Adieu et foulard est une mélodie de la compositrice tchèque Vítězslava Kaprálová, écrite en 1937.

Contexte et création Vítězslava Kaprálová compose Adieu et foulard le , alors qu'elle réside à Tři Studně. C'est du recueil Adieu et mouchoir de Vítězslav Nezval qu'elle tire le poème de sa mélodie. L'œuvre est orchestrée en juillet 1938 lors de la séparation entre la compositrice et Bohuslav Martinů. Pour autant, il l'aide à orchestrer sa mélodie. L'effectif orchestral comprend un piano, mais à la différence de celui de Martinů, il n'a pas de rôle percussif. Il est souvent doublé par les violons et n'émerge que rarement de l'ensemble orchestral. Le reste de l'orchestration favorise les teintes sombres, avec des bassons et des cors, une clarinette basse et des violoncelles. La compositrice mets un soin important aux interludes qui séparent les strophes de la mélodie. Selon Nicolas Derny, le cinquième semble même extrait d'un opéra de Franz Schreker ou de Alexander von Zemlinsky. La création de cette version ne se fait pas du vivant de la compositrice, puisqu'elle meurt un peu plus de six mois avant la première qui a lieu le .

Analyse Dans Adieu et foulard, la compositrice métaphorise l'adieu qui apparaît une demi-dizaine de fois chez l'auteur. L'adieu est représenté par un motif mélodique de seconde majeure descendante associée au rythme lombard cher à la compositrice. On trouve, dans cette mélodie, de la bitonalité, des quintes à vides, des gammes par tons, des pédales et accords parallèles. Le tout donne un aspect impressionniste dans une synthèse de son processus créatif de l'époque. Le motif mélodico-rythmique est répété près d'une centaine de fois au cours de la mélodie, apparaissant dès la première mesure, où le piano la donne pendant que la voix en exploite l'intervalle avant de prononcer de façon monocorde sur un mi le premier vers. Après les premiers accords mineurs, les mots sont enchâssés d'accords majeurs. La deuxième partie de la strophe reprend le matériau musical alors que l'accompagnement insiste sur la cellule motivique pour le bref interlude avant la section suivante. Dans la deuxième strophe, cette cellule devient obsédante, transformant les virgules du poète en croche suivie d'un demi-soupir. L'énumération se fait sur un accord descendant répété chaque fois un demi-ton plus haut. Cela crée un semblant d'animation rapidement temporisé par la fin de phrase, beaucoup plus statique, se concluant sur un saut d'octave de la voix. Sans arrêt, la strophe suivante suit, où les ondulation du piano évoquent le battement d'aile de . Après une courte transition, la section suivante semble exaltée. Le long interlude reposant sur le motif de l'adieu mène à un retour du matériau de la strophe première, avant une fin à l'allure tranquillo et un dernier accord de dominante de fa qui ne se conclut pas.

Références

Bibliographie

Liens externes

Catégorie:Œuvre de Vítězslava Kaprálová Catégorie:Œuvre musicale composée en 1937 Catégorie:Mélodie