Le Praktiflex un appareil photographique reflex 35mm mono-objectif (SLR) commercialisé à partir de 1939. Il est donc le troisième SLR au monde, suivant par trois années le Kine-Exakta de Ihagee et le Sport de Gomz. Il est aussi le premier SLR à avoir un miroir qui retourne à sa position initiale. Développé par la firme Kamera-Werkstätten à Niedersedlitz-Dresden en Allemagne à partir de 1937, il est présenté pour la première fois à la foire de Leipzig au printemps 1939. Tout comme ses deux prédécesseurs, il est muni d’un miroir mobile derrière l’objectif et il est dépourvu de pentaprisme. Il s’utilise donc à hauteur de poitrine. Malgré tout, cet appareil est aujourd’hui reconnu pour avoir été une influence majeure dans la définition de l’ergonomie générale des SLR tels qu’on les a connus jusqu’à l’arrivée des appareils numériques. De plus, le Praktiflex est le précurseur de la prolifique famille des appareils Praktika.
Contexte historique vignette|Logo de Kamera-Werkstätten Charles A. Noble Niedersedlitz-Dresden en 1939 La firme allemande Kamera-Werkstätten Guthe & Thorsch (KW) a été fondée par Paul Guthe et Benno Thorsch en 1919 et propose déjà ses premiers appareils dès 1920. Toutefois, à la fin des années 1930, la menace nazie s’installe en Allemagne. Face à celle-ci, Benno Torsh émigre aux États-Unis en 1938. Bientôt, il convient d’une entente avec Charles Noble, un homme d’affaires de Détroit : échanger son usine contre l’entreprise de matériel photographique de Noble. KW devient alors Kamera-Werkstätten Charles A. Noble Niedersedlitz-Dresden.
Réalisant rapidement le potentiel de sa nouvelle acquisition, Charles Noble et son fils John entreprennent bientôt la fabrication et la mise en marché du Praktiflex. Le nouvel appareil est présenté à la foire de Leipzig au printemps 1939 et distribué sur le marché quelques mois plus tard.
Malheureusement, l’Allemagne a déjà commencé les hostilités avec les pays voisins et entre en guerre avec la France et le Royaume-Uni à la fin de l’été 1939. Malgré tout, la fabrication de l’appareil se poursuit pendant toute la durée de la guerre. À la fin de celle-ci, les forces d’occupation se partagent l’Allemagne et la ville de Dresde, étant sous le contrôle de la Russie, se retrouve dans l’Allemagne communiste. Noble est alors emprisonné et sa firme est nationalisée et renommée Kamera Werk Niedersedlitz en 1952. Elle sera ensuite fusionnée à d’autres firmes jusqu’à faire partie de VEB Pentacon qui poursuivra, pendant plusieurs années, la fabrication du Praktica, introduit en 1952 et descendent direct du Praktiflex.
Description générale Le Praktiflex est de construction relativement simple, du moins si on le compare à son concurrent direct, le Kine-Exakta. Malgré tout, il est solide et il n’est pas rare de trouver des exemplaires encore fonctionnels. Il est muni d’un obturateur à rideau et permet d’exposer 36 images sur des pellicules de format 135. Son viseur s’utilise à hauteur de poitrine mais on peut ouvrir une fenêtre qui permet de l’utiliser pour cadrer le sujet à la hauteur des yeux. Afin de faciliter la mise au point, le viseur est aussi équipé d’une petite loupe amovible et le verre dépoli est doté d’un condenseur (lentille plan-convexe).
Le Praktiflex est le premier SLR à être muni du retour automatique du miroir. Celui-ci est solidaire du bouton de déclenchement. Ainsi, le miroir se relève lorsque l’utilisateur appui sur le déclencheur et redescend lorsque, et seulement si, l’utilisateur relâche le doigt. Et si l’obturateur est armé, il sera déclenché au moment où le miroir atteint sa position maximale. Il ne s’agit donc pas encore du retour instantané du miroir tel qu’il sera introduit en 1954 par la firme Asahi/Pentax avec le Asahiflex IIb. Malgré tout, ce mécanisme permet tout de même d’éviter de perdre de vue le sujet pendant trop longtemps après le déclenchement de l’obturateur.
Près des molettes d’armement et de sélection des vitesses, on trouve aussi un petit levier qui permet de désengager le mécanisme d’entraînement du film avant de pouvoir rembobiner la pellicule. La molette de rembobinage se trouve de l’autre côté de l’appareil. On peut aussi remarquer que la disposition de toutes ces molettes est assez différente de celle qu’on retrouve sur le Kine-Exakta. En fait, avec le Praktiflex, la firme KW établit la disposition générale des contrôles qui deviendra la norme chez la plupart des autres fabricants.
Les objectifs de presque tous les Praktiflex se vissent à l’appareil avec une monture de 40 mm de diamètre. C’est donc plus grand que chez les Asahiflex (37 mm) et les Leica (39 mm) mais plus petit que les Wrayflex (40,5 mm) ainsi que les derniers Praktiflex, les Contax S et les Praktica (42 mm). Seul l’Ucaflex utilise aussi cette monture en 1951.
Modèles La production du Praktiflex débute en 1939 pour se terminer en 1951. Au cours de cette période, l’appareil connaît plusieurs modifications, aussi bien mécaniques qu’esthétiques, qui ont amené les collectionneurs à développer des systèmes de classification qui permettent de situer dans le temps les exemplaires dénichés.
On distingue d’abord deux grands groupes d’appareils qui se reconnaissent facilement par la position du bouton de déclenchement. Il est placé sur le dessus du capot pour les appareils de la 1e génération, et sur le devant pour ceux de la 2e.
Les appareils de ces deux groupes se déclinent ensuite en plusieurs variations qui apparaissent au fil des modifications apportés par le fabriquant. Elles sont regroupées de différentes façons selon les auteurs. Le lecteur intéressé pourra trouver plus d’information à cet effet dans la documentation spécialisée pour les collectionneurs. Esquissons simplement les grandes lignes de cette évolution.
1e génération L’éventail des vitesses d’obturation des prototypes et des appareils de la préproduction va de B à 1/300 sec (B, 20, 50, 100, 200, 300). Le nom de l’appareil est écrit en caractères gothiques pour les premiers mais ils sont bientôt remplacés par les caractères cursifs qui seront distinctifs de cet appareil pour plusieurs années.
Le premier modèle fabriqué à grande échelle est presqu’identique au précédent. On le reconnaît donc facilement par les deux grosses molettes sur le capot supérieur. Il se distingue toutefois de la préproduction par les vitesses d’obturation qui sont maintenant B, 20, 30, 50, 75, 100, 200, 300 et 500. Il y aurait eu environ 900 appareils construits de ce type, ce qui en fait le groupe le plus restreint parmi les Praktiflex distribués sur le marché grand public.
Ensuite, plusieurs changements sur les molettes se sont succédé tout au long de la 1e génération de Praktiflex : hauteur, diamètre, rainures, vis centrale, flèches et compteur de poses. C’est au cours de cette évolution que les concepteurs ont ajouté des attaches pour installer une courroie. Elles sont alors plates et fixées sur le devant. Quelques milliers d’appareils plus tard, ces attaches sont remplacées par des attaches standards sur les côtés. Et un peu plus tard, les vitesses 1/20 et 1/30 sont remplacées par l’unique vitesse 1/25 sec.
Malgré la guerre, un total d’environ 33 900 appareils de la 1e génération ont été construits de mars 1939 à septembre 1947.
2e génération Quelques variations existent aussi à l’intérieur de ce deuxième groupe d’appareils. Voici d’abord les caractéristiques qui marquent le début de cette génération d’appareils : Le bouton de déclenchement est maintenant à l’avant de l’appareil, Le retour automatique du miroir est abandonné ; dorénavant, le miroir descend seulement lorsque l’obturateur est armé Et la plage de vitesses d’obturation est réduite à : B, 25, 50, 100, 200 et 500. vignette|Praktiflex de 2e génération reconnaissable par son déclencheur placé sur le devant
Par la suite, d’autres modifications s’ajoutent graduellement : La police de caractères utilisée pour le nom n'est plus cursive, Le levier de désengagement du mécanisme d’armement est remplacé par un bouton-poussoir Et finalement, les derniers appareils sont munis d’une monture à vis de 42 mm.
Cette nouvelle monture sera d’ailleurs utilisée par plusieurs autres fabricants et sera même qualifiée de monture à vis universelle.
De septembre 1947 à septembre 1949, environ 25 800 appareils de la 2e génération ont été fabriqués.
Références
Catégorie:Appareil photographique argentique