La forêt sacrée de Soko est un îlot de forêt situé au nord-est de la Côte d'Ivoire, dans le département de Bondoukou dans la région du Gontougo. Le site est à environ 7 kilomètres de la ville de Bondoukou, près de la frontière avec le Ghana. Il abrite des singes dits sacrés.
En 2016, elle est inscrite à la liste d'inventaire du patrimoine culturel national de la Côte d'Ivoire par un arrêté ministériel. La forêt est un site touristique de la région.
Localisation La forêt classée de Soko se trouve dans le village de Soko. Elle est située dans la département de Bondoukou précisement dans la région du Gontougo, à l'Est de la Côte d'Ivoire. La forêt sacrée est à quelques kilomètres de la frontière ghanéenne et à 7 kilomètres de la ville de Bondoukou. La forêt est délimitée par une rivière appelée localement N'gboulou.
Histoire
Toponymie et origine L'origine de la forêt de Soko est liée à la création à son village qui porte son nom. Le village de Soko est un village Nafana, l'un des peuples de la région de Bondoukou. Le nom du village est une déformation d'un terme de la langue koulango, sokolo qui signifie « le chemin de l'éléphant ».
Sié Koffi et Ibo Guéhi Jonas, dans Histoire écologique du pays Abron-Kulango paru en 1990, se basant sur les traditions orales, attribuent la fondation du village à un Mélô, qui était chasseur d'éléphant. C'est donc lui qui aurait fait la découverte de ce lieu et aurait pris la décision d'y fonder son village qui est aujourd'hui Soko.
Toujours selon la tradition orale, les singes sont devenus sacrés à la fin du . Les habitants auraient été transformés en singes afin d'éviter les massacres de Samory Touré, lors de ses conquêtes dans la région. la suite de cet évènement, la population s'est reconstruite et le village a décidé de les sacraliser car étant leurs ancêtres.
Patrimoine culturel national En 2016, un arrêté ministériel a fait inscrire cette forêt sur la liste d'inventaire du patrimoine culturel national de la Côte d'Ivoire. Le site est devenu un site touristique de la région. Il attire des visiteurs.
Faune La forêt sacrée de Soko abrite des singes que la population considère comme sacrés. On y trouve 2 espèces de primates, les cercopithèques et les patas. Ils sont considérés par la populations locales comme leurs ancêtres transformés. Il est formellement interdit de les chasser, de les tuer, de les manger ou de les vendre. Si un cas de mort survient, les singes sont enterrés selon des rites funéraires comme les humains.
Les singes se déplacent librement dans le villages, entre les habitations. Ils cohabitent avec les populations locales et se concentrent dans la forêt sacrée de Soko.
Menaces et état de conservation Entre 2006 et 2008, des Organisations à but non lucratif alertent sur l'importance de préserver cette forêt sacrée et les singes qu'ils abritent. En décembre 2008, c'est au ministre Augustin Komoé, à l'occasion d'une journée de sensibilisation à la préservation de l'environnement, qui lance un appel à préserver les singes dans la forêt de ce village.
Après la crise postélectorale ivoirienne de 2010-2011, en 2013, une enquête du média ivoirien L'intelligent d'Abidjan aurpès des populations locales révèlent que les singes ont été tués et mangés. A cela s'ajoute le braconnage et les pressions anthropiques sur la forêt, notamment l'agriculture. Les singes se seraient déplacée vers le Ghana et se feraient de plus en plus rares.
En 2017, le déplacement des singes de la forêt sacrée vers le Ghana est constaté de nouveau par le média L'infodrome.
Notes et références
Liens externes
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