Shmuel HaNavi (en ) est un quartier de Jérusalem, en Israël. Il est situé dans la partie nord du centre de la ville. Le quartier porte le nom de Samuel le prophète, appelé Shmuel HaNavi en hébreu. Le quartier est bordé notamment par Beit Yisrael, le quartier des Boukhariotes, Sanhédria, Ramat Eshkol, Maalot Dafna et le cimetière de Sanhédria.
Histoire
Avant la guerre des Six Jours Le quartier est construit à partir de 1963 sous la forme d'un ensemble de logements publics. Il est destiné à accueillir des immigrants récents, des habitants anciens de Jérusalem et des familles nombreuses vivant dans des conditions difficiles dans des quartiers plus anciens de la ville.
En juillet 1963, cinquante appartements sont attribués par tirage au sort.. En août 1964, le ministère du Logement publie un appel d'offres pour la construction de cent logements supplémentaires.. En septembre 1965, de jeunes couples mariés depuis moins de trois ans sont invités à s'inscrire à une loterie pour l'obtention de logements dans le quartier..
Le quartier est construit à proximité immédiate de la ligne de démarcation qui séparait alors Jérusalem-Ouest de la partie de la ville contrôlée par la Jordanie. En raison de cette situation frontalière, les immeubles sont conçus comme de longs blocs de logements, parfois appelés en Israël shikun rakevet, c'est-à-dire des immeubles allongés rappelant les wagons d'un train. Les bâtiments possèdent plusieurs entrées et sont construits avec des murs épais, notamment du côté exposé aux positions jordaniennes.
Jusqu'à la guerre des Six Jours, Shmuel HaNavi est considéré comme un quartier de frontière. Les habitants sont exposés à des tirs provenant de positions jordaniennes situées le long de la ligne urbaine..
Pendant la guerre des Six Jours, une compagnie de tireurs d'élite israéliens commandée par le capitaine Alex Eliraz se positionne sur les toits du quartier, dans le contexte de la bataille de la colline des Munitions. Selon l'article hébreu, l'unité n'eut cependant pas un rôle décisif dans la bataille, notamment parce qu'elle n'avait pas eu le temps de régler correctement ses armes avant son déploiement.
Après la réunification de Jérusalem Après la guerre des Six Jours et la réunification de Jérusalem, de nouveaux quartiers sont construits autour de Shmuel HaNavi, notamment Ramat Eshkol et Maalot Dafna. Ces quartiers, plus récents et mieux planifiés, accentuent le contraste social avec Shmuel HaNavi, qui reste associé à des difficultés économiques et sociales.
Dans les années 1970, différentes initiatives sont lancées pour améliorer la qualité de vie dans le quartier. Des centres communautaires y sont établis avec l'aide de donateurs, notamment Fannie Ran et la famille Pomerantz des États-Unis.. Des programmes d'aide scolaire et d'activités pour les jeunes sont également mis en place.
En 1977, le Premier ministre Menahem Begin annonce une politique nationale de réhabilitation des quartiers défavorisés de Jérusalem. Shmuel HaNavi fait partie des quartiers concernés, aux côtés notamment de Musrara et de Yemin Moshe. La réhabilitation porte à la fois sur l'amélioration physique des bâtiments et des infrastructures, et sur des actions sociales comme le soutien scolaire, l'éducation des adultes et les activités de jeunesse.
Urbanisme et architecture Les immeubles du quartier sont caractéristiques des grands ensembles construits en Israël dans les premières décennies de l'État. Ils sont principalement composés de longs blocs résidentiels de plusieurs étages, comportant de nombreuses entrées. Leur disposition et leur mode de construction sont fortement influencés par la proximité de la frontière jordanienne avant 1967 : les murs donnant vers les positions jordaniennes sont plus épais et les toits comportaient des dispositifs défensifs.
Dans le cadre des programmes de réhabilitation urbaine, certains logements sont agrandis, les façades sont améliorées et de nouveaux équipements publics sont construits.
Démographie À partir du milieu des années 1980, le quartier connaît un processus de transformation démographique avec l'arrivée croissante d'une population haredi. En 2007, la population du quartier est majoritairement ultra-orthodoxe. Plusieurs groupes hassidiques et institutions religieuses y sont présents, notamment des institutions liées aux communautés de Dushinsky, Sadigura et Zvhil.
Rénovation urbaine Au début des années 2020, un projet de rénovation urbaine est engagé dans le quartier. Il prévoit la démolition de plusieurs immeubles anciens de type shikun rakevet et la construction de nouveaux bâtiments à leur place. Une partie des habitants s'oppose d'abord au projet, craignant une modification du caractère ultra-orthodoxe du quartier. Les oppositions diminuent après l'adaptation du programme au mode de vie local, notamment par la limitation de la hauteur des immeubles et la prise en compte des besoins communautaires, comme la présence de synagogues.
Selon l'article hébreu, les premiers plans d'urbanisme liés à ces projets sont approuvés au début de l'année 2024.
Événements notables En novembre 1986, Eliyahu Amedi, un étudiant de yeshiva originaire du quartier, est assassiné dans le quartier musulman de la vieille ville de Jérusalem. Le meurtre provoque de vives réactions dans le quartier et des émeutes anti-arabes pendant plusieurs jours...
Archéologie Au nord du quartier se trouve le parc du Sanhédrin, qui comprend des grottes funéraires de l'époque du Second Temple. En 2009, l'Autorité des antiquités d'Israël annonce la découverte, dans la rue Shmuel HaNavi, d'une importante carrière datant de la fin de la période du Second Temple, il y a environ ans. Selon l'Autorité des antiquités, la taille des pierres extraites laisse penser qu'elles étaient destinées à de grands projets de construction de l'époque d'Hérode le Grand..
Voir aussi
Jérusalem Quartiers de Jérusalem Maalot Dafna Ramat Eshkol Sanhédria Colline des Munitions
Notes et références
Liens externes
Article « שמואל הנביא (שכונה) » sur Wikipédia en hébreu Article « Shmuel HaNavi (neighborhood) » sur Wikipédia en anglais
Catégorie:Quartier de Jérusalem