Le Bataillon d'infanterie légère d'Outre-mer (BILOM) est une ancienne unité militaire française méconnue, formée après la Seconde Guerre mondiale. Elle était principalement composée de collaborateurs français issus du système pénitentiaire (anciens de la Milice, de la LVF ou de la Waffen-SS) qui s'engageaient pour racheter leur peine en servant dans les colonies. Initialement imaginé comme une demi-brigade de trois bataillons, le BILOM ne comptera finalement qu'un unique bataillon, formé en juillet 1948 sous le nom de d'infanterie légère d'Outre-mer.
Historique
Création et objectifs initiaux Conçu à l'origine comme une force d'occupation et de maintien de l'ordre destinée aux possessions coloniales françaises — notamment la Guyane et la Polynésie française —, le BILOM est né le 27 mai 1948, lorsque le ministre de la Justice André Marie adressa un mémorandum aux directeurs régionaux de l'administration pénitentiaire pour s'enquérir du nombre de prisonniers politiques susceptibles de servir outre-mer afin de « réparer leurs torts envers la nation »..
Les unités BILOM n'étaient pas initialement destinées aux campagnes de contre-insurrection de première ligne auxquelles elles participèrent par la suite. Elles étaient plutôt envisagées comme des forces de substitution aux troupes de la Légion étrangère déployées dans l'empire colonial français, alors désespérément nécessaires sur le front de la guerre d'Indochine.
Recrutement et composition droite|vignette|Troupes françaises en IndochineLes rangs du BILOM comprenaient d'anciens membres de la Wehrmacht, de la Waffen-SS et de la Kriegsmarine, ainsi que des membres d'organisations collaborationnistes françaises telles que la Milice et la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF), et des Français ayant servi volontairement dans les forces armées allemandes, notamment au sein de la division SS Charlemagne.
Conditions d'engagement L'engagement dans le BILOM était d'une durée de trois, quatre ou cinq ans selon la peine restant à purger. Les prisonniers condamnés à plus de quinze ans étaient inéligibles, de même que les hommes de plus de 40 ans..
Organisation et limitations Les unités BILOM n'appartenaient pas à la Légion étrangère et étaient structurées comme de l'infanterie légère, sans armes lourdes. Bien que libérés de prison, les hommes ne bénéficiaient pas d'une amnistie légale, mais seulement d'une grâce suspensive. Par ailleurs, les anciens prisonniers ne pouvaient accéder aux grades d'officiers — ceux-ci étant transférés depuis les troupes coloniales —, n'étaient pas éligibles aux promotions et ne portaient ni insigne ni fanion. Néanmoins, selon le docteur Krisztián Bene de l'université de Pécs, l'accomplissement de son engagement au BILOM offrait à ces parias nationaux une chance de « réintégration dans la société française »..
Dissolution Le BILOM fut officiellement dissous le 29 juillet 1949, bien que la plupart de ses membres aient continué à servir dans des détachements plus petits rattachés à des unités recrutées localement dans le sud de l'Annam. Ils furent finalement dispersés, certains restant avec l'armée française en Indochine et en Algérie et d'autres retournant à la vie civile.
Articles connexes Bataillons d'infanterie légère d'Afrique
Notes et références
Catégorie:Unité ou formation militaire dissoute en 1949 Catégorie:Système pénitentiaire en France Catégorie:Unité ou formation militaire créée en 1948