Ida Gramcko Cortina est une poétesse, dramaturge, essayiste, conteuse et journaliste vénézuélienne née le à Puerto Cabello et morte le à Caracas, au Venezuela.
Biographie Ses parents sont Henrique José Gramcko Brandt et sa cousine Elena Margarita Cortina Gramcko. Ils ont deux filles, Ida et sa sœur cadette Elsa Gramcko, une peintre et sculptrice dont l'œuvre se rattache à l'art abstrait. Ida et sa sœur n'ont pas fréquenté d'institutions scolaires, leur père craignant qu'elles puissent contracter des maladies. Néanmoins, dans les années suivantes, Ida étudie pendant un an dans une école de commerce. Dès son plus jeune âge, elle se consacre à l'écriture de poèmes et à l'étude d'œuvres d'auteurs reconnus comme Cervantes, Garcilaso de la Vega ou Góngora.
À l'âge de 15 ans, sa famille s'installe à Caracas. En 1942, elle se fait rapidement remarquer avec son poème intitulé , qui lui vaut le Prix de l'Association culturelle interaméricaine. Quelques années plus tard, elle publie plusieurs livres dont et .
En 1943, alors qu'elle est âgée d'à peine 19 ans et qu'elle n'a pas terminé ses études secondaires, elle devient chroniqueuse dans le journal , où elle se spécialise dans les affaires criminelles. Elle débute ainsi sa carrière de journaliste, métier qu'elle exercera pendant cinquante ans. Elle rencontre alors José Domínguez Benavides, également journaliste, avec qui elle se marie le . Elle interviewe des personnalités vénézuéliennes de premier plan comme Rufino Blanco Fombona et Antonia Palacios et collabore à la de 1947 à 1963. En 1948, le président Rómulo Gallegos l'envoie en Union soviétique pour y exercer des fonctions diplomatiques en tant qu'attachée culturelle. Elle quitte ce poste à la chute du gouvernement de Gallegos suite au coup d'État dirigé par le militaire Marcos Pérez Jiménez.
Lors de son séjour en Europe, elle noue des liens avec divers auteurs et politiciens tels que Robert Ganzo, Fedor Kelin et Golda Meir. Son texte est également traduit en français et en russe. De retour dans son pays, Ida Gramcko publie plusieurs œuvres parmi lesquelles Poèmes, 1947-1952, , et .
En 1959, Ida commence à souffrir de troubles psychologiques. Sa sœur tombe également malade. Leur père a lui aussi souffert de dépression dans sa vieillesse. Après avoir surmonté cette épreuve avec une aide médicale, elle publie (« Poèmes d'une psychotique ») en 1964. La même année, à 38 ans, elle reprend ses études et obtient son baccalauréat.
En 1968, elle sort diplômée en philosophie de l'Université centrale du Venezuela. Les années suivantes, elle dispense des cours de mythologie et de philosophie de l'art à la faculté d'arts plastiques ainsi que des cours et des ateliers de poésie à la faculté de lettres et au Centre d'Études Latino-américaines Rómulo Gallegos. Elle enseigne ensuite dans plusieurs écoles et universités au Venezuela. Parallèlement, elle poursuit son travail de poétesse et de journaliste, publiant des articles dans des journaux et magazines reconnus tels que , , et la .
Après sa maladie mentale, elle commence à s'éloigner de la vie publique. Au fil des ans, elle développe diverses maladies chroniques et décède en 1994 à la suite d'un accident vasculaire cérébral, à l'âge de 69 ans. Elle meurt quelques mois à peine après sa sœur Elsa.
Reconnaissance et héritage vignette|235x235px|Ida Gramcko et l'écrivain Mariano Picón Salas, en 1946. Plusieurs de ses textes ont été acclamés par des auteurs comme Mariano Picón Salas, Andrés Eloy Blanco et Miguel Otero Silva. Le critique littéraire Guillermo Sucre a salué son travail et a qualifié Ida Gramcko de .
En 1977, le Prix national de littérature du Venezuela lui est décerné pour l'ensemble de son œuvre, qui inclut des poèmes, des pièces de théâtre, des essais, des reportages, etc.. En 1979, le ministère des Affaires étrangères lui décerne l'ordre Francisco de Miranda, première classe.
Selon certains auteurs, son œuvre n'a pas été suffisamment étudiée à travers le pays et aborde, sous l'angle de la métaphore, des questions philosophiques relatives à la complexité de la nature humaine, à la liberté, aux problèmes sociaux et à l'histoire du peuple vénézuélien. Des écrivaines comme Elizabeth Schön et Elisa Lerner ont mentionné l'influence exercée par Ida Gramcko sur leurs œuvres.
Œuvres Les œuvres d'Ida Gramcko, dont voici une liste non exhaustive, s'inscrivent dans de nombreux genres littéraires et s'étalent sur une période de plus de quarante ans :
1942 : 1943 : 1944 : 1948 : 1952 : 1955 : 1955 : 1956 : 1959 : 1961 : 1964 : 1965 : 1966 : 1967 : 1967 : 1967 : 1968 : 1969 : 1970 : 1970 : 1972 : 1972 : 1972 : 1972 : 1973 : 1973 : 1980 : 1980 : 1983 : 1985 : 1985 : 1987 : 1988 : 1993 :
Prix et distinctions
1942 : Prix de l'Association culturelle interaméricaine pour 1957 : Prix national du roman José Rafael Pocaterra pour 1958 : Prix de théâtre de l'Ateneo de Caracas pour 1960 : Prix de théâtre de l'Université centrale du Venezuela pour 1961 : Prix José Rafael Pocaterra, mention prose, pour 1962 : Prix municipal de poésie pour 1964 : Prix de poésie de l'Université du Zulia pour 1977 : Prix national de littérature
Voir aussi
Hanni Ossott Littérature vénézuélienne
Références
Liens externes
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