L'ancien font baptismal de Cousolre est une cuve baptismale romane en pierre calcaire de Meuse, sculptée au XIIe siècle par un artisan anonyme d'un atelier de la vallée de la Meuse. Réalisé pour l'ancienne église Notre-Dame-du-Vieux-Moustier, détruite à la fin du XVe siècle par les troupes du roi Louis XI, il est conservé au musée des Beaux-Arts de Lille, à la suite d'un don effectué en 1882Notice musée..
Contexte historique thumb|Nouveau font de Cousolre. Le XIIe siècle correspond à une période de prospérité religieuse dans la région, marquée par la fondation de nombreuses abbayes, notamment l'abbaye de Vaucelles en 1131 et l'abbaye de Loos en 1146. Les édifices et les objets réalisés à cette époque témoignent de la richesse décorative de l'art roman. La sculpture romane, principalement destinée aux églises, se caractérise par un décor de rinceaux, de végétaux et de figures animales, réelles ou fantastiques, telles que les lions, les dragons ou les griffons. Selon la tradition locale, Walbert, intendant des terres du fisc de Neustrie, se réfugie à Cousolre après avoir été disgracié par le roi Dagobert vers 630. Éprouvé par les épreuves qui frappent sa famille, il fonde une église dans laquelle il est inhumé en 642 ainsi qu'un hôpital, auquel son épouse Bertille consacre sa vie jusqu'à sa mort en 647. Leur fille, Aldegonde († 684), devient abbesse bénédictine et fonde le monastère de Maubeuge. L'actuelle église Saint-Martin de Cousolre est construite entre 1501 et 1575 et consacrée en 1512. Elle remplace l'ancienne église Notre-Dame-du-Vieux-Moustier. À cette occasion, une nouvelle cuve baptismale est réalisée et les anciens fonts sont déposés dans le cimetière de l'église vers 1525. Au XIXe siècle, l'instituteur de la commune, Jennepin, redécouvre la cuve dans la cour d'une ferme avant d'en faire don au palais des Beaux-Arts de Lille en 1882.
Fabrication et diffusion
Les artisans travaillent alors au sein de corporations où la transmission des savoir-faire s'effectue par compagnonnage. Entre Sambre et Meuse, les ateliers mosans adoptent la forme quadrangulaire des fonts baptismaux, caractéristique de la production tournaisienne. Le réseau fluvial favorise la diffusion de ces lourdes pièces dans l'ensemble du bassin de l'Escaut, vers le nord de la France, l'Angleterre et jusqu'en Charente-Maritime. Les différents éléments, transportés sur des barges à fond plat, sont assemblés sur leur lieu de destination. Le calcaire gris utilisé pour les fonts baptismaux de Cousolre provient du gisement qui traverse la commune. Les fonts baptismaux de l'église de Chéreng sont réalisés dans une pierre de même origine.
Description Le font baptismal présente des arcatures caractéristiques de l'architecture romane de l'église pour laquelle il est réalisé. Son piètement d'origine a disparu ; le musée le remplace à la présentation par un support cylindrique en bois. Une cuve circulaire, grossièrement polie, est creusée dans le bloc parallélépipédique.
Deux des quatre faces sont ornées de bas-reliefs, tandis que les deux autres présentent un décor d'arcatures. Sur l'une des faces sculptées, un masque de félin souffle des rinceaux végétaux. Sur l'autre, un couple affronte un lion monumental. Cette scène est traditionnellement interprétée comme la représentation de saint Walbert et de son épouse Bertille. Armé d'une hache, Walbert frappe l'animal dont le corps épouse la longueur du bloc de pierre. Les proportions exceptionnelles du lion soulignent la puissance du monstre. Grimaçant, la gueule ouverte, il montre ses dents et tire la langue, accentuant son caractère maléfique. Si le lion peut revêtir une valeur symbolique positive dans l'iconographie médiévale, il incarne ici le mal combattu par Walbert. Afin de ne pas succomber au combat, Walbert est représenté attaché à l'Arbre de Vie, tandis que Bertille tient un livre, identifié selon les interprétations comme un livre saint : une Bible ou les Évangiles. Les costumes sont traités avec soin. Bertille porte une robe aux larges manches évasées, serrée par une ceinture basse, tandis que sa chevelure est maintenue par un cordon. Walbert est vêtu de chausses et d'une longue tunique ceinte d'une ceinture de cuir à laquelle est suspendu un objet circulaire. La face opposée est décorée d'un masque de lion dont la bouche laisse échapper des rinceaux. Hérité de l'Antiquité, ce motif est fréquent dans le répertoire ornemental roman. Sur le dessus de la cuve, une rainure circulaire marque l'emplacement d'un couvercle disparu. Les quatre angles sont ornés de palmettes sculptées en bas-relief, motif parfois interprété comme une évocation des quatre fleuves de l'Éden alimentés par la Fontaine de Vie. Entre ces palmettes, les écoinçons présentent un félin crachant une croix, une tête animale aux oreilles pointues, un fruit et un quatrième motif difficilement lisible en raison de la cavité destinée à fixer le couvercle. L'ensemble mesure 50 cm de hauteur, 89 cm de longueur et 87 cm de profondeur.
Notes et références
PDF du musée de Lille.
Catégorie:Fonts baptismaux du XIIe siècle Catégorie:Sculpture conservée au palais des Beaux-Arts de Lille Catégorie:Art mosan Catégorie:Cousolre