, également connue comme , est une historienne allemande, résistante durant la Seconde Guerre mondiale et une défenseure des premières nations au sujet desquels elle a écrit plusieurs romans pour la jeunesse.
Elle est née le à Munich et morte le à Garmisch-Partenkirchen et a fait une carrière universitaire en Allemagne de l'Est qui lui a value d'être la première femme à rejoindre, en 1964, l'Académie des sciences de la RDA.
Biographie est née le à Munich. Son père est avocat. Sa famille déménage pour Stuttgart, au début de sa scolarité primaire.
Après son baccalauréat obtenu à Berlin en 1921, elle étudie la philosophie, l'histoire ancienne, l'économie et le droit à l'université Université Humboldt de Berlin, où elle soutient, en latin, sa thèse de doctorat en 1925. Le papyrologue Ulrich Wilcken, le philosophe et l'économiste sont les membres du jury. En 1928, elle abandonne ses recherches à l'université, à la suite de la mort de son père. Elle travaille dès lors comme statisticienne pour l'état jusqu'en 1945. Elle refuse de retourner travailler à l'Université en 1933, bien qu'un poste lui soit proposé, car elle est opposée au nazisme.
Durant la Seconde Guerre mondiale, elle rejoint le mouvement de résistance œuvrant en faveur des juifs et des prisonniers français de l'Église confessante allemande. Elle entretient une correspondance secrète avec le syndicaliste et communiste , participant à son évasion en 1944 : elle va le cacher à son domicile, partiellement bombardé par les alliés. Elle assurera également la distribution de tracts incitant les soldats allemands à déposer les armes ou à rejoindre les rangs de l'armée rouge.
Elisabeth et Rudolf se marient en 1946. Un fils, prénommé lui aussi Rudolf naitra en 1948 de cette union. À la fin de la guerre, le couple déménage dans le secteur russe et Elisabeth adhère au KPD qui devient le Parti socialiste unifié d'Allemagne. A compter de 1949, elle revient à l'université Humbold comme assistante de recherche, puis comme chargée de cours en histoire ancienne, avant d'en être promue, en octobre 1960, la première femme professeure. Elle va diriger le département d'histoire ancienne à partir de 1961. En 1964, elle est la première femme à entrer à l'Académie des sciences. Elle s'éloigne alors de l'Université Humbolt, qui dissout la chaire d'histoire ancienne 4 ans après son départ.
En parallèle de sa carrière universitaire, Elisabeth Welskopf‐Henrich a écrit, sous le nom de plume Liselotte Welskopf‐Henrich, des romans. Ceux consacrés aux indiens d'Amérique sont devenus très populaires, tant en Allemagne de l'Est qu'à l'Ouest. Dans ses romans, elle se fait la défenseure de ces populations discriminées luttant pour leurs droits civiques aux États-Unis. Ceci lui vaut la visite d'activistes de la cause indienne tels que le fondateur de l'American Indian Movement et de son dirigeant historique à Berlin, en 1975.
Elisabeth Welskopf‐Henrich est morte le . Elle est enterrée au cimetière Aldershof à Berlin.
Principales publications académiques Alors que la chaire d'histoire ancienne de l'université Humbolt vient d'être dissoute, Elisabeth Welskopf‐Henrich, alors âgée de 68 ans, entreprend de diriger la rédaction d'un imposant recueil collectif en 4 tomes, en utilisant les ressources de l'Académie des sciences. Elle lance son projet le 31 mars 1969, en demandant le soutient de l', nouvellement fondé, à son directeur le préhistorien . Achevé en 1972, l'ouvrage parait en 1974, sous le titre . Il traite de tous les aspects de la Grèce antique de la fin du V siècle, à partir de 421 av J.-C. (Paix de Nicias). A cette monographie collaborent 60 auteurs, non seulement des hellénistes de l'université Humbolt, telles que les philologues ou , mais aussi des chercheurs européens (dont Monique Clavel-Lévêque , ou Mario Torelli) ou américains (Charles D. Hamilton de Chicago qui en rédige l'introduction). Elisabeth Welskopf‐Henrich espérait alors que ce travail marquerait le début d'une collaboration internationale dans le domaine de l'histoire ancienne.
Son ouvrage suivant s'intitule . Consacré aux classes sociales de la Grèce antique, il a mobilisé une centaine de contributeurs originaires de quarante pays. Il parait à partir de 1981 et compte sept volumes.
Défenseure des peuples autochtones d'Amérique Son intérêt pour les populations autochtones américaines date de l'enfance. Elle reçoit à sept ans les romans de la série Histoires de Bas-de-Cuir de l 'écrivain américain James Fenimore Cooper. À l'âge de 10 ans, apprenant que le gouvernement mexicain veut expulser les indiens Yaquis de leurs terres ancestrales, elle écrit une lettre de protestation au président Fransisco Madero. Elle reçoit une réponse quelques mois plus tard, toutefois ce président est assassiné peu après. Elle lira également Winnetou de Karl May.
Cette passion pour les premières nations américaines est à l'origine de la série de six romans Le Fils de la Grande Ourse (), publiés sous le nom de plume de Liselotte Welskopf-Henrich. Il s'agit d'une œuvre longuement murie, débutée avant 1930, achevée en 1940 et dont la première édition date de 1951. Le livre livre connait un succès immédiat auprès du public allemand (y compris en Allemagne de l'Ouest) et gagne un prix de littérature jeunesse en RDA, puis en 1968 le prix Friederick Gerstacker en Allemagne de l'Ouest. Traduit en une demi douzaine de langue et diffusé en Europe de l'Est et en Scandinavie, il donne lieu à une adaptation au cinéma, dans la veine des westerns rouges des années 1960. Elle écrira par la suite (Le Sand de l'Aigle), une seconde série de cinq romans, qui ne rencontrera toutefois pas le même succès que la première série devenue un classique de la littérature jeunesse. alt=Une dame âgée entourée de deux amérindiens.|vignette|Les dirigeants de l'AIM en visite chez Elisabeth Welskopf-Henrich, à Berlin, en 1975.
Entre 1968 et 1974, elle se rend à plusieurs reprises au Canada et aux États-Unis pour étudier et documenter la culture et les traditions des Lakotas. Elle n'a aucun mal à obtenir l'autorisation des autorités est-allemandes de sortir de RDA du fait de son passé de résistante au nazisme, de communiste de la première heure, de ses liens familiaux à Berlin et de son parcours universitaire. Elle développe une image positive de ce peuple et sera alors baptisée par les sioux (la couverture protectrice des Lakotas).
Autres romans Elisabeth Welskopf‐Henrich a également publié quelques romans ayant pour cadre la république de Weimar : (1953), suivi de et .
Références
Voir aussi
Articles connexes
Le Fils de la Grande Ourse Ostern
Bibliographie
Liens
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