Mille huit cent soixante et onze, sous-titrée Année terrible, est une sculpture en marbre réalisée par le sculpteur français Paul Cabet à partir de 1871. Conservée au musée d'Orsay à Paris, elle constitue la dernière œuvre de l'artiste. Achevée après sa mort par son praticien Daumas, elle est généralement considérée comme l'une des œuvres les plus représentatives de la sculpture allégorique française de l'après-guerre de 1870Notice Orsay.Notice du Louvre..
Description La sculpture représente une figure féminine assise, penchée en avant, la main droite posée sur son visage et enveloppée dans un ample vêtement de deuil. Cette allégorie de la Douleur exprime la désolation et l'accablement ressentis par la France à la suite de la défaite de Sedan et de la guerre franco-prussienne de 1870-1871. L'œuvre relève d'un néoclassicisme tardif par la sobriété de sa composition et par le traitement idéalisé de la figure.
Elle mesure 125 cm de hauteur, 66 cm de largeur et 101 cm de profondeur, pour un poids de 867 kg.
La sculpture porte les inscriptions « P. CABET » sur le siège, à droite, et « MDCCCLXXI » sur la plinthe.
Historique L'origine de la composition remonte à un bas-relief en bronze conçu pour le monument funéraire au cimetière du Montparnasse de Martine van der Haert, épouse de Paul Cabet et nièce du sculpteur François Rude, décédée le 3 août 1865. Un premier modèle en plâtre de cette allégorie de la Douleur est présenté au Salon de 1866 et est conservé au musée des Beaux-Arts de Dijon.
Après la guerre franco-prussienne de 1870 et la défaite française, Paul Cabet reprend cette figure en 1871 et lui donne une portée nationale en la transformant en allégorie de la France vaincue. Le plâtre est présenté au Salon de 1872 puis à l'Exposition universelle de Vienne en 1873. Il est déposé au musée des Beaux-Arts de Beaune en 1879.
La version en marbre est commandée par l'État en 1873. L'artiste reçoit 8 000 francs ainsi qu'un bloc de marbre de première qualité provenant d'Italie en 1874. Après le décès de Paul Cabet, l'exécution est poursuivie et achevée en 1875 par son praticien Daumas. Le solde de la commande est versé le 6 février 1877.
Après son achèvement, le marbre entre dans les collections de l'État. Il est successivement conservé au musée du Luxembourg, attribué puis transféré au musée du Louvre en 1886, avant d'être déposé au musée de la Chartreuse à Douai entre 1886 et 1890. Il est ensuite déposé au musée des Beaux-Arts de Dijon à partir de 1890, puis au musée de Nuits-Saint-Georges de 1970 à 1983. En 1986, il est affecté au musée d'Orsay, où il est conservé.
Analyse Mille huit cent soixante et onze est souvent considérée comme le pendant tragique de Suzanne au bain, sculpture que Paul Cabet présente au Salon de 1861, à une période marquée par la prospérité du Second Empire. Les deux œuvres présentent une attitude comparable de la figure, mais leur signification diffère profondément. Alors que Suzanne au bain met principalement l'accent sur le rendu des matières et la beauté idéale du corps féminin, Mille huit cent soixante et onze privilégie l'expression du deuil et de la souffrance. L'artiste abandonne les effets de virtuosité pour concentrer toute la composition sur l'expression du désespoir collectif. La figure reprend directement l'allégorie de la Douleur élaborée en 1866 pour le tombeau de son épouse, conformément à l'iconographie funéraire traditionnelle. Certains historiens de l'art soulignent également une possible influence d'un dessin de François Rude conservé au musée des Beaux-Arts de Dijon, représentant une mère penchée sur le berceau de son enfantParis sculpture..
Exemplaires Le plâtre original de 1871 est conservé au musée des Beaux-Arts de Beaune. Un exemplaire en marbre est conservé au musée d'Orsay à Paris. Un exemplaire en bronze est inauguré en 1922 comme monument aux morts au cimetière de Saint-Lô. Un autre exemplaire est déposé au musée de la Chartreuse de Douai avant d'être détruit en 1944. Une édition est également réalisée par l'atelier de moulage des Musées nationauxNotice pop culture..
Galerie
Notes et références
Liens externes
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