La grève générale palestinienne de 1936, commencée le 19 avril à Naplouse, se termine après six mois par un échec. Impliquant de nombreux Arabes palestiniens des secteurs ouvrier, des transports et du commerce, elle marque le début de la grande révolte arabe (1936-1939). Cette grève est un élément important, généralement non-étudié, de la résistance civile palestinienne qui, dans sa grande majorité, ne participe pas directement à la lutte armée contre le gouvernement colonial.

Contexte Au cours du conflit arabo-sioniste qui dure depuis le début du , certains leaders arabes cherchent à organiser des boycott depuis 1922 et le commencement du Mandat britannique sur la Palestine. L'opposition arabe est influencée par la rébellion Qassamite depuis la mort du cheikh al-Qassam, tué par la en 1935, ainsi que par proclamation du 16 mai 1930 comme jour de fête nationale palestinienne par Hadj Amin al-Husseini et son appel à une grève générale ce jour-là, après les émeutes de 1929.

Le pouvoir britannique favorise les achats de terres par les organisations sionistes, ce qui entraîne l'expulsion des paysans palestiniens qui les cultivaient. Ceux-ci migrent alors en ville, où ils rejoignent le prolétariat urbain et vivent dans des taudis« The 1936 Palestine strike: A history of Palestinian revolt », Middle East Eye 18 mai 2021.. Des grèves générales d'un jour étaient déjà appelées chaque année le 2 novembre, jour anniversaire de la déclaration Balfour, considéré comme un jour de deuil et de manifestationsAlex Winder,.« Balfour Declaration, 2 November 1917 », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 22 juillet 2026..

En Égypte, les amènent à la reprise des négociations pour un traité d'indépendance. La grève générale syrienne, en janvier-mars 1936, remporte un grand succès et contraint les autorités coloniales françaises à négocier l'indépendance de la Syrie.

Déroulement

La grève commence le 20 avril à Naplouse, où un comité arabe national est constituéHorne, 2003, p. 208.Peel Commission Report Cmd. 5479, 1937, 96. ; à la fin du mois, des comités nationaux existaient dans toutes les grandes villes et certains gros villages dont Haïfa, Jénine, Tulkarem et Jérusalem. Le 21 avril, les dirigeants des cinq principaux partis acceptent la décision prise par le comité de Naplouse et appellent à leur tour à la grève générale tout les ouvriers palestiniens, les travailleurs des transports et les commerçants à cesser le travail le lendemain .

La grève est d'abord organisée par les travailleurs et des comités locaux ; très vite, des dignitaires religieux,.les familles influentes et les dirigeants politiques s'impliquent dans la coordination de la grève Krämer, 2008, 272.. En conséquence, le Haut Comité arabe est formé le 25 avril, sous la présidence du grand mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini. Le comité prend la résolution . Ses exigences incluent The demands of the Committee : (1) l'interdiction de l'immigration juive en Palestine ; (2) l'interdiction du transfert de terres arabes aux juifs ; (3) la création d'un gouvernement national responsable devant un conseil représentantifPeel Commission Report Cmd. 5479, 1937, 97.A History of Palestinian Resistance, Daud Abdullah. Le 15 mai, le comité soutient la grève générale, appelant à la fin de l'immigration juive et à la grève des impôtsKayyālī, 1978, 193.Norris, Jacob (2008). Repression and Rebellion: Britain's Response to the Arab Revolt in Palestine of 1936-39. The Journal of Imperial and Commonwealth History 36(1):25–45. ainsi qu'au boycott des produits juifs.

Cette grève est remarquable pour l'implication de tous les secteurs de la Palestine arabe : villes et campagnes, hommes et femmes... Les paysans apportent un soutien alimentaire aux grévistes des villes. Les fellahins occupent ainsi un rôle central dans la grève.

Les Britanniques répondent en imposant de lourdes amendes collectives aux villages et aux villes. La ville portuaire de Jaffa est particulièrement visée : sous le prétexte d'urbanisme, des centaines de bâtiments sont démolis, et plus d'un millier dans les villages prochesOur Roots are still alive, J Bonds. Les arrestations sur simple suspicion se multiplient. Pour contourner le port de Jaffa paralysé par la grève, les autorités britanniques autorisent la construction d'un port à Tel-Aviv.

Des comités de soutien montent une campagne de solidarité à Damas, Bagdad, au Caire et à Beyrouth.

Le comité appelle à la fin de la grève en novembre, sous l'influence des Britanniques. Les rois Ghazi d'Irak, ibn Séoud d'Arabie Saoudite et l'émir Abdallah Ier de Transjordanie appellent à la fin de la grève car . En novembre également, Michel Mitri, le président de la société des travailleurs arabes de Jaffa, un syndicat, est assassiné. Plusieurs dirigeants syndicaux arabes sont arrêtés en 1937Maher Charif, « Palestinian Trade Unionism, 1920-1948 », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 22 juillet 2026..

Malgré son échec, la grève lance la grande révolte arabe qui dure trois ans .

Voir aussi Grève générale de 1946 en Palestine mandataire Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) Sionisme travailliste Travail hébreu

Notes

Bibliographie

Pour aller plus loin

Catégorie:Grève générale au XXe siècle Catégorie:1936 en Palestine mandataire Catégorie:Mouvement social Catégorie:Palestine mandataire