme Chacón, dans l'arrondissement de Hortaleza. Lucía Sánchez Saornil, dans l'arrondissement de San Blas-Canillejas. Emilia Pardo Bazán, dans l'arrondissement de Ciudad Lineal. Ana Orantes, dans l'arrondissement de Barajas. María Moliner, dans l'arrondissement de Villa de Vallecas. María de Maeztu, dans l'arrondissement de Latina.

Références

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