Giuseppe Ayala, né le à Caltanissetta, est un magistrat, homme politique et écrivain italien.

Substitut du procureur de la République à Palerme dans les années 1980, il collabore avec le pool antimafia dirigé par Antonino Caponnetto et représente le ministère public lors du premier maxi-procès de Palerme, aux côtés de Domenico Signorino. Après les assassinats de Giovanni Falcone et de Paolo Borsellino, dont il est un proche collaborateur, il entre en politique.

Élu député en 1992 sous les couleurs du Parti républicain italien, puis sénateur de 1996 à 2006, il occupe les fonctions de sous-secrétaire d'État au ministère de la Grâce et de la Justice dans les gouvernements de Romano Prodi et de Massimo D'Alema. À l'issue de sa carrière politique, il réintègre la magistrature avant de prendre sa retraite en 2011.

Auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la lutte contre la Cosa nostra et à son expérience de magistrat, il demeure l'une des figures publiques associées à l'action de la justice italienne contre la mafia sicilienne.

Biographie Origines et formation Giuseppe Maria Ayala naît le 18 mai 1945 à Caltanissetta. Issu d'une famille noble propriétaire de plusieurs mines de soufre, il étudie au Liceo classico Ruggero Settimo de Caltanissetta. Après avoir obtenu une licence en droit à l'Université de Palerme, il exerce la profession d'avocat au sein du cabinet de Girolamo Bellavista, l'un des plus célèbres pénalistes de Palerme.

Carrière de magistrat Lorsque il entre dans la magistrature, il est d'abord préture à Mussomeli, puis substitut du procureur de la République à Palerme.

Ayala ne faisait pas à proprement parler partie du pool antimafia, puisqu'il était substitut du procureur et non juge d'instruction, mais il collaborait avec celui-ci et avait notamment pour mission de porter devant les tribunaux les résultats des enquêtes du pool afin d'obtenir des condamnations, aux côtés de Vincenzo Geraci, Domenico Signorino et Giusto SciacchitanoGianni Minà, Intervista ad Antonino Caponnetto, Storie, 23 mai 1996, Rai Due. Il est ministère public lors du premier maxi-procès de Palerme avec son collègue Signorino, avant de devenir conseiller à la Cour de cassation.

En 1989, le Conseil supérieur de la magistrature décide de muter Ayala dans une autre juridiction pour incompatibilité avec son environnement professionnel, à la suite de l'audition de son collègue Alberto Di Pisa, qui l'accuse d'être le principal responsable de sa mise en examen comme auteur des lettres anonymes contestant l'action du pool antimafia, ainsi que d'avoir contracté une importante dette auprès de la Banco di Sicilia avec son épouse. Cette décision suscite de nombreuses polémiques et Ayala décide aussitôt de saisir le tribunal administratif régional de Sicile qui, un mois plus tard, suspend la mesure.

Parcours politique Il est élu à la Chambre des députés en 1992, où il siège comme député sous les couleurs du parti républicain italien, peu avant l'assassinat de Giovanni Falcone et Paolo Borsellino.

À la suite de Tangentopoli et de la crise du parti républicain italien, Ayala rejoint Sinistra Repubblicana, avec laquelle il est candidat sur la liste de l'Alliance démocratique, conservant son siège à la Chambre des députés en 1994. Après la disparition de l'Alliance démocratique, il adhère au projet de l'Union démocratique de Antonio Maccanico, sous l'étiquette de laquelle il est élu au Sénat en 1996. Au cours de la législature, il rejoint ensuite les Démocrates de gauche, parti avec lequel il est réélu sénateur en 2001, mandat qu'il exerce jusqu'en 2006.

Sous-secrétaire d'État au ministère de la Grâce et de la Justice à partir de 1996 dans le gouvernement Prodi I, il est reconduit dans cette fonction au sein des gouvernements D'Alema I et II, jusqu'en 2000.

À l'issue de sa carrière politique en 2006, il réintègre la magistrature (tout en jugeant inopportun le passage du Parlement aux tribunaux, bien que la loi l'autorise) en qualité de conseiller d'une chambre civile de la cour d'appel de L'Aquila (2006-2011). Il prend sa retraite en décembre 2011.

Controverses En 1988, Ayala se retrouva au centre d'une polémique en raison d'une photographie prise dix ans plus tôt le montrant aux côtés du chef mafieux Michele Greco alors qu'ils assistaient à un spectacle au château de San Nicola l'Arena (géré par le prince Alessandro Vanni Calvello, condamné par la suite pour association mafieuse lors du maxi-procès de Palerme, mais qui n'était alors qu'un héritier de l'aristocratie palermitaine). Cette photographie avait déjà été examinée puis classée sans suite par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Ayala se défendit en affirmant que Greco et Vanni Calvello n'avaient alors aucun antécédent judiciaire et que le cliché était déjà du domaine public puisqu'il figurait parmi les pièces du maxi-procès. En 1996, cette photographie revint sur le devant de la scène à la suite d'une interrogation parlementaire déposée par la députée Tiziana Parenti, qui demandait des explications sur les relations entre Ayala et le chef mafieux Francesco Di Carlo, associé de Vanni Calvello dans la gestion du château de San Nicola l'Arena.

En août 1993, Ayala fut indirectement impliqué dans les enquêtes sur l'affaire Tangentopoli en Sicile : il reçut en effet une information de garantie pour financement illicite des partis politiques, à la suite des accusations de l'entrepreneur du bâtiment originaire d'Agrigente Filippo Salamone, qui affirmait lui avoir remis dix millions de lires destinés au PRI lors de la campagne électorale de 1992. Mis hors de cause au cours de l'instruction, Ayala répondit : « Salamone a contribué en 1992 à la campagne du PRI, dont j'étais tête de liste, en versant quelques millions. Mais il n'a jamais dit les avoir remis à moi. Ce qu'il ne pouvait d'ailleurs pas faire, puisqu'il n'y a jamais eu le moindre contact entre nous. ».

En 1997, le parquet de Caltanissetta ouvrit une enquête visant Ayala à la suite des déclarations des collaborateurs de justice Salvatore Cancemi et Francesco La Marca. Ceux-ci affirmèrent que l'ancien magistrat était intervenu, par l'intermédiaire de l'avocat Francesco Musotto (ancien président de la province de Palerme, ensuite poursuivi pour concours externe à une association mafieuse puis acquitté), auprès de membres de la mafia afin d'obtenir la restitution de statuettes dérobées à son frère. Selon eux, celles-ci lui auraient été restituées parce qu'en tant que procureur lors du maxi-procès, il avait accordé les assignations à résidence au chef mafieux Pino Savoca. Ayala rejeta l'ensemble de ces accusations et le parquet classa l'affaire, estimant que si le vol avait bien eu lieu, aucune preuve ne démontrait qu'Ayala était intervenu pour obtenir la restitution des statuettes.

En 2014, le collaborateur de justice Gaspare Mutolo, au cours d'un entretien accordé au magazine en ligne Antimafia Duemila, puis lors d'une audience du procès « Borsellino quater », accusa Ayala d'avoir été corrompu par la mafia au moyen de drogue et d'argent afin d'obtenir des condamnations plus clémentes lors du maxi-procès. Ayala porta plainte contre Mutolo pour calomnie et, en 2020, le tribunal de Rome condamna le collaborateur de justice à deux ans d'emprisonnement et à une amende de 20 000 euros à titre de réparation.

Publications Ouvrages .

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Articles connexes Maxi-procès de Palerme Pool antimafia

Liens externes

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