François Le Pillouër, né le , est un directeur de théâtre français.

Après des débuts en Bourgogne, où il participe à la création du festival Théâtre en mai à Dijon, il dirige le Théâtre national de Bretagne à Rennes de 1994 à la fin de l'année 2016. Il y dirige le festival Mettre en scène, consacré à la création contemporaine en théâtre et en danse. Il préside par ailleurs le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac) de 2007 à 2013.

Parcours

Débuts en Bourgogne François Le Pillouër enseigne d'abord les mathématiques avant de se tourner vers le théâtre. Il est administrateur de la compagnie du Grenier de Bourgogne de 1980 à 1985, puis cofondateur et directeur de la structure Nouvelles scènes de 1983 à 1988. En 1989, il prend la direction d'Artemps, association chargée de soutenir la création contemporaine en théâtre et en danse.

Avec Marie-Odile Wald, il crée à Dijon le festival Théâtre en mai en 1989. La manifestation accompagne l'émergence d'une nouvelle génération de metteurs en scène, parmi lesquels Dominique Pitoiset, Stéphane Braunschweig, Stanislas Nordey ou Thomas Ostermeier. Brigitte Salino, dans Le Monde, le décrit comme un intendant au sens allemand du terme, c'est-à-dire un homme qui sait repérer le talent des metteurs en scène et les accompagner dans leurs projets.

Il préside le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac) de 2007 à 2013.

Théâtre national de Bretagne Nommé en 1994 à la direction du Théâtre national de Bretagne (TNB), François Le Pillouër s'installe à Rennes en 1995, accompagné de Marie-Odile Wald. Il y lance le festival Mettre en scène, héritier de Théâtre en mai, qui constitue l'un des premiers festivals inscrits dans la programmation d'une saison théâtrale. Ouvert sur l'Europe, le festival croise le théâtre, la danse et, à partir de 2003, les arts plastiques. Il accueille des metteurs en scène de renommée internationale comme Rodrigo García, Romeo Castellucci ou Thomas Ostermeier, et accompagne les débuts de Christine Letailleur. La manifestation essaime dans plusieurs villes de Bretagne et s'appuie sur le projet européen Prospero, porté par le TNB avec des partenaires dans cinq villes d'Europe.

Sous sa direction, l'école de comédiens du TNB est transformée en école supérieure. Plusieurs productions de la maison sont récompensées par des Molières, attribués à Philippe Torreton pour Cyrano de Bergerac, à Thomas Jolly pour Henry VI et à Dominique Blanc pour Les Liaisons dangereuses. En 2013, la ministre de la Culture Aurélie Filippetti le reconduit à la tête de l'institution pour un mandat de trois ans.

Le , après plus de vingt-deux ans à la tête du TNB, il cède sa place au metteur en scène Arthur Nauzyciel, jusqu'alors directeur du Centre dramatique national d'Orléans. L'institution compte alors 12 700 abonnés, accueille 106 000 spectateurs par an pour le spectacle vivant et dispose d'un budget de plus de 14 millions d'euros. À son départ, Ouest-France salue son professionnalisme et sa fidélité aux artistes, parmi lesquels Jean-François Sivadier, François Tanguy, Christine Letailleur ou Stanislas Nordey, tout en rappelant que sa personnalité, jugée autoritaire, lui a valu le reproche d'avoir transformé le TNB en « citadelle ».

Engagements Le , François Le Pillouër est élu président du Syndeac, principal syndicat d'employeurs du spectacle vivant subventionné, qui réunit alors 257 structures. Il succède pour deux ans à Francis Peduzzi, directeur de la scène nationale de Calais, dans un contexte de crise interne du syndicat. Il occupe cette fonction jusqu'en 2013. Durant son mandat, il s'oppose à la politique culturelle du président Nicolas Sarkozy, notamment dans le cadre de la lettre de mission adressée à la ministre de la Culture Christine Albanel.

Engagé à gauche, il défend régulièrement le financement public du spectacle vivant. En 2003, lors de la crise des intermittents du spectacle, il place le festival Mettre en scène aux côtés du mouvement et organise des forums de débat sur le financement de l'art et de la culture. En 2013, il dénonce les baisses de budget du ministère de la Culture qui frappent selon lui le spectacle vivant. En 2010, lors de la mobilisation contre la politique de Nicolas Sarkozy, il autorise l'utilisation de l'écran géant apposé sur le TNB pour diffuser des messages de soutien aux manifestants.

En , à dix jours des élections municipales à Rennes, il adresse aux 14 000 abonnés du TNB un courriel défendant la politique culturelle de la municipalité socialiste sortante. L'initiative suscite les critiques de la quasi-totalité des candidats. L'opposition dénonce l'utilisation de moyens publics à des fins politiques pendant une campagne électorale, un candidat réclamant la démission du directeur. La candidate socialiste Nathalie Appéré elle-même se désolidarise de la démarche, qu'elle qualifie d'initiative personnelle qu'elle condamne. Sollicité par la presse, François Le Pillouër ne s'exprime pas sur cette affaire.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Théâtre national de Bretagne Syndeac

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