Adoté Ghandi Akwei est un défenseur togolais des droits humains. Président de la Ligue togolaise des droits de l'homme (LTDH) au milieu des années 2000, il participe à la documentation des violations commises durant les dernières années de la présidence de Gnassingbé Eyadéma et pendant la crise politique de 2005.
Biographie
Présidence de la LTDH Adoté Ghandi Akwei dirige la Ligue togolaise des droits de l'homme au cours d'une période marquée par les restrictions des libertés publiques, les arrestations arbitraires et les violences politiques au Togo.
En février 2004, il accompagne, avec le secrétaire général adjoint de la LTDH Sylvestre K. Zounou, une mission de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) chargée d'examiner la situation des droits humains dans le pays. Les conclusions de cette mission sont publiées le dans le rapport Togo : l'arbitraire comme norme et 37 ans de dictature. Adoté Ghandi Akwei participe le lendemain à sa présentation publique à Paris.
Le rapport décrit les atteintes aux libertés publiques, les conditions de détention, l'usage de la torture, l'impunité des forces de sécurité et les pressions exercées sur les organisations de défense des droits humains. Adoté Ghandi Akwei reconnaît alors certaines évolutions, comme la diminution des arrestations de journalistes, tout en estimant que les réformes annoncées restent insuffisantes.
Pressions exercées en 2004 La publication du rapport suscite une réaction hostile de plusieurs responsables togolais. Le ministre de la Communication, Pitang Tchalla, le qualifie de . Le président de l'Assemblée nationale, Fambaré Ouattara Natchaba, accuse la FIDH, la LTDH et son président d'être des et des .
L'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme, programme conjoint de la FIDH et de l'Organisation mondiale contre la torture, considère ces déclarations comme une campagne destinée à discréditer la LTDH et comme une menace contre l'intégrité de ses membres.
Crise politique de 2005 Après la mort de Gnassingbé Eyadéma le , la LTDH conteste les conditions de la prise de pouvoir de son fils Faure Gnassingbé. Sous la présidence d'Adoté Ghandi Akwei, elle recueille des témoignages sur les exécutions, les arrestations, les actes de torture, les disparitions et les atteintes à la liberté de manifester.
Adoté Ghandi Akwei signe en mars 2005 un mémorandum dans lequel la LTDH réclame la création d'une commission internationale indépendante chargée d'enquêter sur les violences. Il demande aussi que les responsables des violations soient identifiés et poursuivis.
Le , il déclare dans un entretien accordé au Monde que la LTDH a pu vérifier la mort d'environ soixante personnes et recenser blessés depuis le début de la crise. Il précise que ce bilan est provisoire et demande qu'une organisation indépendante conduise les investigations. Il fait également état de personnes disparues, de blessés, d'enlèvements, d'intimidations et de violations de domicile recensés par l'organisation.
Ses déclarations sur les violences consécutives à l'élection présidentielle du 24 avril 2005 sont reprises par plusieurs médias internationaux.
Menaces et départ de la présidence Les activités de la LTDH exposent Adoté Ghandi Akwei à des pressions. Les 3 et , des soldats encerclent le siège de l'organisation et empêchent ses membres d'y accéder. Le , une trentaine de militants présentés par l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme comme appartenant au Rassemblement du peuple togolais pénètrent à son domicile afin de l'intimider.
Le bureau exécutif de la LTDH constate, le , la vacance de la présidence après douze mois d'absence d'Adoté Ghandi Akwei. Le secrétaire général de l'organisation, Ayayi Togoata Apedo-Amah, est alors nommé président par intérim jusqu'à la tenue d'une assemblée générale.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Ligue togolaise des droits de l'homme Droits de l'homme au Togo Élection présidentielle togolaise de 2005 Fédération internationale pour les droits humains
Liens externes
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