Le Petit Peintre du Rajasthan est un film franco-indien, écrit et réalisé par Rajkumar Bhan, sorti en France en 2007.

Synopsis Aniket, cadre stressé, vit avec sa femme Malati et leur fils Anirudh à Pune et rejoint chaque jour Bombay pour son travail. Pour mettre leur fils Anirudh, onze ans, à l'abri des troubles qui agitent le pays, Aniket et son épouse Malati confient l'enfant à sa grand-mère paternelle, à Shekhawati, une ville du Rajasthan couverte de fresques traditionnelles. Aniket devant partir à l'étranger, la vieille femme accepte de garder ce petit-fils qu'elle connaît à peine.

Durant ce séjour, Anirudh découvre un monde rural et paisible qui le fascine. Proche de sa grand-mère, il se lie à un peintre ami de celle-ci, qui décèle en lui des talents d'artiste. Il apprend que son propre grand-père a réalisé les plus belles fresques de la ville et reçoit son matériel de peinture.

À son retour, Aniket trouve son fils transformé et se met en colère de le voir vêtu en paysan et adonné à la peinture, lui qui rêvait pour Anirudh d'un avenir tourné vers la modernité et le commerce.

Fiche technique

Titre français : Le Petit Peintre du Rajasthan Titre original : Titres anglais : Behind The Mirror Titre de travail : Pourquoi le Dieu a ri Réalisation : Rajkumar Bhan Scénario : Rajkumar Bhan Musique : Sanjeev Kohli Photographie : Jogendra Panda Montage : Aseem Sinha Costumes : Meghna Prem Décor : Alok Haldar Son : Manas Choudhury Assistant réalisateur Dedipya Bhanu Production : Marc Irmer, Rajkumar Bhan Producteur associé : Rémy Thibault Producteur exécutif : B.S. Narayanaswamy Sociétés de production : Mille et une productions et Raj Movies International Co-production : Magrytte Films International Soutiens : CNC, Ministère français de la Culture, Fonds Sud Cinéma Distribution : Eurozoom (2006-2016) puis Dolce Vita Films depuis 2024 Pays de production : , Langue originale : Hindi Format : couleur — 1,85 :1 — 35 mm — son : Dolby SRD Genre : Drame Durée : 88 minutes Année de production : 2005 Date de sortie : France :

Distribution

Sulabha Deshpande : la grand-mère Omkar Lele : Anirudh, l'enfant Nandu Madhav : Aniket, le père Sitaram Panchal : le peintre Maithili Jaokar : Malati, la mère Ram Kapoor : le grand-père

Notes du réalisateur Dans ses notes d'intention, Rajkumar Bhan explique s'être inspiré d'un phénomène récent en Inde : l'exode des populations rurales vers des villes-satellites éloignées, d'où des travailleurs rejoignent chaque jour Bombay au prix de longs trajets. Ayant étudié le cinéma à Pune, il dit avoir observé ces migrations pendant cinq ans. Selon lui, ces rythmes et la rupture avec le milieu d'origine affectent les familles, dont les enfants souffrent les premiers, et creusent un fossé avec le monde traditionnel. Il précise ne pas vouloir opposer ville et campagne, mais traiter de la survivance et de la perte des valeurs ancestrales à travers un enfant, dans le cadre de la culture du Rajasthan et de la pensée indienne.

Le contexte historique Le Shekhawati, situé aux confins du désert du Thar, se trouvait sur l'ancienne route caravanière qui acheminait l'opium, l'indigo et la soie du nord de l'Inde vers la Chine — la « route de la soie ». Dès la fin du XVIIe siècle, les puits destinés aux caravanes firent la fortune de leurs propriétaires, qui édifièrent des palais et de grandes demeures appelées havelîs. Ces bâtiments furent couverts de fresques hautes en couleur représentant la vie de l'époque, les événements familiaux et des épisodes mythologiques. Florissante jusqu'au XIXe siècle, la région déclina avec l'arrivée du train et des routes : les grandes familles émigrèrent vers Calcutta, Bombay ou Delhi pour se tourner vers les affaires, laissant nombre de ces demeures à l'abandon. Ces fresques, parmi les plus anciennes du Rajasthan, comptent aujourd'hui parmi les trésors du Shekhawati.

Critiques du film "Un joli film qui révèle l’âme ancestrale de l’Inde. L’endroit ne paie pas de mine : une cour chauffée par un soleil de plomb et bordée d’arcades décrépies. C’est pourtant là, dans ce décor de rien du tout, que Le petit peintre du Rajasthan trouve son point d’équilibre, mariant le conte initiatique et le film à thèse. " selon Baptiste Drake"Il y a quelque chose d’un peu naïf dans Le Petit Peintre du Rajasthan, sans que cette naïveté soit jamais péjorative. Dans la mise en scène d’abord, extrêmement simple et épurée, peut-être faute de moyens, mais pas seulement. Rajkumar Bhan, dont c’est le premier long-métrage de fiction, colle au plus près de ses personnages et de leur personnalité, sans chercher pourtant à les vider de leur substance par des explications trop rébarbatives. C’est aussi que l’univers est vu à travers les yeux d’un enfant, qui ne comprend pas toujours les réactions des autres et agit uniquement par impulsion, en suivant son instinct et ses émotions. Le monde rêvé dans lequel il choisit de vivre, où la mort n’est pas synonyme d’absence, où l’art est un moyen de perpétuer le souvenir, est un monde sans frontières : il n’est pas nécessaire d’être indien ou fasciné par l’Inde pour y adhérer." Ophélie Wiel en 2007 sur Critikat

Autour du film

Le film a été programmé pour le public scolaireDossier pédagogique conçu par Nathalie Vard Conseillère pédagogique en Arts visuels, DSDEN 33 et proposé à un jeune public entre autres au festival L'enfant et le 7ème art (2007), au Centre Pompidou en 2008. Rajkumar Bhan a d'ailleurs dédié son film à son jeune fils MilanLe dernier carton indique « Ce film est dédié à mon fils Milan ». Le film est paru en DVD (Les Films du Paradoxe) en 2012.

Distinction Prix du public au festival international du film d'Amiens en 2005.

Notes et références

Liens externes

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