Le est une technique japonaise de façonnage de la céramique consistant à réaliser un récipient par évidage d'un bloc d'argile massif. Contrairement aux techniques de façonnage reposant sur l'addition ou le déformation de la matière, le kurinuki procède par retrait progressif de l'argile au moyen d'outils de sculpture. La forme définitive est obtenue en creusant et en sculptant simultanément l'extérieur et l'intérieur du bloc.
Étymologie Le terme japonais signifie littéralement évider, creuser en travers ou retirer de la matière. Dans la terminologie technique japonaise, le terme n'est pas réservé à la céramique : il désigne plus généralement un procédé d'usinage consistant à creuser dans un matériau une cavité de forme libre à l'aide d'une défonceuse ou d'autres outils. En dehors du Japon, le terme est principalement employé pour désigner cette technique particulière de façonnage des céramiques.
Principe Le kurinuki est une technique soustractive. Le potier commence par préparer un bloc d'argile dont les dimensions correspondent approximativement à celles de l'objet final. La forme extérieure est ensuite sculptée, tandis que l'intérieur est progressivement évidé à l'aide de mirettes et d'outils de sculpture. La technique se distingue ainsi du tournage, du modelage ou des techniques aux plaques et aux colombins, puisqu'elle ne consiste ni à étirer, ni à pincer, ni à assembler l'argile, mais uniquement à retirer de la matière.
Le volume initial du bloc détermine en grande partie les dimensions finales de la pièce. Contrairement à la plupart des autres techniques de façonnage, la hauteur et la largeur de l'objet évoluent peu au cours du travail. Il est donc recommandé de préparer dès le départ un bloc correspondant à la taille souhaitée du récipient.
Mise en œuvre La technique peut être appliquée à différents types d'argiles, depuis les terres fortement chamottées jusqu'à la porcelaine. Les auteurs recommandent toutefois d'utiliser une argile relativement ferme, ni fraîchement sortie du sac ni excessivement humide. Lorsque l'argile est trop molle, elle tend à se déformer sous l'action des outils ; lorsqu'elle est trop sèche, elle devient plus difficile à sculpter et risque de fissurer. Plusieurs auteurs conseillent ainsi de laisser reposer le bloc d'argile plusieurs heures, voire une journée, avant de commencer le travail.
Le façonnage débute par la mise en forme générale du bloc. Celui-ci est ensuite sculpté sur ses faces extérieures afin d'obtenir les volumes recherchés. Les traces laissées par les outils peuvent être conservées ou retravaillées selon l'effet souhaité. Dans de nombreux cas, le pied est façonné avant que l'intérieur ne soit creusé, la masse encore pleine offrant alors un meilleur soutien pendant cette opération.
Après l'ouverture de la partie supérieure, le cœur du bloc est progressivement retiré au moyen de mirettes ou d'outils de sculpture. L'évidage est réalisé par petites quantités successives afin d'éviter d'écraser les parois. Le creusement débute généralement au centre de la pièce avant d'être étendu progressivement vers les côtés. Les parois sont ensuite affinées jusqu'à obtenir une épaisseur régulière. Les ouvrages recommandent une épaisseur d'environ 6 mm, les parois étant soutenues par la main au fur et à mesure qu'elles s'amincissent.
Une attention particulière est portée à la réalisation du pied, dont les proportions contribuent fortement au caractère de la pièce. Celui-ci peut être plus ou moins haut, présenter des angles vifs ou des profils arrondis selon l'effet recherché. Le bord supérieur est enfin aminci et adouci afin d'améliorer la prise en main et le confort d'utilisation.
Caractéristiques Le kurinuki est souvent rapproché du travail de la sculpture, dans la mesure où la forme apparaît progressivement par enlèvement de matière. Les irrégularités de surface et les traces laissées par les outils participent à l'esthétique de la technique. Selon Kara Leigh Ford, la qualité du kurinuki réside précisément dans son caractère organique et il n'est pas recherché d'obtenir une surface parfaitement régulière ; un aspect brut est au contraire considéré comme souhaitable.
Chaque pièce est directement influencée par la forme initiale du bloc ainsi que par les choix effectués au cours du creusement. Les ouvrages soulignent que cette méthode permet d'obtenir des objets présentant une forte individualité, les variations de texture, de profil, de bord ou de pied conférant à chaque récipient un caractère propre.
Applications Si le kurinuki est fréquemment utilisé pour la réalisation de bols et de tasses, il peut également servir à fabriquer des boîtes, des plateaux, des plateaux compartimentés, des récipients munis de poignées ainsi que divers objets décoratifs. Les auteurs soulignent que la technique se prête à l'expérimentation de formes et de textures variées et qu'elle peut être appliquée à des objets de dimensions diverses.
Références
Voir aussi Céramique japonaise
Catégorie:Technique de fabrication de céramique japonaise