Le sommet de l'OTAN de 2026, de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), réunit à Ankara en Turquie, les et , les chefs d'État et de gouvernement des trente-deux États membres de l'OTAN, de leurs pays partenaires et de l'Union européenne (UE).

Contexte du sommet Le sommet d’Ankara s’ouvre dans un contexte stratégique marqué par plus de quatre années de guerre en Ukraine et par le retour durable de la Russie comme principale menace pour la sécurité euro-atlantique. Les Alliés poursuivent le renforcement de leur posture de défense collective, l’augmentation de leurs dépenses militaires et le développement de leur industrie de défense, tout en maintenant leur soutien à l’Ukraine.

Mais le sommet est également dominé par les interrogations suscitées par la politique de la nouvelle administration américaine. Les déclarations répétées du président Donald Trump sur le Groenland, ses critiques sur le refus des Alliés de s'engager dans la guerre en Iran, au sujet de laquelle ils objectent qu'ils n'ont pas été consultés préalablement, ainsi que ses prises de position laissant entendre que les États-Unis pourraient moduler leur engagement envers des Alliés ne consacrant pas suffisamment de ressources à leur défense, alimentent les inquiétudes de nombreuses capitales européennes. Si Washington réaffirme son attachement à l’OTAN durant le sommet, ces déclarations renforcent les doutes sur la pérennité de l’engagement américain et accélèrent les réflexions européennes sur le renforcement de leurs capacités militaires et de leur autonomie stratégique.

La tenue du sommet en Turquie souligne enfin la place croissante d’Ankara dans la sécurité de l'Europe et du Moyen-Orient, ainsi que sa volonté de consolider sa position au sein de l’Alliance. Après s’être rapproché de la Russie dans les années 2010, le pays a resserré ses liens avec Washington et plusieurs capitales européennes. Le sommet d'Ankara acte la considération dont jouit le président Recep Tayipp Erdogan aux yeux des Occidentaux, malgré l’évolution de plus en plus autoritaire de son régime. La guerre en Ukraine, la sécurité en mer Noire et en Méditerranée orientale, la question migratoire dans l'UE et les tensions au Moyen-Orient ont progressivement transformé la Turquie d’allié encombrant en partenaire indispensable.

Déroulement du sommet

La première journée, le 7 juillet, est consacrée à un forum OTAN des industries de défense dans le cadre duquel le Secrétaire général, Mark Rutte, met en scène l'augmentation des dépenses de défense des Alliés européens et annonce plusieurs initiatives nationales ou multinationales d'acquisition d'équipements militaires.

La seconde journée, le 8 juillet, est consacrée à la réunion plénière des chefs d'État et de gouvernement des pays membres au cours de laquelle la déclaration finale est validée.

Augmentation des dépenses de défense Selon les chiffres publiés par l'OTAN, les Alliés européens et le Canada ont majoré de près de 20 % par rapport à 2024 les budgets dédiés à la défense proprement dite. En 2026, soit bien avant l’échéance de 2035 convenue à La Haye, cinq Alliés devraient atteindre l’objectif des 3,5 % fixé pour les dépenses consacrées à la défense proprement dite : la Lituanie (5,33%), l'Estonie (5,10%), la Lettonie (4,92%), la Pologne (4,68%) et la Grèce (3,65%).

Annonces d'achats d'équipements militaires Les contrats cités durant le Forum du 7 juillet portent sur au moins 50 milliards de dollars (43 milliards d’euros). Les principaux projets multinationaux d'achat d'équipements militaires annoncés ou confirmés durant le sommet concernent : le renforcement de la flotte de ravitailleurs Airbus A330 MRTT ; la constitution d'une flotte multinationale d'avions de transport A400M par sept pays dont la France, le Royaume-Uni et la Pologne ; le projet conjoint d'acquisition de drones de surveillance MQ-4C Triton ; l’achat de dix avions de guet aérien GlobalEye à l’industriel suédois Saab, pour surveiller le ciel, mais également les domaines terrestres et maritimes. Malgré sa participation à plusieurs initiatives, la France est restée discrète lors du forum industriel, organisé avant tout pour mettre en valeur la collaboration transatlantique et les achats aux Etats-Unis, alors que la France promeut l’autonomie européenne en matière de défense.

Résultats du sommet La Déclaration du sommet d'Ankara comporte six points.

Le premier réaffirme des pays membres en faveur de la défense collective, consacré par l’article 5 du traité de Washington, et leur attachement à la relation transatlantique.

Le second prend acte de l'augmentation importante des dépenses consacrées à la défense par les Alliés européens et le Canada .

Le troisième porte sur les axes stratégiques majeurs de l'OTAN : accroissement de la part prise par les européens et le Canada dans la défense de l'Alliance, qui repose sur un , investissement dans des moyens de frappe de précision dans la profondeur, dans le système OTAN de défense aérienne et antimissile intégrée, dans les drones, ainsi que dans diverses technologies de pointe et capacités de renseignement.

Le quatrième affirme que .

Dans le cinquième point, .

Participants Le sommet de l'OTAN est, sur le plan juridique, une réunion du Conseil de l'Atlantique nord (CAN), à laquelle les 32 États membres sont représentés par leur chef d'État ou de gouvernement. Le Secrétaire général de l'OTAN assure la présidence du CAN.

Pays / OrganisationReprésentantFonctionMark RutteSecrétaire général de l'OTANEdi RamaPremier ministreFriedrich MerzChancelier fédéralBart De WeverPremier ministre de BelgiqueRumen RadevPremier ministreMark CarneyPremier ministreZoran MilanovićPrésidentMette FrederiksenPremière ministrePedro SánchezPrésident du gouvernementKristen MichalPremier ministre Donald Trump PrésidentAlexander StubbPrésidentEmmanuel MacronPrésident de la RépubliqueKyriákos MitsotákisPremier ministrePéter MagyarPremier ministreKristrún FrostadóttirPremière ministreGiorgia MeloniPrésidente du Conseil des ministresEdgars RinkēvičsPrésidentGitanas NausėdaPrésidentLuc FriedenPremier ministreGordana Siljanovska-DavkovaPrésidenteMilojko SpajićPrésidentJonas Gahr StørePremier ministre de NorvègeRob JettenPremier ministreKarol NawrockiPrésidentLuís MontenegroPremier ministreNicușor DanPrésidentKeir StarmerPremier ministrePeter PellegriniPrésidentJanez JanšaPrésident du gouvernementUlf KristerssonPremier ministreAndrej Babiš et Petr PavelPrésident du gouvernement / Président de la RépubliqueRecep Tayyip ErdoğanPrésident

Références

2026 Catégorie:Politique en juillet 2026 Catégorie:2026 en Turquie