ʿAlī Bahǧat, ou ʿAlī bey Bahǧat, aussi écrit Ali Bahgat ou Aly Bahgat, est un spécialiste d’histoire et d’archéologie, épigraphiste, fonctionnaire égyptien, premier directeur égyptien du Musée national de l’art arabe, né en Moyenne Égypte à Baha al-Ajut en 1858, et mort à Matarieh, quartier du Caire, situé à une dizaine de kilomètres au nord-est, le .

Biographie Baha al-Ajut appartient à une famille d'origine turque. Son grand-père, Aly Agha, était un Turc au service du gouvernement qui a longtemps vécu dans la moudirieh (gouvernorat) de Charkieh où il s'était marié. À la fin de son service il a échangé ses droits à la retraite contre un terrain situé à Baha al-Ajut, dans le Gouvernorat de Beni Souef et où il a vécu, vivant du produit de sa terre. Son père, Mahmoud bey Aly, y est né. Il a été fonctionnaire au service du Domaine de l'État. Il s'est marié avec la fille d'un ancien fonctionnaire turc, Mahmoud Agha, du nom de Zohra. Ces familles d'origine turque ne vivaient qu'entre elles, formant une société particulière ayant peu de contacts avec leurs voisins arabes.

Ali Bahgat a reçu sa première éducation à l'école primaire Nasrieh, au Caire, puis a continué ses études secondaires à l'école Taghizieh. Après avoir passé quelques années à l'École polytechnique, il est entré à l'École de Langues fondée par le Khédive Ismaïl Pacha. À cette école, il a eu comme professeur à cette école ckeikh Hassounah al-Nawawi qui a été grand imam de la mosquée al-Azhar entre 1895 et 1899.

Il a terminé ses études en 1882 Il est nommé répétiteur de l'école Taghizieh. Dans le même temps il est détaché auprès de la Mission archéologique française au Caire pour aider les orientalistes au déchiffrement des manuscrits et inscriptions arabes grâce à l'intervention de Yacoub Artin pacha qui probablement voulait qu'il soit formé auprès des savants européens en histoire et archéologie de l'Égypte. Pendant une quinzaine d'années il collabore avec Gaston Maspero, Paul Casanova, Max van Berchem et rencontre les orientalistes allemands. Il donne une première conférence à l'Institut français d'archéologie orientale en 1898 sur le contrat de mariage du général Menou qui a été publiée dans le Bulletin de l'Institut Égyptien. Aly Bahgat devient membre de l'Institut Égyptien le . Il publie plusieurs articles dans le Bulletin de l'Institut Égyptien rebaptisé Institut d'Égypte en 1918. Il publie dans la revue Mawsuat, des traductions en arabe de ses conférences et de ses articles. Il signe parfois ses articles sous le pseudonyme al-Athari (l’archéologue). Ali Bahgat maîtrise l'arabe, le turc, le français et l'allemand. Plus tard, il a étudié l'anglais.

Parallèlement, il a continué sa carrière administrative. Après quelques années comme inspecteur des écoles primaires dépendant de l'administration des wakfs, il devient chef de bureau de traduction au Ministère de l'Instruction publique. En 1882, suite à la révolte ʻUrabi, les forces armées britanniques occupent l'Égypte à la suite de la guerre anglo-égyptienne. L'administration égyptienne est placée sous le contrôle des britanniques. Evelyn Baring, futur Lord Cromer, est nommé consul général d'Égypte. Il décide de réduire le budget de l'éducation, ferme de nombreux établissements post-secondaires spécialisés et recentre le programme sur des sujets professionnels. Il nomme Douglas Dunlop conseiller auprès du ministre de l'instruction publique. Celui-ci décide de faire la promotion de l'anglais et de marginaliser l'enseignement en arabe et en français. En 1896, Ali Bahgat a rejoint une société secrète nationaliste qui réunit les réformistes libéraux de la Nahda. Une lettre écrite sous les instructions de Yacoub Artin pacha, sous-secrétaire d'État à l'instruction publique, signée par Hussein Fakhry pacha (1843-1910), ministre de l'instruction publique, n'ayant pas été soumise à l'accord préalable de Douglas Dunlop, celui-ci a exigé du ministre qu'il reprenne sa signature. Ali Bahgat a alors décidé de rendre publique en 1900 cet incident en publiant plusieurs articles dans le journal Al-Mu'ayyad (Al Moayad) fondé en 1889 par le cheikh Ali Youssef (1863-1913). L'opposition de Douglas Dunlop l'a amené à envisager la démission de son poste mais le ministre Fakhry et Yacoub Artin pacha l'ont transféré dans le Service des monuments arabes et l’intègrent au Comité de conservation des monuments de l'art arabe (nommé le ). Ils essayent de le faire nommer au poste de nazir (conservateur) du Musée de l'art arabe se trouvant dans la mosquée Al-Hakim. Le musée a été transféré dans un nouveau bâtiment en 1903. Max Herz (1856–1919), qui a remplacé en 1887 Julius Franz comme directeur technique des wakfs et assure la fonction d'administrateur du Musée, s’y oppose. Pour débloquer la situation, Max Herz est nommé nazir et Ali Bahgat devient alors son assistant en 1901. Il ne lui succède qu’en 1914. Dans cette période de coopération, Herz va surtout s'occuper d'architecture pendant qu' Ali Bahgat prend en charge les collections. Il révise la lecture des objets et publie dans les Mémoires de l’Institut français d’archéologie orientale. Il enrichit les collections grâce à ses relations avec des donateurs, des antiquaires et crée un réseau de bienfaiteurs égyptiens autour du musée. À partir de 1887, il traduit en arabe les publications scientifiques et les Bulletins du Comité de Conservation des Monuments de l'Art Arabe et, en 1909, le catalogue du Musée de l’art arabe.

En 1912, le Musée de l'art arabe a reçu la mission de veiller sur les collines situées autour du Caire. Il va couronner sa carrière par la découverte de la ville de al-Foustât, première capitale islamique d'Égypte. Entre 1912 et 1921, il a organisé des fouilles sans obtenir de financement. Pour contourner cette absence de financement, il a confié la fouille à chercheurs de sebakh (engrais naturel) sous la surveillance du musée qui recueille les objets trouvés. Cette méthode est critiquée en 1919 car elle ne tient aucun compte de la stratigraphie et la topographie du site fouillé. Il est obligé de quitter ses fonctions en 1921. Le résultat de ces fouilles a été publié avec Albert Gabriel.

Il est mort le dans sa maison de Matarieh. Il est inhumé le lendemain dans un tombeau qu'il s'était fait construire près du mausolée de Qait Bay.

Publications

, compte-rendu par . Une traduction en arabe par Aly Bahgat a été publiée en 1928 (lire en ligne).

Notes et références

Annexes Bibliographie

Liens externes

Dictionnaire des orientalistes de langue française : BAHGAT Ali Bey

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