Le lustrage est une technique de finition appliquée aux céramiques non émaillées consistant à rendre la surface lisse et brillante par frottement. Réalisé avant la cuisson sur une pièce à l'état de cuir ou partiellement sèche, il rapproche les particules d'argile et produit un aspect satiné ou brillant sans recourir à une glaçure. Il existe plusieurs méthodes employées par les potiers japonais, notamment le polissage au galet et le lissage à l'acier. Il évoque également le recours au papier de verre dans les opérations de préparation de certaines terres.

Lissage par galet Le lustrage au galet est illustré par la technique mise en œuvre par Gen Asao, également connu sous le nom de Sōzen II, maître de la céramique unka (« fleur de nuage »). Après le tournage et un séchage partiel, la pièce est polie à l'aide d'un galet très lisse provenant du fond d'une cascade. Ce polissage rapproche les particules d'argile, ce qui produit une surface lisse et brillante.

La cuisson est ensuite réalisée entre 600 et 900 °C. Le décor caractéristique de la céramique unka résulte de l'imprégnation de carbone pendant ou immédiatement après la cuisson. Herbert Sanders rapporte deux procédés décrits par Tomimoto. Le premier consiste à effectuer une cuisson en atmosphère fortement réductrice et très enfumée, le carbone s'imprégnant aux points de contact entre les pièces. Le second consiste à retirer les pièces encore incandescentes du four et à frotter immédiatement leur surface avec un tampon de coton imbibé d'huile végétale. L'huile pénètre dans les pores de la céramique et retient le carbone produit par la flamme, formant le décor dit « fleur de nuage ».

Sanders indique également que cette technique de lissage au galet était utilisée depuis de nombreuses années par Maria Martinez, potière du village de San Ildefonso, au Nouveau-Mexique.

Lissage à l'acier Les potiers de Tokoname appliquent une autre technique de lustrage consistant à polir les céramiques shudei (« terre rouge non émaillée ») à l'aide d'outils en acier. Ces céramiques sont réalisées à partir d'une terre naturellement riche en fer, auquel certains potiers ajoutent de l'oxyde de fer afin d'accentuer la coloration rouge. Après mélange, la terre est tamisée, puis séchée jusqu'à atteindre la plasticité requise pour le tournage.

Lorsque la pièce tournée atteint la consistance du cuir, elle est soigneusement tournée de nouveau, puis lissée au moyen d'outils métalliques. Le procédé consiste à appliquer une surface métallique parfaitement lisse contre la terre pendant la rotation du tour. Sous l'effet de la pression, les particules d'argile sont davantage rapprochées, produisant une surface brillante. Sanders souligne que cette technique ne peut être appliquée à toutes les argiles et précise que les terres employées par Rakusen Asai et d'autres potiers de Tokoname possèdent un grain particulièrement fin, favorable à ce type de lustrage.

La cuisson de ces céramiques est délicate. En l'absence de cuisson de dégourdi, la finesse de la terre accroît les risques de rupture. Sanders décrit une préparation préalable du four, chauffé plusieurs heures avec des cazettes vides afin de les sécher avant d'y introduire les pièces encore chaudes. La cuisson est ensuite menée lentement en atmosphère oxydante dans un nobori-gama à huit chambres jusqu'à la température souhaitée.

Lissage au papier de verre Sanders mentionne l'utilisation du papier de verre comme méthode de lustrage parmi les procédés employés en céramique japonaise. Toutefois, dans les passages consacrés au lustrage, il ne fournit pas de description détaillée de cette technique ni de son mode opératoire. Les développements de l'auteur portent essentiellement sur le polissage au galet et le lissage à l'acier, qui font l'objet d'une description complète de leur mise en œuvre et de leurs effets sur la surface des céramiques.

Voir aussi Céramique Céramique japonaise

Références

Catégorie:Technique de fabrication de céramique japonaise