L’opération Koundjoaré est une opération militaire togolaise lancée le dans la région des Savanes, au nord du Togo. Conduite par les Forces armées togolaises (FAT), elle constitue le principal dispositif militaire du pays contre l’expansion des groupes armés djihadistes depuis le Sahel.

L’opération vise à défendre l’intégrité territoriale du nord du pays, à protéger les populations et leurs biens et à prévenir les incursions de groupes armés dans les zones frontalières avec le Burkina Faso et le Bénin.

Historique

Création et premiers déploiements

L’opération Koundjoaré est mise en place dans un contexte de dégradation de la situation sécuritaire au Sahel et d’extension des activités des groupes armés vers les États côtiers d’Afrique de l’Ouest. Initialement conçue comme un dispositif préventif, elle est progressivement renforcée à mesure que les attaques se rapprochent des frontières septentrionales du Togo.

Le , le président de la République Faure Gnassingbé se rend à Namoundjoga, dans la préfecture de Kpendjal-Ouest, afin de rencontrer les militaires déployés dans le cadre de l’opération. Après avoir été informé de l’évolution de la situation sécuritaire, il annonce un renforcement des capacités opérationnelles des forces armées.

Attaques de 2021 et 2022

Dans la nuit du 9 au , un poste militaire situé à Sanloaga, dans la préfecture du Kpendjal, est attaqué par des hommes armés. Les militaires togolais repoussent l’attaque sans subir de pertes humaines.

Dans la nuit du 10 au , le poste avancé de Kpinkankandi, dans la préfecture du Kpendjal, fait l’objet d’une attaque menée par des hommes lourdement armés. Le bilan officiel fait état de huit morts et de treize blessés parmi les forces de défense et de sécurité togolaises.

Organisation et missions

Cadre juridique

L’arrêté interministériel du , adopté conjointement par les ministères chargés des Armées, de la Sécurité et des Finances, fixe le cadre juridique, les missions, l’organisation et les modalités de financement de l’opération.

Opérations L’opération est placée sous l’autorité du chef d’état-major général des Forces armées togolaises. Son commandement opérationnel est confié à un officier supérieur nommé par le ministre chargé des Armées. Son poste de commandement est établi à Dapaong.

Les unités engagées peuvent provenir des différentes formations des Forces armées togolaises ainsi que des services de la gendarmerie et de la police. Elles agissent sous un commandement unifié dans la zone d’opération.

Les principales missions de l’opération sont :

la défense de l’intégrité territoriale du nord du Togo ; la surveillance des frontières septentrionales ; la prévention des incursions de groupes armés ; la sécurité des populations et la protection de leurs biens ; la sécurisation des villages, des infrastructures et des axes routiers ; la coordination des forces de défense et de sécurité déployées dans la région des Savanes.

Le dispositif militaire est complété par des programmes civils, notamment le Comité interministériel de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent et le Programme d’urgence pour la région des Savanes, qui visent à prévenir l’extrémisme violent et à renforcer la résilience des populations locales.

Commandement En août 2022, le lieutenant-colonel Latièmbé Kombate est nommé à la tête de l’opération. Il commandait auparavant le régiment parachutiste commando.

En janvier 2023, le général de brigade Kassawa Kolemagah lui succède comme commandant supérieur de l’opération.

Le , Kassawa Kolemagah est nommé inspecteur général des Forces armées. Devenu colonel, Latièmbé Kombate reprend alors le commandement supérieur de l’opération. Il occupe toujours cette fonction en mai 2026.

Visite du président du Conseil en 2026

Le , Faure Gnassingbé, devenu président du Conseil, effectue une visite dans la zone de l’opération. Accueilli par le colonel Latièmbé Kombate, il assiste à une présentation de la situation sécuritaire au poste de commandement opérationnel, puis se rend au poste opérationnel avancé de Tchamonga, dans la bande frontalière orientale.

À l’issue de cette visite, il donne de nouvelles orientations stratégiques destinées à renforcer l’efficacité des unités engagées et réaffirme le soutien des autorités aux militaires déployés.

Hommages aux militaires

Le , une cérémonie nationale est organisée au camp Général Gnassingbé-Eyadéma, à Lomé, en hommage aux militaires morts dans le cadre de l’opération. Les soldats décédés sont élevés à titre posthume au rang de chevalier de l’Ordre du Mono. Les militaires blessés ou s’étant distingués au combat reçoivent différentes classes de la Croix de la vaillance.

Le , une nouvelle cérémonie se tient au camp militaire Général Améyi, à Kara, en mémoire des militaires morts au cours de l’année 2025. Les soldats décédés sont décorés à titre posthume de l’Ordre du Mono et les militaires blessés reçoivent la médaille de la Vaillance. Des médailles et des drapeaux nationaux sont également remis aux familles des victimes.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Forces armées togolaises Insurrection djihadiste au Burkina Faso Région des Savanes État d’urgence

Liens externes

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