Hermenegildo Guterres (vers 842 - après mai 912 ), également connu sous les noms de Mendo Guterres ou Ermígio Guterre, fils de Guterre (également mentionné sous le nom de Gutiar de Galice) et de son épouse Elvira, fut une figure importante de la noblesse portucalienne des ; les dates de naissance et de décès varient selon les sources, la naissance étant située entre 842 et 850 et le décès entre 912 et 918. Il était propriétaire de vastes domaines en Galice et dans le comté de Portucale, où sa maison résidait depuis au moins son ancêtre au septième degré, Guterico, descendant des rois wisigoths et suèves, qui contrôlait une partie de cette région au de l'ère chrétienne. Membre de la (cour royale) du roi Alphonse III des Asturies, il fut repopulateur et comte de Coimbra, de Porto et de Tui. Sa fille, , devint reine-épouse par son mariage avec le roi Ordoño II de León.

Relations familiales Le comte Hermenegildo avait deux frères. L'un d'eux était le comte Alvito (Aloito) Guterres, qui épousa Argilo, fille des comtes Alvito et Paterna, fondateurs du , sur le territoire de Nendos, dans la province de La Corogne. De ce mariage naquirent Gundesindo, évêque de ; Arias ; Guterre, qui épousa Audivia, fille de Vímara Peres ; et le comte . Son autre frère était le comte Ossório Guterres, père du comte , qui épousa sa cousine au premier degré, Aldonça Mendes, fille du comte Hermenegildo Guterres. Ces frères descendaient de la plus haute noblesse de la péninsule ibérique, qui comprenait, entre autres, le roi Hermenerico Ier, fondateur de la Maison royale de Galice, et Théodoric , roi des Wisigoths.

Biographie Mentionné dans divers documents comme comte et comme dux, Hermenegildo Guterres fut intendant du palais et favori du roi Alphonse  III le Grand, sous le règne duquel les Asturies ont atteint leur apogée. monta sur le trône en 866 et, deux ans plus tard, lança plusieurs campagnes militaires visant à repeupler les régions qui échappaient à son contrôle. En 868, Vímara Peres et, en 872, ce fut au tour d’Odoário Ordonhes de .

En 878, comme le rapportent les chroniques, « (...) era DCCCCXVIª prendita est Conimbria ad Ermenegildo Comite », les troupes du roi Afonso  III, commandées par le comte Hermenegildo, entrèrent en conflit avec les forces musulmanes menées par l’émir de Cordoue , qui lancèrent une attaque contre Porto. L’émir réagit rapidement et assiégea Hermenegildo, qui résista avec ténacité jusqu’à l’arrivée des renforts. Après avoir vaincu les forces de l'émir et chassé les habitants musulmans de Coimbra et de Porto, les troupes chrétiennes, menées par Hermenegildo, occupèrent et repeuplèrent d'autres villes telles que Braga, Viseu et Lamego. Le comte Hermenegildo devint le premier comte d’un territoire dont les limites s’étendaient approximativement entre les fleuves Douro et Mondego ― il convient de noter que ce titre se distinguait de celui de « comte chrétien de Coimbra », car ce dernier ne constituait qu’un lien entre la population chrétienne et le pouvoir musulman.

vignette|Représentation d'Hermenegildo Guterres.

En 878, Hermenegildo Guterres exerça la fonction de juge à Astorga, aux côtés de son beau-père, le comte Gatón, et, en 881, il aurait pris part à une expédition menée par Alphonse III jusqu’à Mérida, avant d’apparaître par la suite comme témoin dans divers documents royaux en 885 et 886. Sa grande proximité avec le roi lui permit, vers l’an 890, de marier sa fille, Elvira, à Ordoño II, fils d'Alphonse III, qui allaient par la suite régner sur les royaumes de Galice et de León.

D’après un document du daté de 1007, on sait qu’il a réprimé, au nom du roi, en 887, la rébellion du comte Wittiza de Galice, dont il s’est emparé des biens. C'est peut-être pour cette raison qu'il a étendu ses domaines et acquis ce titre. Il convient de noter qu'à l'époque, la ville de Porto s'appelait Portucale et que le comte Hermenegildo gouvernait cette ville lorsqu'il mourut vers 912. Il est donc fort probable que le comté de Coimbra ait été étendu aux territoires côtiers s'étendant de Porto à Tui et que Lucídio Vimaranes ait conservé son titre de comte tout en résidant à Guimarães, le bourg fondé par son père. Hermenegildo Guterres est mentionné comme comte de Tui et de Portucale dans des documents datant de 895 à 899 (“'Ermenegildus Tudae et Portucale Comes”'), titre qui aurait en principe dû revenir à Lucídio Vimaranes, fils et successeur de Vímara Peres.

Le comté de Coimbra, qui avait été sous la dépendance du royaume des Asturies jusqu'en 910, fut, à la mort de , incorporé au royaume de Galice. En effet, les Asturies furent divisées en trois nouveaux royaumes et réparties entre ses fils : les Asturies pour , le León à et la Galice à . À la mort de Garcia en 914, Ordonho II devint également roi de León.

En 911, Hermenegildo certifie à la cour de León un document du roi Garcia Ier et, la même année ainsi que l'année suivante, il certifie des documents du roi Ordonho II, son gendre.

Sur le plan religieux, Hermenegildo Guterres apparaît pour la première fois dans un document le 15 avril 869, lorsqu’il confirme la donation royale de l’église Santa Maria de Tinhana à Oviedo, et, plus tard, le 30 septembre 899, il confirmera la donation de plusieurs villages, rattachés à son comté de Coimbra, à l’église de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Il est possible que le , fondé à une date inconnue, mais peu après le repeuplement de Coimbra par Hermenegildo Guterres, résulte d’une fondation par des moines venus du nord, compte tenu de l’intérêt que les familles comtales de Coimbra et de Portucale lui ont manifesté. Ce fait n’est toutefois pas certain. Il pourrait s’agir d’une communauté préexistante qui aurait accueilli favorablement l’autorité asturienne et qui aurait ainsi gagné les bonnes grâces d’Hermenegildo Guterres et de sa famille. Toujours sur le territoire relevant de la juridiction d’Hermenegildo Guterres, l’église de Saint-Pierre de Lourosa (dans l’actuelle commune d’Oliveira do Hospital), d’origine mozarabe mais clairement inspirée de l’architecture romane, fut construite en 912.

Le comte Hermenegildo apparaît pour la dernière fois dans un document daté du 30 mai 912, confirmant une donation de son gendre, le roi Ordonho II, à l'évêque Sisnando et à l'église de Saint-Jacques-de-Compostelle. Cependant, son nom pourrait encore avoir été associé à Rio Tinto (qui est aujourd’hui une paroisse de la commune de Gondomar) selon une légende :

Le comte Hermenegildo apparaît pour la dernière fois dans un document daté du 30 mai 912, confirmant une donation de son gendre, le roi Ordonho II, à l’évêque Sisnando et à l’Église.

Mariage et descendance Hermenegildo Guterres s'est marié vers 860 ou 870 avec Ermesenda Gatones, fille de Gatón de Bierzo, comte d’Astorga et du Bierzo, et d’Egilona, et probablement cousine du roi Alphonse . Ermesenda possédait le monastère de Santa Maria de Loyo, situé entre les rivières Loyo et Minho, près de Lugo. Le comte Hermenegildo et Ermesenda furent les parents de :

Árias Mendes de Coimbra ou Arias Mendes (mort avant 924), qui succéda à son père à la tête de Coimbra, puis se vit confier le « commiso » de Caldelas dans la province d'Ourense, qu’il gouverna avec son frère Guterre. Il épousa sa nièce Ermesenda Gundesendes, fille d’Enderquina Mendes, sa sœur, et de Gundesindo Eris, fils d’Ero Fernandes. De ce mariage naquit Elvira Árias, épouse de son cousin Munio Guterres, parents de Goto, épouse de Sancho Ordonhes, roi de Galice. Elvira Mendes (morte en 921) fut la première épouse du roi . Guterre Mendes (mort vers 934) était un comte qui gouvernait six tenures en Galice par concession du roi . Il épousa Ilduara Eriz (morte en 958), fille d'Ero Fernandes, comte de Lugo, et d'Ausenda. Ils furent les parents de Rosendo de Celanova. Enderquina Mendes (avant 947) épousa Gundesindo Eris, fils d'Ero Fernandes. Aldonça Mendes (morte vers 942) épousa son cousin au premier degré Guterre Ozores de Coimbra, fils de son oncle paternel Osório Guterres. Ils furent les parents d’Osório Guterres « le comte saint » et d’Ausenda Guterres, qui fut la première épouse de son cousin avant d’être répudiée. Patruina Mendes. Gudilona Mendes, épouse de Lucídio Vimaranes. Cependant, Mattoso précise que sa filiation n'est pas documentée et qu'il s'agit d'« une conjecture, sans preuves, d'A. Fernandes ».

Voir aussi Participation du Portugal à la Reconquista

Bibliographie . . . . . . . . .

Notes et références

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