Mohamed Koumama, né vers 1920 en Aïr et mort en 2004 à Agadez, est un maître-forgeron nigérien issu du peuple Kel Tamasheq (Touaregs) qui fait partie des personnalités Kel Aïr (en tamasheq « ceux de l'Aïr », c'est-à-dire les habitants touaregs du massif de l'Aïr).

Considéré comme l'une des figures pionnières de la bijouterie touarègue moderne, il est reconnu pour avoir contribué à la renommée et à l'internationalisation de l'artisanat d'art touareg à partir de la seconde moitié du .

Biographie Jeunesse et apprentissage Mohamed Koumama naît dans une famille d'artisans-forgerons (Enaden en tamasheq) près d'Iférouane, ville du massif de l'Aïr localisé dans la région d'Agadez. Vers l'âge de , sa famille s'installe à Agadez, dans le quartier périphérique de Toudou, alors en pleine formation. Il y apprend le métier de forgeron au sein de l'atelier paternel..

Devenu adulte, il participe à plusieurs concours artisanaux organisés par l'administration coloniale française. Les prix qu'il reçoit lors de ces concours lui permettent d'acquérir, dès les années 1950, une notoriété auprès des colons européens, alors que pour de nombreux artisan-forgerons, la situation économique se dégrade. En effet, sous la pression du pouvoir colonial, les nobles touaregs (Imajaghan) perdent progressivement les ressources qui leur permettaient de subvenir aux besoins des Inaden qu'ils parrainaient auparavant..

Considéré comme l'une des figures pionnières de la bijouterie touarègue moderne, il est reconnu pour avoir contribué à la renommée et à l'internationalisation de l'artisanat d'art touareg à partir de la seconde moitié du ..

Développement de l'activité à Agadez Durant les années 1970, la région de l'Aïr subit de graves sécheresses, notamment en 1976, ce qui provoque un exode rural massif vers les villes. Dans ce contexte économique difficile, l'arrivée d'expatriés humanitaires et les prémices du tourisme occidental offrent de nouveaux débouchés pour une partie des artisans agadéziens.

C'est le cas de Mohamed Koumama qui, grâce au développement de ses ventes auprès de cette nouvelle clientèle, devient propriétaire au début des années 1970 d'une concession dans la vieille ville d'Agadez. Le site combine l'habitation familiale, un atelier de forge et un espace de vente directe..

Expansion internationale et succession L'essor du tourisme saharien dans les années 1980, porté notamment par le passage du rallye Paris-Dakar à Agadez à partir de 1983, accroît l'activité des artisans d'art locaux. Face au déclin de sa santé, Mohamed Koumama confie la gestion commerciale de la production familiale à l'un de ses fils cadets, El Hadji Koumama..

Sous l'impulsion de ce dernier, l'activité s'exporte hors du Niger. L'atelier familial expose en 1993 au Centre culturel allemand de Lagos (Nigeria), puis au Centre culturel canadien de Cotonou (Bénin). À partir de 1994, la diffusion des bijoux touaregs de la famille Koumama s'étend hors d'Afrique, à travers des expositions organisées en Europe et aux États-Unis. Ces réseaux commerciaux extérieurs permettent de maintenir l'activité de l'atelier malgré la crise économique qui touche le Nord du Niger durant les décennies 1990 et 2000..

L'habitation et l'atelier historique d'Agadez restent occupés et exploités par ses descendants jusqu'à sa vente en 2024.

Pour approfondir

Articles connexes Culture du Niger Mahamane Sani Dan Djouma Labo Mohamed Agack Saidi Oumba

Liens externes Atelier de recherche : « Modes et modèles : De la bijouterie traditionnelle à la création contemporaine : Parcours d’artisans, parcours d’objets », Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM).

Notes et références

Catégorie:Personnalité nigérienne Catégorie:Décès en 2004 Catégorie:Décès à Agadez Catégorie:Culture au Niger Catégorie:Personnalité touarègue